L^ ARGENT
terminer le baob»: les Égyptiens umaient particnlièrement les allitérationB. On trouve
encore un troisième nom pour Valant dans ces temps de décadence m * ou ^ o 2
'^ ° ^ 000 Q.ZJ o
ru ^u ruà.
L'argent est représenté, comme Tor, en grands monceaux surmontés d'une inscription ^ : c'étaient là sans doute les morceaux ^'argent brut, tels qu'on les extrayait dans les mines. On le gardait aussi en bourses, si les mots ^ * *^z=z<z:> ^ 4 fi^t nub m ârefu.
or et argent en bourses, se rapportent aux deux métaux, comme c'est vraisemblable. Il est certain qu'on le fondait en grosses plaques^; mais on le trouve aussi sous forme de briques®, ou de plaques plus petites, de couleur blanche, entassées dans des paniers et surmontées d'inscriptions, et d'anneaux', que Hoskins a colorés en jaune par erreur, puisque l'inscription et la notice de Champollion^ nous apprennent qu'ils étaient peints en blanc. L'argent en forme d'anneaux seku Q^ . yQ^^' cssziii^ est souvent
mentionné dans les annales de Thoutmosis ni; on le trouve aussi en '^ tetet,
dont nous avons parlé au sujet de l'or, et en ^ ^ ^. ^^i c'est-à-dire en forme de minerai broyé. Beaucoup de vases ^^ précieux étaient en argent, parfois émaillés et ornés d'anses: ils sont souvent mentionnés dans les inscriptions^^. La stèle Éthiopienne de Boulaq nous donne une liste de vases et d'autres ustensiles en argent :
OUI m II
yvvvwv A
1itJSi^4>
tll
Des chariots, fabriqués en argent ou bien en argent et en or, sont mentionnés dans les annales de Thoutmosis III ^®.
Comme l'or, on pesait l'argent par ten et par kite^ qu'il fût brut ou travaillé ^7. Les quantités apportées en guise de tribut ou comme butin sont à peu près égales.
La différence de valeur entre l'or et l'argent semble avoir été moindre dans les temps anciens qu'elle n'est maintenant. C'est pourquoi il n'est pas rare de voir
1) DûM. Rec. IV. 71, \ (cf. 69, 2). Kal. Inschr. 104, 9.
2) Di)M. Rec. IV. 66, 3. 3) DûM. Hist. Inschr. 32. 4) Ibid. 34.
5) Ibid. 34. représenté aussi en blanc chez Hoskins.
6) Hoskins, 1. 1. 7) Ibid. 8) Not. p. 507.
9) Denkm. IH. 31, a, 11. 10) Denkm. ibid. Aosw. XII. 26. 11) Denkm. II. 32, 29.
12) Denkm. III. 32, 33. — Mariette, rev. Arch. 1860. H, pi. XVI; 5.
13) Denkm. ibid. 14) V. Hoskins, 1. 1.
15) Ausw. Xn. 31. Denkm. III. 30, 18. 16) Ausw. XII. 31.
17) On rencontre des sommes d'argent de 56 ten; 100 ^«n; 104 /«91 5 k.; 153 ten; 301 ten; 431 ten 2 k, ; 761 ten2 k.; 1495 ten 1 k, ; 2821 ten 3 k.
18 Traité des métaux.
l'argent ^ placé devant Tor. Cela se passe même dans des inscriptions moderaes comme celles de Dendéra^, où on ne faisait plus que suivre les traditions anciennes. C'était surtout le cas en Ethiopie; et la richesse du pays en or rend le fait très-compréhensible ; aussi sur les stèles du Barkal à Boulaq, l'interversion des deux métaux est-elle presque la règle. II n'est nulle part question de mines d'argent dans les montagnes d'Egypte. Dans le butin des peuples du Sud, on nomme à peine l'argent, tandis que l'or est mentionné en grandes quantités. D'un autre côté nous avons prouvé plus haut, qu'on trouvait de grandes quantités d'électrum dans les pays à or du Sud, partant de l'argent aussi, quand on se donnait la peine de séparer les deux métaux. Dans les tombeaux de Thèbes, que nous avons déjà mentionnés souvent, ce sont surtout les Rotennou ou Assyriens et les Kefa de l'Ouest , qui apportent des vases en argent et du minerai d'argent brut sous des formes diflFérentes. C'était donc dans leur pays que se trouvaient les mines d'argent les plus productives, et non pas au Sud ou dans le pays de Pount, en Arabie.
Nous avons examiné de près les trois métaux nobles: l'or, l'électrum et l'argent. L'électrum était inconnu dans les inscriptions et les deux autres ont été établis plus scrupuleusement dans leur signification qu'on n'avait fait jusqu'à présent. 11 faut que l'investigation suive pour le moment- une autre marche. J'ai déjà dit que les Égyptiens avaient un ordre constant dans lequel ils rangeaient les produits minéraux les plus précieux. C'était le cas chez tous les anciens peuples, mais l'ordre Égyptien se distingue de tous les autres par un fait curieux : au milieu des métaux, qu'on a l'habitude de distinguer strictement des pierres, on voit apparaître au moins un minéral qui n'est pas un métal, mais que Champollion avait déjà reconnu pour être le lapis lazuli, en Hiéroglyphes ;fe«Je/. Un deuxième minéral, le mâfek^ que Champollion croyait être le cuivre, a soulevé depuis des doutes fort sérieux, puis a reçu de nouveau la même acception. Nous devrons rechercher de plus près quels sont, dans la série, les noms qui désignent des métaux et les noms qui désignent des minéraux.
L'ordre est le suivant: 1) L'Or, auquel se rattachent 2) l'Électrum, 3) l'Argent; ensuite quatre corps, 4) x^sbet, 5) mâfek, 6) xofnt et 7) menj que nous devrons chercher à identifier, et enfin 8j laht, qui représente le Plomb sans aucun doute. De plus on nomme de temps en temps tehen et tehaset, que nous devons reconnaître pour des métaux. Cet ordre se trouve aussi bien sur les monuments des dynasties Thébaines, que sur ceux de toutes les époques jusqu'au temps des Romains. Dans les annales des campagnes de Thoutmosis III à Kamak, on rencontre souvent parmi les tributs des listes de ces substances précieuses, rangées d'après leur poids ou leur nombre. A sa première campagne, qui répond à la XXIII"^"*® année de son règne, il reçoit des Rotennou (Assyriens) de l'argent, de l'or, du Xesbet, du mâfek^] dans sa V*^"® campagne du pays de T'ahi, la Syrie, de l'argent, de
1) Sous Thoutmosis III. Aus^w. XII, 3, 31. Bruqsgh, Rec. I, 26, 3.
2) DûM. Rec. IV. 71, 1. 2. TÏ, 1. 2. 75, 1. 5.
3) DeDkm. III. 32, 24.
Xesbet. 1 9
Vor, du xesbet^ du mâfek^ et des ustensiles de meny et, dans la même XXIX*^"^ année^ du Xomt^ et du plomb. Dans la IX»^"® campagne (XXXI V**"® année] du xomt et du plomb. Dans le même endroit (ligne 35) se suivent le x^>^^ et le plomb, le x^^^^^j ^^^^ ri voire. Dans une autre inscription du même roi^, où sont énumérés les présents faits à Ammon, on rencontre la suite complète : or, argent, x^^^^^y màfek^ ;ifom/, men, plomb, couleurs et asmeru, et dans un autre endroit: argent, or, xesteb^ mâfek, La même série argent, or, x^^^^^> mafek , est donnée sous Tun des derniers rois de la XVIII**"® dynastie, Amontoutanx, tandis que sous Ramsès III, à Medinet Habou^, Tordre est comme il suit: argent, or, ;ifom/, x^^^^j mâfek; le x^^^^ ®t l^ mâfek sont placés par exception derrière le xo^^' Dans un autre passage, il n'y a que trois métaux mentionnés: argent, or et xomt*, et, dans un des tableaux^ qui accompagnent, on voit représentés trois paniers avec de Tor, du x^^^^i ^^ mâfek, et trois monceaux d'argent, de xomt et de plomb. Sur la stèle du roi Éthiopien Piânxi, un successeur de Taharka, on voit la série, argent, or, xesbet, mâfek, men et des pierres précieuses. Au temps des Ptolémées et des Romains, on nomme souvent des tributs de peuples soumis ^. Us se suivent toujours de même et les quatre premiers apportent: or, argent, ;fc«feô, mâfek. Parmi les nombreuses substances, dont on composait un corps sacré qu'on croit être le Kyphi, on nomme à Dendéra': or, argent, jfcsfei, mâfek du pays de Xal (Arabie) , mâfek en âr etc. ^, ou bien, argent, or, Xesteb, mâfek en ma, mâfek en morceaux. Les huit minéraux, qu'on mêlait pour préparer une autre substance sacrée, sont appelés à Edfou: Or, argent, x^^^f^ ^^ ^à, ;(^n^m en ma, neèemem en ma, fnâfek en ma, hertes eti ma. Nous tâcherons de déterminer plus tard ce que veulent dire ma et âr. Les quatre prophètes à Dendéra portent chacun un encensoir, le premier en or et en argent, le second en x^^^^^j 1® troisième en mâfek et le quatrième en tehen^.
Il suit de ces citations, que l'or et l'argent se disputent la première place, et que, dans les temps anciens, l'argent se trouve souvent le premier. Parmi les autres métaux, le xomt, qui d'ordinaire prend place derrière le xesbet et le mâfek, les précède quelquefois. Le men apparaît plus rarement, et, quand il est mentionné, c'est seulement à la fin de la série.
Nous allons prouver maintenant que les deux noms x^^^f^ et mâfek ne désignent pas des métaux, mais bien des minéraux de nature différente. Les deux sont intimement liés. Ils apparaissent presque partout ensemble, et sont cités, ou bien immédiatement l'un après l'autre, ou bien de telle manière qu'on dit des choses semblables au sujet de chacun d'eux. On ne trouve pas de grands objets en xe^ôe^ et en mâfek, comme on .en trouve en métal ou en granit. D'autre part ;ue«<eô et mâfek servent souvent de couleurs. C'est pourquoi ils sont personifiés sous forme de déesses, et désignent Hathor, Aphrodite, «celle qui a beaucoup de couleurs» ^^. Enfin tous les métaux sans exception sont du genre mas-
1) Auswahl XII. 3. 6. 2) Denkm. m. 30 b, 10.
3) DÛM. Hist. Inschr. 33, 8. 4) Ibid. 33, 1. 5) Ibid. 34.
6) A Edfou, DuM. Rec. IV. 63. 66. 69; à PhiUe, 64; à Dendera, 71. 73. 75.
7) DùM., Rec. IV. 26. 139.
8) DûM. Rec. IV. 9. 9) Id. Kal. Inschr. 82. 83. 100. 109. 113.
10) Un des nombreux noms d'Hathor à Dendéra, ^^Yh l
20 Xesbet.
ealin, oomme en Copte m noyky Tor; ni ^«.t, Targmt; iu fOA&^, le cmyre; m àcmni, le fer ; iu ^p^n, Tétain ; ni ^^2r^j le plomb ; tandis que le x^^f^^t et le mctfek amit du genre féminin. De même en Grec, oft les métaux sont du genre masculin et les pierres pour la plupart du genre féminin. La preuve de ces assertions résultera d'un exaaien approfondi des deux substances.
aiit^Eipoç, xiiavo;; sapphirus (cyanus), caeruleum; le lapis lazuli et le bleu d'outre-mer;
l'oxyde bleu de cuivre; les émaux bleus et la couleur qu'on en fabrique; Témail à base
de cobalt, le bleu de cobalt; Fémail à base de cuivre, et le sulfate de cuivre bleu.
Aux temps anciens le nom s'écrit © fl b ^^^^ S B ^^^^ \ et aussi U^^ ^
Xe»bef; pourtant on trouve déjà c:^> j* x^H^^- Dans le Livre des Morts de Turin
on trouve Tune^ de ces formes aussi souvent que l'autre^. Aux temps des Ptolémées et des Romains, on ne trouve au contraire que ;fe«feô i^» ° '' ^=^^ J ° *' ^^®^ ^^^
variantes c:i=f::>^^o «, ^^^^Ï5^*®» ^jlS** ®* ^PÂ^*' ^^® ^**® dernière on
exprime la dernière syllabe t^b par un seul signe A . On a souvent voulu voir dans les
formes x^^^^^ ^^ x^^^^ ^^ arrangement dû au caprice des scribes, qui, dans les premiers tempSy apportaient plus de soin à l'ordonnance des signes qu'ils ne firent aux époques postérieures. Des passages comme Dumichën, Inscript. Hist. 32, sous Ramsès III, où les signes sont rangés un à un comme il suit: on Uej^rrsoiii, et l'orthographe hiératique ^^
du mot qui donne aussi jt^«ie^ y , nous prouvent que la lecture ordinaire est
bien x^^^^^ V^^^ ^^^ anciens temps. Il n'est pas moins certain qu'on devait écrire x^^^f^ aux temps des Grecs. La lecture primitive x^^f^^ ressort aussi de la forme Ghaldéenne d'où est pris sans doute le mot Égyptien; c'était, d'après Oppert, nxn et MXn x*^ et yias^^^' ^^^^ ^^^ derniers temps , on désigna la substance d'après la méthode alors
en vogue, par des combinaisons de signes et des mots nouveaux comme C^/u ^* et
a n q o »» rept
1) Answahl XII, passim; Denkm III. 30. 32.
2) DiJM. Hist. Inschr. 31. 32. 3) DûM. Hist. Inschr. 34.
4) Denkm. III. 32, 32. 32, 34. 31, 5; DÛM. Hist. Inschr. 28. 29.
7) DiJM. Rec. IV. 71, 4. 73, 4. 75, 2.
8) DûM. Tempel-Inschr. I. 7 c. 9) Id. Rec. IV. 25. 149. 10) DuM. Rec. IV. 73, 4. 11) Id. Rec. IV. 64, 4.
12) DûM. Tempel-Insohr. I. 109, 6. Rec. IV. 63, 5.
13) Select Pap. of the Brit. Mus. pi. 24, 2: ® 1)^^^^° .
14) DÛM. Rec. IV. 63, 5. 64, 4. 66, 6.
15) Mariette, Dendéra I. 71, 4.
Xesbet. 2 1
Une des variantes porte ponr déterminatif, en plus des trois grains, la pierre a , qui ne se trouve jamais derrière les métaux , mais seulement derrière les pierres. Le mot est mis au féminin dans un des papyrus hiératiques Sallier et la locution
J -<2>- q q <=i , <i%e8het artificiel», doit être prise au féminin.
La substance est de couleur bleue^ comme il ressort du tableau trouvé dans un tombeau de Qoumah et daté du règne de Thoutmosis m, tableau reproduit en couleurs par HosKiNsS publié en noir par Wilkinson^ et décrit par Champollion 3. Dans le deuxième registre supérieur il y a, parmi d^autres objets précieux, un panier plein d^une masse bleue,
Champollion dit , une corbeille pleine d'une matière bleu de ciel U : il pouvait
donc encore lire cette inscription qui ne paraît pas dans les autres copies. Des corbeilles chargées de la même masse bleue en morceaux sphériques sont réprésentées dans un 'tombeau de Qournet Mauraï à Thèbes, du temps du roi Toutanxamon; on les a reproduites en couleur dans les Denkmàler de Texpédition Prusûenne. A côté, sont des vases en or et en argent, des corbeilles pleines d'une masse rouge; Tinscription raconte que les différents peuples apportent un tribut d'argent, d'or, de xesbet et de mafek. Le xesbet est mentionné fréquemment comme couleur, la couleur bleue. Dans le Todtenbuch (CLXV; 12), on dit de la figure d'une divinité complexe que son corps est:
jlc^> o ^ Awww ^^^. A H M R]^ ° x^P^^ ^^ ^^ ;|re«fei ht mu en gomi, «un scarabée peint en x^^^^ dissout et dilué dans l'eau de Komi (gomme)», c'est-à-dire, peint en bleu. La clausule du ch. LXIV dit (1. 31.) que ce texte a été trouvé jadis sur une brique de la pierre kes, peut-être l'albâtre, peinte en x^^^^t- D^us les inscriptions de Dendéra^, on mentionne un oo wi> êt^y ^^^^ bague de la couleur
du x^4e<», et 5 ë^^aen^^^ è»° P , «son sceptre sexet, dont la couleur est celle du vrai ;f««6«^».
On faisait en jre^i^^ une quantité d'amulettes et de parures. Dans un papyrus funéraire qui appartient à Mr. Busca, on a intercalé après le chapitre 155 un autre chapitre intitulé: | uaa/vs/vn y o , «Chapitre de l'amulette tet en jf^^ie^». Dans le papyrus
de Nex(ouamon au Musée de Berlin, le titre du chapitre 26 se lit comme il suit : i ^
U O , «Le chapitre du coeur de xesbeU, Plus souvent on mentionne l'amulette uta
^Ul Ch. .40 1. ,i: ^i^=^T^-»J§P^>^B§T8^.
«oeil de vrai x^^^^^ ou de hemakay>^; à Dendéra^^ un oeil en vrai x^^^i ^^i quelques mots
1) Travels in Ethiopia, PI. pour la page 330. 2) Mann, and Cust. vol. L pi. IV.
3) Notices, T. I, p. 506. 4) DOmiohbn, Rec. IV. 25, 145. 5) Ibid. 22, 127.
6) Le texte de Tarin lit mak, et je n'ai pas sous la main d'autres textes pour faire une comparaison. Mais vraisemblablement il faut lire hemak, ^ 1 1 à la place de r *^ i . On mentionne souvent la pierre hemak, v. Dûm. Rec. IV. 9, 49. 24, 147. 63, 15. 70, 10. et dans le tombeau Thébain du temps de Thoutmosis III mentionné plus haut. Chez Hoskins, p. 330, les peuples du Sud apportent du
T^ ^ ^^ couleur rouge: ce ne peut donc être la malachite, comme le propose Chabas (Mélanges II. 198). Champollion (Gramm. p. 40.) traduit gemme rouge sombre, (comp. Not, T. I, p. 508, où il faut lire ^^ à la place de ^ j . C'était peut-être le jaspe rouge , pierre qui servait & fabriquer des amulettes. 7) Dûm. Rec. IV. 9, 53a.
22 Xesbet.
auparavant^ un UOÇI^ o B , «un tet de vrai jfe^Jc^». Au même endroit * «& Xo
et plus loin 2, v^ 1 *^ <=>^|^ © ^o, «deux colliers avec fleurs (gpHpe) de Xeshetn. Dans le butin que Thoutmosis III enleva à Anaukasa^ dans sa Xni^*"^ expédition, se trouve aussi mentionné un collier de vrai xeshet c-'^J v^ I /^ip\ ;
à Dendéra*, un collier en vrai xesbet: W t^zz: ^^^^^^ àr-x^x ^^ x^^^^^ ^ ^'^^ et, dans le conte d'Ënnà, composé sous le règne de Séthos H, le roi porte son grand collier de x^^^^^' Dans un autre endroit des Annales®, on mentionne une tête de bélier en vrai ;fe«6e^: ^ |i-m^i ii-j^ n ^^.^^ 1 ooo, sans doute comme une pièce de butin de
grosseur extraordinaire. A Dendéra', le deuxième des quatre prophètes porte, outre le
sistre en or et en argent, un petit ustensile MD travaillé en x^^^^^i tandis que celui du premier prophète était en or et en argent:
hop en-a-â en x^^^^ ^ ^ot xrfà en-a sexet shotep x^^teb. «J'ai porté le vase de ;t<?«^6i dans la main, j^ai porté le sistre qui réjouit la déesse bleue (Hathor)»;
-?^;iPnTWÎ-i1^
am-a sexet X'^f^ ^^'^ x^^^^^ s-àb-a senen m tot-td-a «Je saisis ce sistre, je m'empare du vase de jre^ôe/, et je fais offrande à l'image avec mes deux mains».
Sur la stèle de Piânxi au Barkal 1. 58 il est dit:
àn-nef htor em unam seseè em àbt seseh ente nub x^^sbef. «Il f amène un cheval^ de la main droite, et de la main gauche un sistre qui est d'or et de jt^^i^^)). Ici le manche et la figure de Hathor étaient sans doute incrustés de x^^^^^- Il en est de même, lorsque Séthos I consacre à Amon*ra une barque en or travaillée, c'est-à-dire incrustée, de ;|re«Je^,
ooo ^y^— Zl — H— -J ooo bari m nub bek em x^^^^t Dans les annales de Thoutmosis III *^, on nomme dans le butin des Assyriens, ^i^^
^^ ^^"^ TOv. i wk ^^"""^ j o 7 «ûîi bâton (?) en or orné richement [mot-à-mot,
1) DûM. Rec. IV. 4, 24a. 2) Id. ibid., 12, 69 a. 3) Denkm. lU. 31a, 5.
4) DÙM. Hist. Inschr. II. pi. 56.
5) Mariette, Rev. Arch. 1860. IL pi. 16, 25.
6) DE RouGÉ, Rev. Arch. 1852. p. 395.
7) DùM. Kal. Inschr. 100. 109. Comp. pi. 82, registre supérieur; Id., pi. 100.
8] DûM. Kal. Inschr. pi. 109. On aimait à exprimer la même idée par des mots différents : ici
t:3 = ^1^ = = ï::) pour a saisir, tenir dans la main».
9) Dans la représentation, le roi Nimrot tient aussi le cheval de la main gauche et le sistre de la main droite. 10} Champ. Gramm. p. 520.
11) Denkm. III. 32. 34. cf. bj^ic, maqelt baculits, pedum.
Xesbet. 23
saturé) de %esbetn. A Edfou ^ : jv i T ^"^ @ ^ o ; «des vases en or sur du xe8teby>. «Ôr sur x^steh) semble désigner le x^^^^^ doré, comme plus haut, «or sur argent» est l'argent doré; par le fait, le musée de Berlin possède un gros scarabée de lapis lazuli faux qui porte encore des traces de dorure, item, une boucle d'argent doré.
On pesait le x^^^^ comme l'or et l'argent par ten, un poids que nous avons évalué à peu près à 91 grammes ou 5Y2 ^oth. Nous trouvons dans le butin de Thoutmosis m 2 \\0 ten de x^^^^^y c'est-à-dire plus de vingt livres, et, dans un autre endroit 3, 24 ten de ;|re«ie^ artificiel, plus de quatre livres. On mentionne aussi certains blocs isolés ; ainsi dans les annales^:
J nc=±î=. □ nn i un 1 i-h— J 000 J J 1 ^^
A^/WNA/
«vrai x^^^^^f ^^ gros bloc pesant 20 ten9 ket; vrai ;fe*ic/, 2 blocs: total 3; x^«ie< écrasé, 30 tew, en tout 50 ten et 9 ket: excellent xesbet de Babylone, 3 hetet». Ici la première grande pierre pesait à elle seule 22 ^e;» ou 4 livres ; les deux autres plus petites pesaient avec une quantité de xesbet pilé 35 ten ou 5 livres et 72-
De tout cela, il ressort clairement que le x^^^^^ n'était pas un métal, mais une pierre. Le genre du nom nous conduit à ce résultat, de même que la couleur bleue, car il n'y a aucun métal bleu, si nous en exceptons Tacier trempé que les anciens ne connaissaient pas; an même résultat nous conduisent les nombreux amulettes qu'on avait coutume de travailler en pierre et non en métal, enfin les gros blocs qu'on pèse, et qu'on appelle sans scrupule àner, pierre. Parmi les pierres, nous ne pouvons songer qu'au lapis lazuli, dont la belle couleur bleue a été beaucoup appréciée de tous temps. Les autres auxquelles on aurait pu penser, comme le saphir, la cyanite, la turquoise, sont trop petites pour servir de matière colorante, et ne se trouvent pas sous forme d'amulettes dans nos musées Égyptiens, tandis que le lapis lazuli se rencontre très-fréquemment. Rien qu'à Berlin nous possédons près de cent objets de cette matière. Du reste aucune des autres pierres ne se présente en masses de plusieurs livres, comme nous l'avons vu mentionné au sujet du jr^sJc/. Quenstedt n'a donc pas raison, lorsqu'il veut reconnaître dans le x^^^^^ des anciens notre saphir à nous. Le x^^f^^^ désignait, non seulement le lapis lazuli, mais encore d'autres substances. Nous trouvons le vrai jre^ie/, Xesbet-mà mentionné à part; il y avait donc un autre x^^^^^ artificiel. On doit l'entendre souvent ainsi, lorqu'il est fait mention de x^^^^^ ^out court, et de plus nous avons un passage des annales de Thoutmosis m dans lequel le x^^^^^ artificiel est opposé expressément au x^^^^^ naturel*:
Jl 000 ni 1 J oooH^il n 1111 I J 000 J JVci^^/i
xesbet ma ten jfe«6e^ àrit ten 24 x^^^^t Bebelo
a Vrai x^sàet ten ; ;|resie/ artificiel, 24 ten; xesbet de Babylone. . . .»
Il y a ici trois espèces distinctes.
1) DûM. Tempel-Inschr. I. 76, 1.
2) Auswahl XU. 35. 3) Ibid. 1. 25.
4) Denkm. III. 32, 32. 5) Answahl XII. 25.
^4 X£6r9ET.
Nous trouvons aussi des diffërences notables dans la forme du x^^^^^ figuré sur les peintures murales. On le représente en corbeilles, en bourses, en blocs longs quadrangulaires , placés en couches régulières, semblables à des briques. Le x^^^^^ ^^ ^^^^ beilles est peint bleu et le nom écrit au dessus; cette forme est la plus fréquente ^ C'est en tas que le ;f^5ft«<-mâ, le vrai x^^^^^ est représenté à Medinet-Habou^. Nous devons en c^iclure avec sûreté, que ce sont les morceaux bruts du vrai lapis lazuli, qui paraissent ici rassemblés en monceaux , et que le x^^^^^ figuré de la sorte est toujours du vrai lapis, quand même le mot ma, viendrait à manquer.
Ces morceaux étaient travaillés en petits objets, scarabées, yeux et autres amulettes ou bien en cylindres et en perles pour colliers et pectoraux; souvent on les réduisait en tout petits fragments, d'où Ton éliminait les petites parcelles blanches pour pulvériser la masse bleue restante et en former une couleur, notre vrai bleu d'outre-mer. Pour faire face aux nécessités du commerce et de l'exportation, comme pour conserver cette couleur dans les trésors, on ne se i^ervait pas sans doute de la masse pulvérisée: c'était les morceaux bruts, dont les plus gros avaient une valeur considérable, qui étaient destinés à fabriquer la couleur. Les uns sont représentés en morceaux, les autres remplissaient les bourses que nous voyons dans le trésor de Ramsès III^ à côté des tas de Xesbet et de bourses tout à fait différentes qui renfermaient de l'or, d'après l'étiquette. Les bourses d'or ne contenaient pas non plus des pépites, mais plutôt de la poussière d'or, c'est-à-dire, de l'or en petits morceaux plats, tels qu'on les sépare par le lavage du sable des fleuves et des ruisseaux, ce que les Arabes du haut Nil appellent aujourd'hui Tibber, ou bien encore l'or des mines, écrasé et sépara de sa gangue, mais non encore purifié par la fusion. C'est ce qu'on sait par les inscriptions des bourses. Cette forme amoindrie, mais nop encore pulvérisée, du lapis lazuli est sans doute celle qu'on appelait plus haut qenqemtj car ^ t^^^^^x^^ signifie «mettre en pièces, piler»; on s'en sert deux colonnes plus bas en parlant de l'argent, qu'on trouvait pur aussi, et qu'on traitait comme l'or. Dans ce dernier passage, le mot est conservé en son entier; auprès du x^^^^^ îl est à moitié détruit, mais peut être rétabli avec certitude.
Il reste encore à expliquer la troisième forme du ;f««ie^, la forme en briques, qui est aussi représentée dans le trésors de Ramsès III ^. Nous avons déjà mentionné plus haut qu'on trouve aussi les métaux précieux sous forme de plaques^; mais ces plaques sont tantôt plus minces et élonguées, tantôt en forme de briques comme le x^^^^^- ^^'^ les métaux cette forme se comprend aisément, car c'est celle qu'on leur donne à la fonte. L'argent, le cuivre et le plomb apparaissent (PI. 34) en plaques plus grandes et plus minces qu'on appuie les unes sur les autres ; d'autres plaques du même genre sans inscription sont peut-être des plaques d'or. Pour donner au lapis lazuli cette forme de carré régulier qu'on obtient par la fusion, ou, comme c'est le cas pour les briques du Nil,
1) Denkm. m. 115. 117. 118. Hoskins p. 330. 334.
2) DûM. Hist. Inschr. 34.
3) DûM. Hist. Inschr. 32.
4) Bruosch, Dict. p. 1463.
5) DûM. Hist. Inschr. 32.
6) Hoskins p. 330 pi. ; Ghaiip. Notices, T. I. p. 507. 50b.
Xeêebet.
en comprimant la terre hnmide, mais qu'on ne pent imposer à nne pierre, il aurait fallu tailler la substance comme un bloc de granit , ce qui aurait été absurde, s'il s'agit réellement d'une pierre aussi précieuse et aussi menue que le lapis lazuli,
S11 est impossible de reconnaître sous cette forme le vrai lapis , nous devons y voir une espèce de xesbet artificiel, et tâcher de déterminer avant tout de quoi était faite cette substance, comment on la préparait et à quoi elle servait.
Les inscriptions et le^ peintures ne nous apprennent rien à ce sujet, sinon que le xesbet artificiel est mentionné de bonne heure, sous Thoutmosis III, en forme de briques; nous devons donc analyser les substances analogues au lapis lazuli que nos musées contiennent, c'est-à-dire les verres bleus et la couleur bleue dont se seiTaient les peintres anciens. C'est ce que j'ai fait, dans les limites que me permettaient les échantillons que j'avais à ma disposition, et avec l'aide de mes collègues compétents. Voici quels résultats j'ai obtenus.
Les verres bleus se trouvent en quantité , plus ou moins transparents ou opaques ; cinquante objets de terre cuite ou de pierre appropriée à cet usage sont revêtus d'une couverte vitreuse: les nuances partent du bleu le plus foncé pour arriver au plus bel azur de la turquoise orientale. Plusieurs essais au chalumeau faits avec le borax par Mr. le Dr. Hertzog donnèrent des résultats certains ; la flamme devint blea-verdâtre , la perle prit une teinte bleue tirant sur le vert et tourna au rouge lorsqu'on y ajouta un peu d'étain: ainsi la plus grande partie des verres bleus contenait du cuivre comme base de coloration. Au Musée de Berlin, il y a de la poudre bleue évidemment detinée à la peinture et qu'on a trouvée sur une coupe dans un tombeau Égyptien. L'analyse de Mr. Vauquelin, publiée dans le Catalogue de la cellection Passalacqua *, se trouve confirmée pour tous les termes importants par la suivante que je dois à Mr. le Prof. Kamkelsberg.
Vauquelin. Rammelsberg .
Silice 70 Silice 70,5
Chaux 9 Chaux 8,53
Oxyde de cuivre ... 15 Oxyde de cuivre . . 13,00
Oxyde de fer ... . 1 Oxyde de fer . . , . 3,71
Soude mêlée de potasse . 4 Magnésie 4,18
Ici encore le cuivre est la base de coloration. Enfin l'analyse au chalumeau des couleurs bleues des peintures enlevées aux monuments 4n haut et du bas Empire, a prouvé que les plus claires et les plus foncées contenaient du cuivre comme base de coloration.
Les couleurs analysées avaient été appliquées à couches larges et épaisses: on ne put analyser la couleur des objets plus petits et plus précieux. Il n'y a donc rien qui nous empêche d'admettre qu'on se servît pour eux, de la couleur infiniment plus précieuse du lapis lazuli réduit en poudre fine. Il y a cependant intérêt à savoir que,
1) CaUlogoe raisonné. 1S26. p. 239.
26 Xesbet.
parmi les verres bleas, on en a trouvé plusieurs qui contenaient à n'en point douter du cobalt comme base de coloration.
On^ avait coutume de refuser aux anciens toute connaissance du cobalt, et le savant Joh. Beckmann, dont l'autorité est si grande, avait cru pouvoir le prouver expressément^. On connaissait le cobalt et Ton s'en servait pour donner au verre une belle coloration bleue, qui approche de très -près celle du lapis lazuli. Les analyses d'un certain nombre de verres conservés au Musée de Berlin ont pis ce fait hors de doute.
Un petit amulette quadrangulaire de bon style antique, qu'on dit être de vrai lapis lazuli dans le Catalogue Passalacqua 3, et qui porte, d'un côté les signes I^^, de l'autre un chat posé sur le signe de l'or, a été reconnu pour être un verre bleu foncé, coloré par le cobalt; l'analyse en a été faite au chalumeau en ma présence. Une perle de verre, longue d'à peu près un pouce et demi, et qui appartient à un collier de perles semblables de couleurs très-différentes, fut analysée quantitativement par MM. Clëmm et Jehn dans le laboratoire de Mr. le Professeur Hofmann, et donna les résultats suivants:
Silice
Oxydule de cobalt
Terre glaise . .
Oxyde de fer . .
Chaux ....
Magnésie . . .
Soude ....
Potasse ....
Total
l€i encore le cobalt est la substance colorante. Les autres éléments ne sont pas indispensables à la production du verre et proviennent sans doute de mélanges accidentels. Une grande perle d'un bleu un peu clair, longue de 0.'°046, et large au milieu de 0.^032, rapportée par l'Expédition Prussienne, fut analysée par Mr. Clemm et donna les résultats suivants^:
1) QuENSTBDT, Haodb. der Minéralogie. Mais c'est Mr. Davy qui doit l'avoir trouvé, comme le dit RosELLiNi (Mon. Civ. vol. IL p. 194).
2) Beitrage zur Geschichte der Erfindungen. 3iôme yol. p. 204 et suiv.
3) p. 15. Nr. 267.
4) Voici la note de Mr. Hofmann : «On ne peut pas douter que le cobalt ait été mélangé au verre sous forme d'un minerai de cobalt quelconque. On ne peut déterminer quel a été ce minerai. Tous les éléments qui auraient pu entrer dans la composition du verre avec le cobalt sont souvent contenus dans les matières premières de l'acide silicique, la chaux, la potasse et la soude. Il est intéressant de savoir que la grande perle contenait du plomb. Un élément rare dans la composition du verre est l'oxyde d'étain. Le nickel est un des éléments les plus ordinaires des minerais de cobalt; on n'a pu en trouver aucune trace, ni dans Tune, ni dans l'autre des perles.»
Xesbet. 27
Saîce 67.07o/o
Oxydule de cobalt 0.95
Terre glaise 1.24
Oxyde de fer 4.91
Chaux 5.61
Magnésie 0.91
Soude 2.11
Potasse 12.15
Oxyde de manganèse . . 1.37
Oxyde d'étain 0.58
Oxyde de plomb .... 3.66
Total 100.56.
Cette analyse contient trois éléments qui manquent à la précédente, les oxydes de manganèse S d'étain et de plomb. L'analyse a fait trouver du cobalt dans un scarabée plat et long d'à peu près un pouce et demi; il n'est pas percé, mais soudé à un support et faisait partie d'un amulette plus grand dont il formait évidemment le milieu. On en a rencontré aussi dans les perles bleu foncé, petites et grandes, qui composaient un collier trouvé par Ferlini dans une pyramide & Méroé avec les autres trésors d'une reine Éthiopienne^. Un tout petit lion couché, d'un travail admirable, a tout à fait la couleur qui indique un mélange de cobalt. Une petite figure de momie, revêtue de porcelaine blanche avec des hiéroglyphes violets ^, fut aussi analysée qualitativement, et donna pour l'émaillure blanche les éléments suivants^: Silice, oxyde de fer, terre glaise, chaux, magnésie, potasse, soude. La couleur violette des hiéroglyphes était produite par le manganèse. On savait par quelques passages de Pline ^ que le manganèse avait été connu des anciens ; ils le confondaient avec la pierre de fer, magnes, à cause de la ressemblance. On pouvait supposer qu'ils s'en servaient pour teindre le verre en violet, mais on n'en avait encore aucune preuve certaine.
Ces analyses des matières qui pouvaient, ou bien être rassemblées sous le nom de Xeshet artificiel, ou bien renfermer la substance à laquelle on donnait ce nom, ne sont
1) RussEGOER, Voyage dans la basse Egypte, dans la péninsule du Sinai etc. 1847. p. 225 ff. trouva dans le Ouadi Nasb en des constructions antiques le fer en combinaison avec des oxydes de Manganèse.
2) Je les ai achetés à Londres pour le Musée de Berlin; ce sont les seuls bijoux Éthiopiens connus jusqu'à présent.
3) Nom de la femme (j