‹ Les métaux dans les inscriptions égyptiennes (volume 2)Chapitre 3 sur 13 · vvwvA le ten = 908'-959 ou à peu près 5^2 ^oth · texte numérisé non relu

vvwvA le ten = 908'-959 ou à peu près 5^2 ^oth

2. le kite, la dixième partie du ten = 9^0959 un peu plus de V2 de loth, correspondant au S(Spax(iov Attique.

1) Le même mot S t^, avec le déterminatif du vase, est employé aussi pour le miel (Denkm.

III. 30b. 31) ; d'habitude on pesait le miel comme le vin, l'encens etc. par ■ 'g. Peut-être disait-on

Pek, une pièce de miel, comme nous disons une pièce de vin, pour marquer une grande mesure de capacité,

2) Lepsius, Âuswahl dcr wichtigsten Urkundcn. PI. XII.

3. ^o, le pek Éthiopien, la cent-vingt-huitième partie du ten = O^'-TlOô, un peu

d'un plus tiers de Queni.^ correspondant très-exactement à Tobolos Attique.

Pour en finir, ajoutons que les Égyptiens connaissaient la dorure et s'en servaient beaucoup. Nos musées nous montrent une foule d'objets et toute sorte de matières qu'on dorait avec une solidité parfaite. Les pierres Tétaient parfois si légèrement que Tor semble avoir été surajouté comme une couleur; souvent aussi la feuille d'or était

plus épaisse. Même des pierres aussi précieuses que le lapis étaient dorées ^^^ , o

ooo I

Vp o ^ nuh hi xesteb : il y en a des exemples au musée de Berlin, entre autres un scarabée.

On mentionne aussi des chariots d'argent doré ^ Y ^. Quand on dorait le bois

° I ooo I Aooo

ou le carton, on se servait d'une légère couche de plâtre fin ou d'autre matière comme intermédiaire. Pline dit (33, 64. 35, 36.] qu'on appelait leukophoron l'intermédiaire qui servait à la dorure du bois.

rw^o àsem, b iÇXexTpoç, electrum.

La prononciation de ce groupe a déjà soulevé des difficultés. Champollion^ lisait noTà pin;6i et traduisait par «or pur» ou «poudre d'or.» Il prenait f^*^ pour un idéogramme et j pour une épithète. Mais on trouve souvent les deux séparés et alors |

est placé devant P^. Ce dernier ne peut donc être que déterminatif. Le sceptre ne devait pas non plus être prononcé piu;6i, car on l'écrit souvent avec son complément

Mw ' 1 TOw ^^ ' ^^^^^ * ^^ ^^ ) ^^ P^^ i parceque le sceptre se trouve avec la

prononciation J^ ^v j et une fois aussi ^*^ ^. Ghabas ® le lit num et le tient pour

une autre orthographe de nub l'or. Brugsch dans son Dictionnaire lit d'abord uasem et explique par cuivre (p. 351. 768), ou bronze (p. 906) ; plus tard (p. 1021) 2i« et ne précise pas

le métal : il part du groupe ^ 'vs^ [1 1 ' e^ew ou bien (^ ) Il | ^ e« , et des variantes du

gro«pe4n. dans le rorf^A«.A ch. 15,9."^|§, Plk?^' ^PlkETJ- ^' «'^^ j est polyphone. Il y avait deux sceptres identiques de forme qui sont souvent représentés l'un à côté de l'autre : l'un est | , l'autre ^^ ^^ ®) souvent écrit avec le bâton tordu pour déterminatif. En outre*®, le sceptre détermine les groupes ylf'lj 1 jl ^S et aussi V»^ l"^^^' '^ ^^ prononce sans doute us dans la variante du nom d'Osiris

1) DÛM. Tempel-Inschr. I. 76, 1. 2) Denkm. III. 32, 15. 17. IS.

3) Grmmm. p. 90. 4) Dans Bunsen, Égypt. vol. I, 2. éd. p. 576.

5) Denkm. II. 148. 6) Pap. Barris, p. 226.

7) Denkm. II. 112, e. 113, b. Todtenb. 125, 50. 51.

8) A Bab-el Molouk. et Denkm. HI. 79, 6.

9) Aelteste Texte PI. 37. Gomp. T. 10. 26. Denkm. III. 99a. 225. Tarn est féminin.

10) 1 n'est pas, comme le veut Ghabas (Nom de Thèbes p. 26), équivalent à jQ ^jK [l j ,

oar ce dernier mot est masculin, et le premier est féminin.

U) Penkm. II. 125. 143. 12) Denkm. II. 58. III. 260. et a.

LÉLECTRUM. 13

I o -fl ^. Ce sont seulement les variantes du groupe r^ o dans le Todtenhuch qui

peuvent décider : comme le papyrus hiératique publié par Mr. de Rougé donne aussi dans

cet endroit \y\ ^^ "^ et connue le (1 , même lorsqu'il est apocope, doit être considéré

comme originel, il nous semble nécessaire de lire notre groupe àsem^ ou comme semble l'indiquer une variante à la vérité unique, t Ç^^^ avec \u complémentaire, ammu.

Ajoutons en passant que le moi asem est identique à l'Hébreu b^çtçn, x^m^. n s'échange souvent avec K^ qui répond exactement à Va (1 des hiéroglyphes; quant à b, c'est un suffixe nominal assez employé à former^ par exemple, des diminutifs, ^"ùtfn ne se trouve qu'une fois chez Hézékiel^ dans un passage où on lui compare la teinte dorée d'un nuage de feu : l'éclat de l'electrum est en effet supérieur à celui de For. Les commentateurs ont pris le bti©n pour de Torichalcum ou laiton, pour de l'or pur à l'état brut, pour une abréviation de b!Q itn œs lœve, pour le x«^>to^tP«vov de l'Apocalypse: je ne doute pas que les. Septante aient eu raison de traduire -^Xsxxpoç.

Vàsem est souvent nommé avec l'or. Comme l'or nous le trouvons en bourses, avec rinscription j[^^^> au tombeau de Rexmara (Hoskins p. 330), et aussi en forme d'anneaux^. Les anneaux sont pesés dans cet endroit jusqu'à concurrence de 35.692 ten, ainsi que nous Tavons déjà dit plus haut. Nous n'avons pas dans Vàsem, comme le croit Champollion, et, avec lui, d'autres Égyptologues, une qualité fine de Tor pur, opposée à l'or non éprouvé et non raffiné: partout où on le nomme avec Tor, il est placé au

deuxième rang. Isis est appelée à Philae*^ ^<^^i li li 1^?^° -fe ' ? "^ Ifl' ^*^'*

des dieux, àsemdes déesses, màfka du grand cycle des dieux», etHathor^ f^^Aw^ ] | | r*no/vvw>A I ^1 , «or' des dieux, àsem des déesses». A Dendéra^ Yc^ vsaa/wva ^ ||

en ief Anton heti aat makut m nub nofre bek m àsem seperu em haf, «Il a été

décrété à Ammon une grande salle revêtue d'or bon, des colonnes à chapitaux de lotus et de papyrus travaillés en àsem, les parois d'argent.» Dans la stèle Éthiopienne de Dongola^, on présente d'abord des ustensiles en or, puis en àsem, enfin en bronze, de sorte que Vàsem prend ici la place de l'argent qui n'est pas nommé. Dans les inscriptions du temple du désert à Redesieh*^ on trouve la mention suivante:

^ m ooo Ji Jrill I fl^^z:^ U I I A o'oo—*^-. Jl ooo. o^:z:^oo

nubu tth-u hi rta-n-k àms em àsem yesbei mâfek. «Je t'ai donné les montagnes et les

pays aurifères, en te donnant tout ce qu'ils contiennent en àsem, %esbet et mâfek. n Ici

1) Le rond n'est pas ici le soleil Q, mais la papille pour

2) Denkm. IIL 194, 10. 3) 1,4. 8, 2.

4) Id. ibid- Chez Hoskins l'inscription manque. Dans Champollion, Not. p. 506 elle est indiquée. Par-dessus les briques blanches Hoskins place j Ç^^ ; Champollion Y pSSn > ce qui est exact.

5) Champ. Not. p. 180. 6) Denkm. IV. 36.

7) En même temps neh-t «la princesse» avec allusion évidente à l'or.

8) DùM. Hist. Inschr. U. pi. 56. 9) Denkm. V. 16, 10. 10) Denkm. III. 141, b.

14 Ij'électrum.

Vàsem est placé devant le yesbet^ qui d'ordinaire n'est précédé que par l'or et Targent. Cette position, comme aussi la forme en bourses et en anneaux, empêcherait qu'on prît Vàsem pour le cuivre, quand même on ne trouverait aucune autre expression pour ce métal. Nous apprenons en même temps par cette citation que Vàsem se tirait directement des montagnes, de sorte qu'il ne peut être ni un produit artificiel ni de For purifié. Le même fait ressort d'un passage d'une inscription de Medinet Habou ^ dans laquelle Ram-

ses ni apporte devant Ammon Ra des vases précieux. Il y est dit: g Jl

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lu fwio p^'s? j^^ yerp-à nek men er hat-ek nuterm àsem nu setu

\\nc=L' T o I o llio 111 I c. I ^ ^

nubu hi set-f^ «Je te. présente pour ton temple des vases dédicatoires en àsem des pays à or dans sa gangue*^.» Ainsi on exploitait dans les pays à or, c'est à dire dans les montagnes de l'Ethiopie, Vàsem^ le xesbet et le mâfek. On y doit rapporter aussi ce qui est dit du roi Séthos I àRedesieh^: «Son coeur voulait voir les mines d'où l'on apporte Vàsem.^^ Brugsch qui cite le passage (Dict. p. 351) en conclut «que ce ne pouvait être un alliage métallique comme l'aurichaflcum Romain». Mais le laiton, aurichalcum, opei'xaXxo;, fut exploité aussi directement dans le3 mines : il en est de même pour l'électrum, qui peut être produit par un mélange artificiel d'or et d'argent, mais que l'on trouve pourtant à l'état natif. «Tout or, dit Pline (33, 23) , contient de l'argent en proportions diverses, tantôt pour un "neuvième, tantôt pour un huitième : toutes les fois que l'argent entre pour un cinquième, le métal prend le nom d'électrum. Des mélanges pareils se trouvent dans les scories. On fabrique aussi de l'électrum en ajoutant de l'argent à l'or.» Strabon dit (p. 146) que l'or s'obtient tantôt par extraction, tantôt par lavage, qu'en le fondant on y ajoutait une certaine poudre d'alun, et que le métal ainsi préparé apparaissait d'abord comme électrum, qui est un mélange d'or et d'argent ; c'est seulement après une dernière fusion que l'argent se consume et que l'or reste: 'Ex 8è xoo xpoaoo éi|>ojiivoo xal xaftatpoofiivoo aTOTrn)pto>8ei xtvl Y'S To xaOapfJLa -^Xextpov eîvat, iraXiv 8è tooToti xa&e^opivoo, jUYfj.a ej^ovro; àpYopoo xal )rpuaoî>, Tov plv apYo(iov àiroxaiÊOÔai, tov 8è j^pooov oiropiveiv. Il ne fait erreur qu'au sujet de la volatilisation de l'argent, ce qui n'a pas d'importance pour nous ici. C'est à cet électrum seulement que peut se rapporter ce que nous mentionnions plus haut de Vàsem. La valeur en est moindre que celle de l'or, puisqu'il contient de l'argent ; il se rapproche de l'argent par la couleur et peut le remplacer. Ses qualités lui donnaient même l'avantage sur l'or fin, puisqu'un mélange d'argent rend ce métal moins dense, plus léger et plus dur^. Hérodote (I, 50) l'appelle xP^^^ç Xeoxoç et l'oppose comme qualité inférieure au Xpuao; aicecp&oç, l'or passé au feu et raffiné. Dans les passages relatifs aux mines d'Ethiopie que nous citions plus haut, on ne mentionne ni l'or ni l'argent, quand on nomme l'électrum: le xesbet et le mâfka seuls apparaissent à côté de lui. L'électrum remplaçait et l'or et l'argent pârceque les deux étaient rassemblés en lui: il était donc

1) DûM. Hist. loBchr. 31.

2) ^ parcequc les grains de métal remplacent le pluriel ; on écrit souvent o ce qui n'empêche pas de mettre set-f au singulier : ces mots ne peuvent se rapporter qu'à fssn ®^ "^° P^^ ^ >

, T o III

qui les précède immédiatement.

3^ Denkm. IIL 140, b, 2.

4) QuENSTEDT, Handbuch der Minéralogie p. 469.

le métal originel, d'où on tirait Tor pur et l'argent pur par des procédés de raffinage très difficiles à exécuter. II n'est pas permis de douter qu'on parlait souvent de Tor, comme de la partie la plus noble, lorsqu'il aurait fallu plus strictement parler d'électrum. Far là s'explique la mention de totaux aussi énormes que le sont les 6700 livres d'électrum citées dans le tombeau du temps de Thoutmosis III dont nous avons déjà parlé. L'or et l'argent se rencontrent mêlés en toutes proportions: quand la proportion de l'argent varie entre 20 et 50%, on appelle le mélange électrum. En fixant la limite de 20% on s'est appuyé sans doute sur le passage de Pline. La couleur est le jaune très clair du laiton : elle tourne au blanc d'argent à partir de 40% ; le cuivre et le fer entrent dans le mélange en très-petites quantités. Hérodote raconte qu'une offrande dédicatoire de Krœsos comprenait une brique d'or pesant Vj^ talents et une en électrum de dimension double (6x3x1 paume à 0"0875) ^ . Il résulte de son récit que l'électrum contenait ici à peu près 30% d'argent si on admet avec 6. Rose que le poids spécifique de l'or fondu et 19.28 et celui de l!argent 10.482. Si on compare le poids de l'or avec le volume des demi-briques, on trouve que, massives, elles auraient pesé chacune 232722 grammes, ce qui mettrait le talent à 93089 gr. Comme le talent d'or perse, dont il s'agit ici, pesait 26196 grammes de même que le talent Attique il suit que les briques de Krœsos étaient des briques creuses. Leurs parois n'avaient pas 0.00872 d'épaisseur: elles n'étaient pas coulées mais battues, comme l'expression d'Hérodote èEr/Xaove suffirait seule à l'établir. L'or entièrement pur n'est bon ni pour les monnaies, ni pour les ustensiles, parcequ'il est trop mou; c'est pourquoi l'électrum se maintint à côté de l'or et de l'argent, même longtemps après qu'on eut appris à en séparer les éléments. On le trouve en petits morceaux et en grains: il se prêtait donc à être renfermé dans des bourses. Dans le passage de la stèle de Dongola, déjà citée, on rapporte à côté d'ustensiles en or:

7 0^0= r4no

en tout 13 vases pesant 134 ten. Dans les annales de Thoutmosis HI à Kamak (Denk. UI. 32, 14. 33), on nomme des chariots faits de ce métal et qu'on avait enlevés aux Assyriens; on mentionne au même endroit (1. 25) des chariots en or qui faisaient partie du butin des Rotennou.

Grâce à sa couleur jaune clair semblable à celle du laiton , l'électrum devenait plus brillant que l'or. C'est là peut-être une des raisons pour lesquelles on en couvrait le pyramidion des obélisques. Entré autres présents, Thoutmosis lU dédie à Açimon

Thébain deux obélisques. A côté du tableau est écrit »: Pf |^i^ j[j[ j |^^^ iQ»J J^^s. 1 "^^^^ M M iR' s-hâ-nef te%en-ui âui ur-ui em met beben-i m àsem

er ruti hai-nuter, cdl lui érigea deux obélisques de granit rose, aux pyramidions d'électrum par devant les pylônes du temple.»

1) Liv. I, 50. 2) QuENSTEDT, p. 557, 565.

3} Champ. Mon. pi. 316.

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