‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 92 sur 248 · Pausan., VIII, 45, 3 et · texte numérisé non relu

Pausan., VIII, 45, 3 et

piade, avant J.-C. 395, puisque ce fut cette année-là même que brûla le premier temple, nous sommes libres de placer la date approximative des nouvelles statues dans l’Olympiade suivante, entre les années 392 et 390 avant Fère chrétienne.

Enfin, pour avoir terminé la liste des divinités qui se rattacbèrent successivement aux dieux de la Samothrace, deux héros divinisés, que l’on s’attendait peu à voir figurer dans le sanctuaire, les Dioscures, y furent introduits par ordre du destin et sur la décision des oracles, ainsi que nous l’avons exposé à l’article des Cabires.

La religion de Samotbrace ne fut donc dans le principe qu’une simple institution de mystères fondés sur la métallurgie, et présidés par Rhée, qui eut nos métallurges pour ministres. Ces prêtres, ayant transmis le bienfait de la déesse aux autres hommes, furent divinisés par la reconnaissance. L’antiquité elle-même l’a déclaré. Diodore de Sicile nous dit, en parlant des Dactyles, qui furent les premiers instituteurs : « Et comme (( ils s’étaient montrés les auteurs de grands bienfaits (( envers l’espèce humaine, ils reçurent des honneurs c( immortels. — Ao^awa; ^;.£Ya‘Xo>v àyaôtov àpy*/iyoù; ys- « yev^cOai tco yevsi tûv àvOpcoTucov, Ti[;.tov Tuy^av àOavaTow^ »

A une époque qu’il serait impossible de déterminer, mais dans tous les cas, à une époque fort ancienne, le sanctuaire de celte île forma des diverses religions qu’il avait accueillies un mélange plus ou moins intime, une sorte de syncrétisme mystique, et, à la tête de cette confusion, il plaça les Cabires, en leur adjoignant par-

fois les Corybantes, et plus tard substitua les Dioscures aux Cabires.

Maintenant, comment rattacher la métallurgie à ces mystères ? Le fait pourrait n’étre pas explicable qu’il n’en serait pas moins certain, car il y a des preuves (jui le conlîrment. Mais n’aurions-nous pas aussi quelques raisons pour l’expliquer? Si je ne me trompe, nous n’en sommes pas tout a fait dépourvus.

Nous avons vu quel emploi firent nos métallurges, surtout les Corybantes et les Gurètes, des métaux qu’ils avaient travaillés; ils fabriquèrent des armes offensives et défensives. Des armes, tel fut le premier usage du premier métal, c’est-à-dire du cuivre. Le coutre de la charrue viendra plus tard avec la découverte du blé. Il faut d’abord des armes pour se défendre contre les animaux et contre les hommes, ou pour les attaquer : c’est la marche de la nature. Lorsqu’on découvre dans la ïhébaide les premières mines de cuivre et d’or, on . en fait, nous a dit Diodore de Sicile, à l’article des Cabires , des armes pour tuer les animaux et des instruments pour travailler la terre: « ''07u>;aTs y.aTa(7/.£i»a- « (ïaaGai, wv va Gvipia y.TSivovTaç, y.al ttiv epyaÇo'^.i- « vou;h » La déesse qui donna les premières leçons de leur industrie à nos métallurges leur a suggéré aussi le premier emploi du métal, et bientôt elle a recours elle-même aux armes fabriquées par ses serviteurs. Nous connaissons l’artifice qu’elle imagina pour soustraire ses enfants à la voracité de Saturne, et elle veut aussi les protéger contre tout autre danger. Or, d’où venaient le bruit des cymbales et le cliquetis des bou-

cliers et des lances entre-cboquésy et les danses armées dont les pas retentissaient comme Tairain ? D’où venaient ces démonstrations extérieures^, qui caractérisèrent non-seulement le cuite de Rliée, mais toutes les religions issues de la sienne? J’y vois un souvenir symbolique et figuré des premiers travaux de l’induslrie métallique et de l’invenlion d^s armes et de l’usage sacré qu’en firent nos Génies métaiiurges. Gardonsnous d’y chercher simplement , comme on l’a voulu faire, des marques de joie : ces cultes différaient trop entre eux pour avoir une manifestation identique, et iis ne se prêtaient pas tous assurément à l’expression de la joie. Aussi n’est-ce pas à ce signe superficiel que s’arrêtait Varron, lorsque, dans son grand ouvrage les Dieux, expliquant le bruit des cymbales et des instruments de fer qu’on agitait aux fêtes de Rhée, il disait que l’on produisait ce bruit pour signifier que les instruments de culture de la te^Te avaient été primitivement d’airain, avant l’invention du fer : « Cymbalo- ‘ « rum sonitus, ferramentorum jactandorum ac ma- « nuum, et ejus rei crepitus in colendo agro qui fit, c( significat quod ferramenta ilia ideo erant ex ære,

(( quod antiqui illam colebant ære, antequam ferrum « esset inventumh )> Explication qui présente la plus grande analogie avec celle que nous proposons.

Le rapprochement qu’établit le savant Romain entre les deux rôles du même métal, dans les cérémonies du culte et dans le labourage de la terre, indique un rapport plus intime entre Rhée et Gérés, et nous autorise à supposer que, dans l’initiation, on révélait fidentité

J. Frdgm., t. I, p. 226, ed. Bipont. •

des deux, déesses. Aussi bien est-ce la doctrine des théologiens, qui confondent, ensemble Rbée, Gérés et Proserpine. On devait encore montrer l’étroite dépendance de l’invention des métaux et de l’invention de la culture du blé, dépendance telle que la seconde pouvait être considérée comme l’effet de la première. Mais, s’il en est ainsi, toutes les religions associées dans le sanctuaire de Samotbrace reposaient en réalité sur le culte des métaux; car toutes ces religions se réduisent à deux, celle de Rbée et celle de Gérés et de Proserpine, ou plutôt elles se réduisent à une, celle de Rbée. Aucune des traditions relatives à ce qui se pouvait passer dans l’intérieur du sanctuaire ne contrarie ces inductions; loin de là^ tout les seconde et les autorise.

Hérodote avait été initié aux mystères de la Samotbrace, dont il attribue l’institution aux Pélasges. Dans un endroit, il raconte que c’est de ces peuples que les Athéniens avaient emprunté l’usage de représenter Mercure itbypballique, et, à ce propos, il nous apprend qu’il était question du dieu ainsi représenté dans les initiations de la Samotbrace. Mais ici^ comme ailleurs, le dévot historien s’est réfugié dans sa réserve scrupuleuse. « L’homme, dit-il, qui est initié aux mystères « des Gabires que célèbrent les Samotbraces, qui les K ont reçus des Pélasges, celui-là sait ce que je dis. — « ^8 tcc Raêstpwv op'^'ia [xsp.uYiTat, Ta 2a[xo6p7lt,V-s<; stu-

c( TsT^eouGi, 7uapa”XaêovT8ç îrapoî Ile'XaGycov, outo:; d)vv]p ol(^5 to « » — « Les Athéniens, continue-t-il, sont donc

« les premiers entre les Grecs qui ont fait les statues « de Mercure dans l’attitude itbypballique (erectis pu-

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