‹ Les métaux dans les inscriptions égyptiennes (volume 2)Chapitre 2 sur 13 · DES MÉTAUX · texte numérisé non relu

DES MÉTAUX

A ces raiBons et à d'autres encore, le doate subsistait toujours. Gomme on trouve encore désignant des métaux d^autres groupes, qui semblent avoir été généralement méconnus jusqu^ici; et comme la préparation exacte des couleurs joue un grand rôle dans Fexplication de la série minérale Egyptienne, j'ai cru qu'il y avait lieu de soumettre à un examen plus minutieux l'ensemble des faits qui se rapportent à ces matières. Je présente ici les résultats de mes recherches, et tout d'abord ceux auxquels je suis parvenu sur les métaux précieux, Tor, Télectrum, l'argent.

Il y a pour les principaux métaux, qu'on range d'après leurs qualités propres et leur valeur, un ordre naturel déterminé par leur rareté et leur utilité. Aussi reste-t-il constant presque partout chez les peuples de l'Antiquité. Nous avons l'habitude de diviser les métaux en métaux nobles: or et argent; et en métaux vils: cuivre, fer et plomb. C'est ainsi que se suivaient les métaux chez les Grecs et chez les Romains, et nous trouvons déjà le même ordre chez les Hébreux dans le 4>*"« livre de Moïse (31, 22), où l'étain, s'il faut traduire ainsi le mot bedil, est déjà nommé: or, argent, cuivre, fer, étain et plomb. Seulement, il n'est pas rare de trouver l'argent placé devant l'or.

Nous avons déjà montré que les inscriptions hiéroglyphiques nous présentent les métaux dans un ordre semblable et constant: on y remarque une diflFérence avec l'ordre suivi par les autres peuples anciens. Derrière l'or et l'argent, sont placés régulièrement: d'abord le minéral xesbet^ ou, comme on l'écrit le plus souvent par la suite, Xcsteb, ensuite les deux gi'oupes douteux dont nous avons déjà parlé et qu'on a généralement traduits après CHA>rpoLLioN par cuivre et fer, enfin le plomb. Cet ordre reste constant, depuis l'Ancien Empire jusqu'aux Ptolémées, aux Grecs et aux Romains. De

temps en temps on rencontre deux autres groupes, V \ àsem, A ^ , men, qui ont pour déterminatif, l'un, le signe de l'or; l'autre, le signe inconnu U, et qui se rattachent naturellement à ces deux métaux. Nous examinerons maintenant chacun des ces groupes dans Tordre indiqué ci-dessus en commençant par l'or.

ôoo ^^*' noTà, XP^^^^j aurum.

Le signe figuratif qui signifie l'or avait été pris par Champollion ^ pour une espèce de creuset. Rosellini^ reconnut avec raison que c'est plutôt le sac allongé ou le linge replié, aux deux bouts tombants, dans lequel on lave les grains d'or. C'est une des manipulations représentées à Beni-Hajssan et aux tombeaux thébains. Dans les tableaux où est figuré le travail de l'or à Beni-Hassan ^\ on ti'ouve encore ce signe dans sa forme primitive : l'eau dégoutte à travers le sac, et à Thèbes^ deux hommes agitent le sac en l'air.

Au dessus est écrit: ^v^wvv» ', préparation de l'or. Ce qui a été extrait, dit Pline ^ dans sa description de la production de l'or, est frappé, lavé, brûlé, réduit en farine et on le frappe encore dans des pilons. Notre signe veut donc dire lavage de l'or. Pendant le nouvel empire, il semble qu'on ait oublié la valeur figurative de ce signe comme de tant d'autres: il n'est pas rare de le trouver en forme de collier®. Il a généralement pour

1) Dict. Hiéroglyph. p. 410. 2) Ros. Mon. Civ. tom. II. p. 282.

3) Mon. Civ. tav. 51, 4. 4) Ibid. 51, 1.2. 5) H. N. 33, 4, 69.

6) De Rouoé, Ahmès p. 66 et pi. II.

4 L'or.

déterminatif les trois grains qui servent aussi aux pierres, à la terre , aux couleurs, et à beaucoup d'autres substances granulées, même du règne végétal. Mais, tandis que les pierres sont déterminées tantôt par les grains, tantôt par le bloc de pierre, les métaux prennent exclusivement les grains.

Lorsque le signe C^^ est employé sans les grains dans d'autres significations, son complément phonétique le traverse ou le suit: C^y^, F7=l J . La prononciation nttb est

ainsi fermement établie ; du reste elle s'est conservée sans changement en Copte: ni-no^fe.

AAAAAA

On trouve aussi de temps en temps la vaîîante purement phonétique | o * nub. A Tépoque

Romaine, la vache avec les grains ^f^o'^, prononcée mib, mb, est mise pour Tor.

D'autres groupes, qui se mettent pour l'or aux basses époques, sont encore plus étonnants, car ils nous conduisent à des mots absolument différents '.y? o ^ saut^ qui parfois prend pour déterminatif le signe de l'or, rP ^^ f^ * et <fl> o , Ti ^ neb (?) , d'où semblent sortir *^^*^ et \\$$$S$$$$$ ' par faute de transcription. Le groupe i ^ ketem,

^ O '•*, 0^=»*^, dans les inscriptions d^Edfou n'est peut-être qu'une autre désignation

de l'or; c'est le tiM des Hébreux. Depuis les Ptolémées, on aimait beaucoup se servir d'expressions rares et recherchées, aussi bien dans le choix des mots que dans le choix des signes, pour faire étalage de science ; ce qui nous rend souvent l'explication difficile. Évidemment nous avons à faire ici non pas à des mots introduits plus tard d'une manière générale dans la langue, mais peut-être seulement à des synonymes, dont s'étaient servis les anciens poètes. Ainsi saui pourrait nous ramener à la racine du Copte c^^i, cé.ie, c«.iaioT, pulcher^ le beau métal. Le deuxième groupe, dont la prononciation <est incertaine, veut dire d'ordinaire Va ^^ û'est inconnu que dans son application à l'or.

Dans les peintures, l'or nous est présenté sous beaucoup de formes différentes, reconnaifisables à l'inscription et à la couleur. Il est figuré en monceaux^*: ce sont sans doute les pépites brutes, telles qu'on les trouve dans les mines. En bourses ^^^ qui cqu. tenaient des grains débarrassés de la gangue, ou bien aussi des paillettes extraites par le lavage; c'est ainsi que les nègres le récoltent aujourd'hui dans le sable des ruisseaux encore sur le Nil Bleu et l'appellent Tibber, Souvent encore en plaques ^=*, en barres et en briques*^, formes obtenues par la fusion; ou enfin en anneaux'-^, la forme la plus fréquente, surtout pour le pesage de l'or. Sous toutes ces formes i l étai t ensuite renfermé dans des cassettes et déposé dans le trésor ou dans la chambre à argent | , r^n citd *^ per hat.

Dans son livre sur les monnaies, les mesures et les poids de l'Asie antérieure, J. Brandis pense que les masses de métal mentionnées comme tribut dans les annales de

1) Aegypt. Zeitschr. 1870. p. 20. 2) Dûmichen, Recueil IV. 73, 2.

3) Rec. IV. 69, 2. 71, 2. 73. 2. et a. Tempelinschr. I. 90, 15.

4) IL 24, 3. 42, 39. 5) Tempel-Inschr, 73, 2. 6) DùM. Rec. IV. 66, 2. 7) Ibid. IV. 69, 2.

8) DùM. Kal. Inscbr. 119, 4.

9) Ibid. 111, 12. Rec. IV. 69,2. 10) Ibid. 118, 14.

11) DûM. Hist. Inschr. Taf. 32, 34 — voir notre pi. I.

12) Ibid. PI. 32 — PI. IL 13) Hoskins, Trav. in Ethiopia p. 330 pi 14) Champ. Net. p. 508. 15) Denkm. III. 39 d.

16) DûM. Hist. Inschr. I. 30.

L'oB. 5

Thoatmosis III^ à Karnak, avaient d'abord on poids Asiatique qu'on changeait plus tard en ten d'Egypte. Il tire cette conclusion de deux passages, d'après lesquels cent huit briques de cuivre raffiné pesaient 2040 ten^ huit anneaux d'argent, 301 ien, soit IS^'^SS à la briquei A priori, il est assez invraisemblable que, débitant le cuivre en plaques ou en barres de cinq livres et demi, on donnât aux anneaux d'argent un poids de sept livres; et cela, quand on estimait les métaux précieux au point de les peser à 0^''-44 prés. Si, pour un motif quelconque,, ou avait voulu fabriquer des poids en argent de pareille importance, on les aurait du moins évalués en mines et donné à chacun d'eux une valeur exacte, six ou sept mines par exemple, mais non six mines Va- Aussi bien, Tinscription alléguée n'autorise nullement l'hypothèse suggérée par Brandis. J'ai déjà expliqué ailleurs en la publiant^ que la pierre est brisée au-dessus du 8, par suite, qu'on pouvait intercaler dans le texte plusieurs dizaines ou plusieurs centaines à volonté: il n'y a dans le passage rien qui permette d'établir un calcul cQrtain. Je ne saurais non plus prêter la main aux combinaisons qui ont pour objet de déduire des chiffres de Kamak la valeur d'un poids normal asiatique. Sans entrer dans le détail, je me bornerai à dire qu'en Egypte on n'employait .pour peser les métaux précieux aucun poids supérieur au ten, tandis qu'en Asie on se servait de poids supérieurs au soixantième ou au quarante-cinquième de mine qui, si l'hypothèse de Brandis était juste, serait pris ici pour unité. On calculait soit par mines entières, les petites de 505 grammes les grandes de 1010, soit par talents de 30300 grammes: les deux manières se trouvent mentionnées souvent et comme chose usuelle dans les documents Hébreux et Assyriens. Si on devait réduire les nombres égyptiens en nombres asiatiques, les poids ainsi obtenus ne devraient pas se chifirer par soixantièmes ou quarante-cinquièmes de mine, mais bien par mines entières ; on n'aurait pas inscrit parmi les tributs des 7800, 6200, 1250 quarante-cinquièmes = 17379, 137 Va, 277» mines 2, ou des 780, 485, 550 soixantièmes = 13, 8Yi2> ^^q mines, mais 180, 140, 30, 12, 8, 10 mines. Personne ne trouvera extraordinaire que pour arrondir les sommes on ait ajouté des dixièmes ou parfois même des ciûqnièmes d'unités, quand Brandis 3 avoue que le poids du soixantième de mine oscille entre 88'-35 et S^ib, Il me semble que les peuples vaincus devaient donner le plus qu'ils pouvaient et sous n'importe quelle forme, afin de satisfaire aux exigences égyptiennes: les métaux précieux venaient, partie sous forme de vases ou d'objets d'art, partie sous forme de briques, de plaques, d'anneaux ou de poudre. C'était seulement en mettant les raretés de coté pour le trésor qu'on s'inquiétait de les peser.

Nous pouvons maintenant retrouver la plupart de ces formes dans les inscriptions.

L'or en bourses s'appelle * / <r:> ô * nub m-ârefu, * <=> ^ nub âref-u,

de la racine <=:> ^— sfl , <r> t^j , <==> "Jj ^ âref en Copte oipq, opà, renfermer, tenir serré. L'or en anneaux ' tow . . ^ V^ ^ ttub-m-ses-u, a été rapproché du Copte igovigT,

1) Answahl, XII, 26. 2} Brandis, p. 29.

3) Id. ibid. 4) Dùmichen, Hist. Inschr. XXXIV. 5) Denkm. III. 118. 6) Dûm. Kal. Inschr. 49 b. 3.

7) Ausw. Xn. 31, 51. Denkm. III. 32, 29.

6 L'or.

aspicere, foramen, fenestra; mais le sens fondamental de cette racine nous mène à l'idée de voir à travers, ou à celle d'ouvrir, qui ne peuvent ni l'une ni l'autre se rapporter à l'anneau, déterminatif de seéu. Assez souvent on trouve encore de Tor et de l'argent en * fetet : on a comparé ce mot au Copte Tonrc, Jimbriay brachiale^ armilla, mais le

déterminatif ne se prête pas à ce sens. H représente plutôt une tasse à bord bas et à petit pied; le plus souvent aussi il est suivi d'un autre vase.

* ^ >Ccw. ^ nub'hi-set-f ^ l'or avec sa gangue. Ce sont les monceaux de

ooo loi

minerai brut qu'on trouve représentés en tas. Brugsch '^ traduit or de son pays , et Gensler* fait de même. Le complément hi-set-f est la désignation d'une forme du métal, car il ne se trouve qu'avec les métaux, et seulement avec l'or ou le cuivre, qui sont extraits quelquefois à l'état brut; je ne l'ai pas encore rencontré avec l'argent. Quand il s'agit de la provenance d'un minéral, on ne se sert pas de ^ At, mais

de '^'v^^ n: ^ 8 ^u ?çc^^^ or, des ustensiles de ce pays®, * »awn/>a ^ y

O O O A /vvwvA \J Ck I /vwwv ^^ ooo ^^1 J

Q de l'or du pays ou des montagnes de Koptos, * * \\ ] o ' de l'or de Koush, etc.

Il n'y avait pas un certain pays auquel on pouvait rapporter l'or ou le cuivre «de son pays», car ces deux métaux et surtout l'or venaient de beaucoup de pays diflFérents. ^^ signifie la roche native, la gangue: on trouve (^J*^^ nub-n-set^ or de la roche,

or des montagnes, tout seul et en opposition avec f^*\îîî^ nub-en-mu ^ or de l'eau, qui est placé à côté et qui signifie l'or en paillettes qu'on trouve dans le sable des fleuves, le Tibber. Au temple de Ramsés III à Medinet-Habou, dans une des chambres du trésor, sont représentées huit grosses bourses, dont les sept premières contenaient de l'or avec les inscriptions suivantes:

1) Denkm. III. 31a, 11. 30 a, 14. 32, 28, 29, 34,

2) DùM. Tempelinschr. I. 30, 31, 32. Hist. Inschr. II. 47.

3) La prononciation set pour '^^^ montagne, roche i pays, semble être encore inconnue. Champ. lisait i^^^.' ^^^^ ^^ ™^^ ^^^ masculin. Chabâs, pap. Harris p. 247, phonétique inconnu. Birch ne l'a pas placé parmi ses signes idéographiques. Brugsch, Dict. p. 1331, donne ^ dans la signifi-

cation de le paya situé en bas, le tombeau et compare cch^t, n pars inferior; aux pages 154. 1336. 1690. il conjecture la lecture àn\ la prononciation de set r^^^ pour pays, contrée est établie sûrement

par des variantes telles que 5^ |vâ^ m 1) Denkm. II. 143 g, 5^ r^^^/i m 1) II. 124,17.

mur set'U abt, gouverneur des pays de l'est; c'est pourquoi on trouve aussi plus tard X

ù£<^ Mi S m les habitants du Sud. Aux époques les plus anciennes, on regardait tid^ lui-même comme phonétique, et

il pouvait prendre la prononciation — ••— ; c'est pourquoi ^ , b£^ , r^^vi , Denkm. II. 3, s'échangent

fV^>^ Gk <=^ ^

entre eux. Mais dans notre cas, veut dire la rocher lu pierre; aussi donne-t-on au groupe

\>, self roche (Champ. Gr. 98) la pierre pour déterminatif.

4) Dict. p. 1629.

5) Zeitschrift 1870.

6) Auswahl XII. 31.

7) Chabas, Rev. Arch. 1861. I. 16.

L'or. 7

• ^^^^ 7iouh en Koush, or d'Ethiopie.

fS^/vvvv>AT wotti ten %ay de Tor, 1000 teji,

«^^^^^ noub en -set, or de la montagne.

pi^TA A^/v^A^ ;^=r^ Q

* * A/vwNA /www 1 ;2ot<i cw-mM ten x^i or de leau, 1000 fefi.

AA/vAAA yvwvw cm o

' A il ^^^^ '^^^^ ^^ ^*^* > or d'Apollînopolis Magna (Edfou) .

iWlc] u 'loiiA ^ Ntmbit, or d'Ombos.

c5 II «ow* ^» JfiTci^, or de Koptos.

La huitième bourse contenait du xeshet.

Sans doute les quatre premières bourses contenaient toutes de «For d'Ethiopie, car, dans ce pays célèbre par ses richesses en or, le métal se tirait aussi bien des mines que du fleuve. Les trois bourses suivantes contenaient de Tor de |la Haute Egypte, d'ApollinopoKs Magna (Edfou), d'Orabos (Koum Ombo) et de Koptos (Qoufl), rangés du Hud au Nord. L'or ne se trouvait ni dans ces villes même ni dans leurs environs, mais dans les mines des montagnes d'Arabie les plus proches.

D'après Pline , l'endroit d'Ethiopie le plus riche en or était situé entre Napata et la Mer Rouge. Le renseignement est vague: il ne peut se rapporter pourtant qu'aux environs du pays de Bega, à l'est de la route qui va d'Assouan ou de Koronsko à Abou- Hammed, dans l'endroit où Aboulféda plaçait les mines d'or d'Ollaqi. Les Arabes y travaillaient encore au X'"® siècle et même plus tard. Elles furent abandonnées , lorsque le produit n'en suffit plus pour couvrir les frais d'exploitation, et restèrent oubliées jusqu'au moment où Linant-Bey et Bonomi* en retrouvèrent l'emplacement en 1831 et 1832. C'était sans doute à ces contrées que se rapportent les indications de la stèle de Kouban traduite par Birch^ et Chabas^. En eflFet Kouban, ainsi que Prisse l'a fait justement remarquer en découvrant la stèle, est au débouché des vallées les plus importantes du district de l'Etbaye, où sont situées les mines. On y loue Ramsès II d'avoir réussi à établir des puits dans le pays d'Akita, sur la route qui traverse le désert pour conduire aux mines, ce que son père Séthos I avait essayé en vain de faire.

D'autre part, je ne puis me rallier à l'opinion qui rapporte à l'or d'Ethiopie les inscriptions du temple construit au désert près de Redésieh. Dans le grand ouvrage de la commission de Prusse, j'ai donné à ce temple le nom de Redésieh, parceque c'est, sur le Nil, le lieu le plus rapproché d'où l'on parte pour aller visiter le temple. La vieille route qui conduisait au temple partait d'Apollinopolis Magna, ou bien de Contra Apollonos à l'est du fleuve. Elle menait non pas aux mines éloignées de l'Ethiopie,

1) Les lieux des mines d'or sont marqués un à un par Linant, sur sa «Carte de TEtbaye ou pays habité par les Arabes Bishariei, comprmiant les contrées des mines d'or connues des anciens sous le nom d'Olaki, et publiée par le dépôt de la guerre.» 1854.

2) Upon an historical tablet of Ramses II relating to the gold mines of Aethiopia (from the Archaeologia vol. XXXIV. pp. 357—391. Lond. 1852).

3) Les inscriptions des mines d'or, Châlons sur Saône, Paris 1862. La stèle se trouve maintenant dans le château d'Uriage, près Grenoble, où son possesseur le Cte de St. Ferréol l'a fait transporter.

8 L'or.

— -- ' ■ - — — — -- ' --..■---■ - - Il II I

mais, par le plus court chemin, aux montagnes d'Arabie et au Djebel Zébara, près de la Mer Rouge. On a cru retrouver ici les anciennes mines d'émeraudes qui, d'après Pline ^ «eruuntur circa Copton oppidum Thebaidis coUibus excavatis.» Ceci ne s'est pas confirmé 2; mais la montagne contient encore maintes galeries profondes, éboulées pour la plupart, et dans lesquelles on exploitait autrefois un minéral précieux. H est parlé explicitement dans les inscriptions déjà citées de Thoutmosis III, non seulement de Tor d'Ethiopie et de plusieurs espèces d'or Égyptien, mais aussi de l'or d'ApoUinopolis Magna, et, dans les inscriptions du temple de Redésieh , nous lisons qu'il fut fondé par Séti I , parceque ce monarque, en creusant un puits, avait trouvé de l'eau à cette station du chemin qui menait aux mines d'or par le désert. Il paraît donc assuré que les mines d^or citées en cet endroit, étaient réellement situées non pas en Ethiopie, mais dans les montagnes auxquelles conduisait la route qui passe devant le temple, c'est-à-dire sur la vieille route du Djebel Zébara, et peut-être dans cette montagne elle-même, tant de fois creusée et recreusée.

De même pour les mines d'or d'Ombos. Comme cette ville était située à huit ou dix milles au Sud d'ApoUinopolis, sur la rive est du Nil, nous devons les chercher aussi dans la direction de la route qui part de cette ville, et conduit tout droit aux montagnes d'Arabie. C'est en eflFet à Ombos que débouchent les vallées principales qui, inclinant un peu vers le Sud, tirent sur Béréniké et les montagnes qui la dominent. Des ruines d'anciennes stations pourraient bien encore se trouver sur cette route, si on y entreprenait des fouilles sérieuses.

Enfin l'or de Koptos venait aussi sans doute de cette paiiiie de la chaîne Arabique à laquelle conduit la grande route de Qouft (Koptos) à Kossêir (I^eukos Hormos), appelée aujourd'hui Derb e' Rossafa. Nous ne connaissons plus à la vérité sur cette route même que les anciennes carrières de granit et de brèche situées pràs de Hamamât, avec de nombreuses inscriptions sur la roche, dont quelques unes remontent à Xoufou (Chéops). On trouve pourtant dans les environs et surtout dans le Ouadi Faouaxîr, beaucoup de traces d'anciennes mines profondément creusées, dont la destination première n'a pas encore été établie, et qui pourraient bien êti-e des mines d'or 3.

Un des Papyrus de Turin renferme un plan du temps de Ramsès II, le pilus ancien que nous connaissions; c'est un document du plus haut intérêt et que j'ai déjà publié en 1842 dans mon viAuswahh*, Ce dessin colorié représente des montagnes et des routes: Birch^ y reconnut un teiTain des mines d'or; Chabas^^ le publia de nouveau avec les couleurs originales. Ces mines d'or ont été prises, elles aussi, pour les mines

1) H. N. 37, 65. 2) Allgem. Augsb. Zeit. 1844. no. 347 Beilage.

3) Dans le papyrus de Mr. Harris qui traite de Ramsès III, on nomme à côté de Ter de Kous

l'or de Koptos et même i^ ^^^^ a- U «^'^^ de roche de Koptos». V. Ghabas, Eev. Arch.

4) 1847. PI. XXIII. Les plans de tombeaux royaux qu'on trouva en même temps me firent conjecturer qu'il fallait en chercher le site dans les montagnes de la Thébaide..

5) Upon an historical tablet of Ramsès II. p. 26.

6) Les inscriptions des mines d'or p. 30 ss. A ces fragments il faut en ajouter d'autres que LiBBLEiN a publiés dans son ouvrage: Deux Papjrrus Hiératiques du Musée de Turin. Christiania 1868. PI. V. Us ne contiennent, des deux côtés des routes, que des montagnes noires, et non pas rouges;

L*OR. ô

Éthiopiennes - du Djebel OUaqi. Ce peut tout aussi bien être une mine Égyptienne, et, comme nous rencontrons sur le plan une stèle de Séti I à côté d'une citerne, il est plus vraisemblable d'admettre que c'était les mines d'Apollinopolis Magna. Nous savons en effet que Séti I y avait établi avec succès une aiguade appelée «puits de Séti», et avait construit un temple dans le voisinage. Le puits de Séti, que la stèle de Kouban place sur le chemin des mines d'Ethiopie, semble avoir été une entreprise manquée, comme tant d'essais antérieurs; Ramsès II eut le premier la gloire d'avoir amené de l'eau dans cet endroit.

Les mines d'Ethiopie furent encore exploitées par les Arabes, tandis que les mines d'Egypte semblent avoir été épuisées et abandonnées bien plus toi ; même dans la supposition d^un rapport égal, cela s'explique facilement par la plus grande proximité de l'Egypte.

En dehors des différentes sortes déjà mentionnées nous trouvons encore FS^ I , noub nofre , de l'or bon ; ce n'est pas une expression de louange universelle , car on l'oppose à d'autres espèces d'or. Ainsi, au papyrus Harris déjà mentionné plus haut:

»^^=^I'^^Î^''\I "^ '*' de l'or bon, 217 ten 5 ket.

□ ^iiiii la II '

^cJ!^^ennnn^1aiiii^ or de Ko«s, 290 ten 8V. ket.

T ^^^^ ^ (^(^nniii j^iiî ,^, . . :, , .^^

4)^ f^=^^ 1 (^=S=^ . '^:^ (^ (^ n n II fl . . / total : or bon et or de roche, 569

£:. I □ (snnii II iniii

ten 6V2 l^et. On ne dit pas si l'or de Kousb était du bon or ou de l'or de roche; si c'avait été de bon or, on en aurait sans doute fait mention, et on l'aurait placé devant For de Koptos. L'opposition entre le bon or et l'or de roche n'en reste pas moins prouvée, puisque le total ne fait mention que de ces deux qualités. Comme l'or se trouve d'ordinaire plus ou moins mêlé d'argent, nous pouvons admettre que l'or de roche (ici sans doute la qualité inférieure) représentait l'or brut; non raffiné par la fusion; tandisque l'or bon représentait l'or pur et sans mélange, Vaurum obrussum ou obrizum^ «l'or éprouvé», que les Hébreux avaient déjà distingué de l'or brut ordinaire en l'appelant

"^ y ©'^'^'^^^^^id III or de roche de Koptos, 61 ten 3 ket.

le fragment isolé qu'a publié Chabas contient un sommet de montagne, qui, dans Toriginal, n'est pas brun, comme les parties du centre et quelques stries de la montagne, mais est entièrement noir comme les montagnes du Papyrus de Lieblein. La manière dont les détails sont traités est tellement semblable pour les mesures et les chemins, qu'elle dénote un même dessinateur. Les fragments n'appartiennent pas à l'époque de Séihos /, mais plutôt à celle de Ramsès II, et peut-être seulement à celle de Ramsès III, car les plans des tombeaux royaux semblent avoir été dessinés vers le même temps. Dans les inscriptions des

montagnes noires, on voit plusieurs fois la légende >$^ /vv^^/v^ It CZD > tantôt avec, tantôt

sans le déterminatif de l'oeil, qui se trouve aussi derrière le groupe U h^^^, pays de l'Est (Bruosoh,

Diet. 413). Le déterminatif de la pierre montre ici que Bexni est le nom de la montagne seule et non pas celui du pays tout entier. Le même nom se trouve aussi dans une inscription à'Hammamât (Denkm.

m 223, c) où l'on doit restituer'^^ ° V D^^-

ICZl /www S -S S8KS5^

10 L'or.

n^aç nnt, zâhab sâgouTy ou Tfi DÇD Ae^m pâz. Ainsi s'explique, pourquoi on peut trouver I V ^ wwi »o/re e;« 5e^ «du bon or de roche». Il est représenté en monceaux, par suite à l'état brut, mais pur et sans mélange.

Dans les tableaux et dans les inscriptions, les Éthiopiens [Kotd) et les peuples du midi, qui, en dehors des Koushites rouges, comprenaient aussi les nègres, apparaissent surtout comme les peuples qui apportaient Tor en anneaux, en bourses, en briques ou en barres, même en forme de vases et d'autres objets d'art, tantôt comme butin de guerre, tantôt comme tribut pour les Égyptiens. Les peintures de la tombe de Rexmara sous

Thoutmosis IIP et de Houi sous Toutan^amon^ sont fort instructives en ces matières.

Du reste les autres voisins de l'Egypte doivent avoir été très riches en or, à en juger d'après ce qu'ils devaient livrer à l'Egypte. C'est surtout vrai pour les Assyriens (Rotennou) ^, qui apportent de l'or en grandes quantités sous forme d'anneaux, de plaques et de vases de toutes sortes ^ ; pour les Tahi de la Syrie du Nord, dont le butin en or brut, en anneaux, et en ornements de chariots est mentionné à Kamak ; pour les Khéta (x^ta) et le peuple de Megiddo (Makita), peuples situés plus au Sud sur la côte Syrienne, qui avaient à livrer de l'or en anneaux et des chariots dorés. Nous pouvons conclure de tout cela qu'il y avait alors des mines d'or importantes dans les montagnes du Liban.

Les Egyptiens, qui n'avaient pas de monnaies, pesaient l'or. Cette opération est souvent représentée^ et s'accomplit d'ordinaire sur de grandes quantités de métal. L'or est dans l'un des plateaux de la balance, en anneaux ou en rondelles avec un trou au milieu'; dans l'autre plateau sont placés les poids, de formes très variées. Les boeufs et les têtes de boeufs dominent, ce qui rappelle la plus ancienne monnaie Romaine (pecunia); toutefois on rencontre aussi des gazelles, des hippopotames et d'autres animaux. Les poids Égyptiens sont le plus souvent plats par-dessous et sphériques à la partie supérieure. Les musées en possèdent aujourd'hui un grand nombre qui sont eu pierre dure et ont pour la plupart la forme ^^^^. La collection de Mr. Harris,

mort dernièrement à Alexan drie, est surtout riche en poids de cette espèce; l'un d'eux porte l'inscription: d ^ î É ^^^ ^^^ trésor d'Héliopolis». En comparant cette

donnée au poids de la pierre, Chabas a calculé, que le ket (luie) pesait 9^0717. D'après mes recherches, que je crois encore plus exactes, et d'après mes comparaisons d'ensemble que je n'ai pas encore publiées, il faudrait donner au kite un poids un peu plus fort: 9»'09591. Comme 10 kite font un ten ou tennu, le ten pèserait alors 90*^^9591. C'est le poids le plus considérable qui se trouve mentionné, lorsqu'il s'agit de métaux précieux. On exprime avec lui des poids qui s'élèvent jusqu'à 36.692 tennu^ = 67 Cent. (6674 livres). Comme un kite égale à peu près 5Y2 Quent, (1 livre = 30 loth à 10 Quent. chaque), on voit que cette unité était beaucoup trop grande pour la

1) DiJM. HiBt. Inschr. XXXIV. 2) Hoskins, 1. 1. 3) Denkm. III. 115—118.

4) Dans le décret de Canope 1. I. on traduit le pays des Rotennoa de lest par Zup(a c'est-àdire Assyrie.

5) V. les riches vases que Séti IS^ apporte devant Ammon comme butin des Assyriens. Denkm. III. 127 b.

6) Denkm. III. 29 d. 7} Denkm. III. 39 d.

8) Denkm. III. 39 d. Je trouve l'or mentionné par quantités de Y2 ten, 45 tm Va ^^1 ^^ ^• 8 k., 55 t. 8 k.y 70 t, 1 A:., 100 t., 144 t. 3 k., 300 ^ + x A., 2374 t 1 k„ 3144 t. 3 k.

L'or. 1 1

valeur de Tor dans le petit commerce. Aussi trouve-t-on sur une stèle de Barkal, dont M. Mariette m'a permis de prendre une empreinte, l'indication suivante . F^^

-^FS^goiim ^^j ^^ ^^ àri-u-nub pek-u 5120, Or, 40 ten faisant d'or

5120 pek. Ici le pek est sans doute une petite fraction du ten; cfr. nm^e, ^m^i, rumpi, separariy ^i%nLi fractum^ pars (Hesek. 24, 4.) *: en divisant 5120 par 40, on voit que 1 ten contenait 128 pek. 1 ten = 90.9591 grammes: partant 1 pek pèse 0^-7106, ce qui est à un centième près le poids de l'obolos Attique, si nous lui donnons avec HuLTSCH 0^727. Conmie, dans Tusage général, l'obolos était le plus petit poids des Grecs, à peu près Vs ^^ QuettL, cette division correspond exactement à la division Éthiopienne. Cela est d'autant plus remarquable que cette division n'est pas identique à celle des Égyptiens: bien que les Égyptiens aient eu sans doute un poids encore plus petit que le ketj qui vaut à peu près 5 Quent. 72> 1© ^^^ lui-même n'a pas de place dans le système Éthiopien. Le ten en effet contenait à la fois 10 ket d'Egypte et \2S pek d'Ethiopie: le ket égale donc 12'^*V5, ce qui ne pouvait pas être une unité pour les Éthiopiens. D'un autre côté ou ne peut admettre que les Éthiopiens n'aient pas eu d'intermédiaire entre le ten et le pek: ils doivent en avoir eu plusieurs. Il vaut donc mieux admettre qu'ils ne divisaient pas le ^en en 10^ mais en 8 ket, dont chacun contenait 16 pek; peut-être même avaient-ils un poids de 2 pek, dont 8 auraient égalé un ket. Cette division par huit se trouve dans le système Grec, appliquée à la subdivision de Tobolos, qui contient huit Chalkous. Le kite, dont dix égalent un te?i correspond au contraire d'assez près au S^Spa/iiov ou au ararr^p. Il serait possible^ à la vérité, que les Éthiopiens n'eussent pas de poids correspondant au kite et qu'ils divisassent le te^i en seize parties de 8 pek chacun. D'un autre côté, la division du ten en \0 kite chez les Égyptiens avait exclu l'usage d'un poids égal au pek Éthiopien. Si nous admettons que, non seulement le ten était divisé en 10 kite, mais encore que le kite se divisait en dix parties plus petites, ce plus petit poids Égyptien correspond non plus à l'obolos Grec, mais très-exactement au xa^>too(;. Il aurait pesé en effet 0^090 et le x^^^^^oç pesait, d'après Hultsch, 0«f092, c'est à dire seulement 0.004 de plus. Pour prouver cette division décimale du kite Égyptien, on peut citer un endroit des Annales de Thoutmosis, III^, dans lequel on compte 45 ten et Vg de kite. Des sommes comme 70 ten et \ kite d'or et même 2374 ten et 1 kite nous montrent qu'on pesait exactement. Si on évitait à dessein, comme il est vraisemblable, de descendre jusqu'à Yio de kite, un peseur exact pouvait de temps en temps pousser la précision à un Yo de kite près, et cela, sans atteindre encore la plus petite subdivision possible.

Comm e poids d'or nous n'avons pu trouver jusqu'à présent sur les monuments que :

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