Instit. divin
lirer dans leur pays le Cabire proscrit, et de lui rendre le temple et les adorations que ses frères lui avaient ravis.
Mais quelle fut la première origine, la cause primitive de cette tradition? Je vais dire ma conjecture, et, si je me trompe, j’aurai du moins l’avantage d’appeler l’attentiqn sur un fait remarquable de riiistoire de nos mètallurges, et qui a passe inaperçu.
Il existe un proverbe, qui remonte à une haute antiquité, sur Tun des Dactyles, sur Gelmis, le premier des trois Génies célébrés par l’auteur de la Phoronide^ et qui s’appelaient, comme nous l’avons dit, Gelmis, Damnaménée et Acmon. Ge proverbe est ainsi conçu : K£A[j.iç £v Gtr^/(pü), Un Celniis dans le fer^ c’est-à-dire dans l’art de travailler le fer. Zénobius, qui nous l’a conservé , l’explique de la manière suivante : « Ge {( proverbe s’applique à ceux qui ont une extrême « confiance en eux-mêmes, paice qu’ils sont naturel- <r lement forts et difficiles à vaincre. Gelmis, en effet, « fut un des Dactyles Idéens qui outragea Rhée la « mère, et qui n’accueillit pas la déesse, reçue avec « une hospitalité bienveillante par ses frères dans « rida 5 c’est par lui cpie fut forgé le fer le plus dur. c( Sophocle fait mention de l’histoire dans ses drames (( satyriques. — Aut'/i vaTTcTai ItuI tôjv GCpo^pa éauToi; tîl-
« CT£uaavTcov, oti ïay d^qi xal r^uay£ip(0T0t. 7U£(pu>ca.G'i.. K.£l[7.^ (c yàp [viv] £tç Twv ’l^aàov Aa/.TuT^ojv T'^v p///]T£pa P£av ûêpi- « caç, x.al ydi uT:o^£^a[7.£vo^ [t'^v G£ov ^£vi<70£rc>av] ^ Otto tcov
i. Les derniers éditeurs de Zénobius, Leutsch et Schneidevvin, ont mis ici le signe de la lacune. Il y manque, en effet, plusieurs mots. Je ne sais si je les ai heureusement rétablis ; je pense du moins être resté fidèle au sens et avoircom]dété la pensée de l’auteur.
{( à^£X(p(7jV £’J[/.£VC0Ç £V ’ l^V] * acp’ oO 6 GT£p£COTaTOÇ ly£V£TO (c ci^TtOo;. Mlp'/irat tyiç iGTOpiaç Socpo'/Ayi'; sv 2aTupot<;\ »
Le commencemeiil de cette histoire nous a été conservé, si je ne me trompe, par le scholiaste d’Apollonius de Rhodes, qui écrit : « D’autres disent qu’ils (c furent appelés Dactyles Idéens de ce qu’ayant rente contré Rhée dans VIdaj ils accueillirent amicalement « la déesse et lui touchèrent les doigts, — Oi ^£ cpaciv « OTt Aax,Tu7;oi. dx.'X-i^’GyiGav, oti £vtoç évTu^ovTEç
(( 'P%-j s^s^uoaavTO tv]v Ofiov, y-al tcov ^ay.Tu\cov^ aÙTi^C
« vitj;avTO^. ))
Il résulterait donc de cette tradition que* l’un des Dactyles se sépara de la société de ses frères par un sentiment d’orgueilleuse supériorité et par le refus impie des égards qu’il devait à la mère des dieux. Jusqu’où cette discorde alla-t-elle? on ne le sait; mais il est fort naturel que plus tard on s’en soit souvenu pour supposer entre des membres de la même famille une discorde qui alla cette fois jusqu’à l’homicide, surtout si l’on admet que la superstition ait été intéressée à cette division.
Voilà quelle fut, je pense, l’origine de la mort cabirique. Il ne faut en chercher l’idée ni dans la mort d’Attis ni dans le meurtre de Bacchus massacré par les Titans, bien que ces traditions aient été associées et mêlées ensemble. Le même Clément d’Alexandrie, après nous avoir raconté le meurtre du Cabire, ajoute que les deux fratricides s’étanl emparés de la ciste où avaient été enfermées les parties mutilées, non de leur