‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 97 sur 248 · Ad Allouant. ^ I · texte numérisé non relu

Ad Allouant. ^ I

frère, mais du jeune Bacchus, s’enfuirent en Tyrrliénie, et offrirent cette ciste et son contenu à la vénération de ce peuple, cd^oicc y.cà x.iair‘/iv Ôpviax.£U3iv 7rapaG£[7.£vw Tupp'/ivoTç. « Et voilà pourquoi, ajoute»t-il, quelques-uns « veulent, non sans vraisemblance, que Bacchus, ainsi K mutilé, soit appelé Attis. — - Ai’ aiviav oùjc

(c TGV Aiovugov T!.v£ç "Attiv TTpoGaYop£U£G9at. GDwOugiv, ai^oiwv

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Ces fables étaient très-distinctes; mais on voit comment le sort commun des victimes a pu les rapprocher. >

Je veux me faire encore une question sur celte mort cabirique. A quelle époque devint-elle un objet du culte des Macédoniens? A une époque qui ne peut remonter, ceci soit dit avec la paix des mystériographes, au delà du premier siècle de Fère chrétienne. Remarquons, en effet, que ce sont seulement des écrivains ecclésiastiques qui rappellent ce meurtre; je le dis en songeant au pseudonyme Orphée, dont la date ni la qualité ne m’embarrassent. Or, comment concevoir que l’antiquité païenne, mythique et historique, eut passé sous silence un pareil événement? Mais, dans ce cas, les chrétiens Fauraient-ils imaginé? Loin de là; voici, je crois, la vérité.

Les Thessaloniciens paraissent avoir les premiers accrédité la tradition relative à la mort cabirique, et offert un asile à F ombre errante du Cabire massacré. De là ce Génie représenté sur leurs médailles, seul, debout, dans un temple. Après un laps d’environ deux siècles, ce culte tomba chez eux en désuétude, et passa dans d’autres villes de la Macédoine, où il était encore en pleine vigueur au quatrième siècle. C’est ce que Firmicus a positivement attesté quand il a dk : « C’est

« ce même Génie qu’adore^ colit, la folle croyance des « Macédoniens. C’est là le Cabire sanglant que les « Thessaloniciens invoquaient autrefois ^ quondarn sup-

plicabant, »

Mais il y a plus, en marquant Fépoque où le culte subsistait encore dans certaines \illes de la. Macédoine, Firmicus nous met aussi à même de conjecturer à quelle époque il dut être pratiqué par les Thessaloniciens. En effet, ce présent, colit, adore, date de l’époque de l’écrivain, du milieu du quatrième siècle; et, si ce passé quondarn, autrefois, ne se détermine pas rigoureusement, il nous autorise du moins à remonter deux siècles plus haut.

Maintenant, pourquoi les écrivains ecclésiastiques surtout se sont-ils attachés à relever ce meurtre d’un Cabire ou d’un Corybante par ses deux frères? Ils l’ont fait, je crois, par représailles. On sait que les païens reprochaient aux premiers chrétiens de célébrer un affreux sacrifice, d’immoler un enfant et d’en dévorer les membres sanglants. C’est ce que nous apprennent les apologistes de la religion chrétienne, en repoussant avec une éloquence indignée cette horrible calomnie \

Ainsi, la mort cabirique est étrangère aux mystères de la Samothrace, et elle appartient exclusivement à la religion macédonienne. Son introduction dans le culte ne date pas d’une antiquité fabuleuse, comme on a paru le icroire, mais seulement des premiers siècles de 1ère chrétienne, et, pour en expliquer vraisemblable-

1. Tertull. Apologet., VII, p. 77. — -Minuc. Fel. Oct, IX, p. 52, ed. Lindner.

ment la première origine, c’est à Thistoire de nos mèlaliurges qu’il se faut adresser.

Cependant, si nous enlevons la mort cabirique au sanctuaire de la Samotlirace, nous lui devrons ôter aussi tout ce qui tient inséparablement à cette commémoration. Et d’abord les préties qui présidaient aux. mystères, les Anactotélestes, et ensuite leurs prescriptions, notamment la plus sévère de toutes, l’exclusion de la plante appelée ache^ parce que cette plante passait pour être le produit du sang du Cabire mis à mort. Clément d’Alexandrie nous dit : « Oi « oî Kopu^avTcov opyiwv, où; ’Avax.TOTS^vSCTaç, olç

(< [xe'Xov x.alsL’v, /taAoGcri, 7rpoa£7aT£paT£ÙovTai tt) au[;.(popa, « ô).opt.^ov â7ïayop£ÙovT£ç gO^lvov £ttI TpaTiT^Çv]; TiO£\ai • oiovTai (c yàp iz tou aqu-aTo; tou ccTiroppulvTo; tou KopuêavTtx.ou t6

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(( >.oùvT£;, zal T£>v£T'^v Raé’£ipiZTiV zaTayyAlouGiv — Les <c prêtres qui président aux mystères des Corybantes, « prêtres que nomment Ànactotélestes ceux qui ont « le soin de les nommer, ajoutent encore un prodige « à la funeste aventure, en défendant de mettre la « plante tout entière du sélinon sur la table; car ils « croient positivement que c’est du sang qui coula du

c( corps du Corybante qu’est venue cette plante

« Et comme ils appellent les Corybantes Cabires, ils (( donnent aussi au mystère le nom de cabirique. »

Arnobe, raillant la même superstition, nous dit, comme Clement, après avoir rappelé le meuftre du Cabire : « Interempti ex sanguine apium nalurn, pro- « bibitum mensis olus illud apponi, ne a manibus

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