‹ Les métaux dans les inscriptions égyptiennesChapitre 11 sur 121 · STD UNIES · texte numérisé non relu

STD UNIES

Je connais cet arbre en mafek.

Dans un autre endroit? on parle d’un bassin d'eau couleur mafek. Je ne trouve mentionnés nulle part des amulettes de mafek; pourtant, il entre dans l’ornementation d'une harpe, faite d'argent, d'or, de yesbet, de mafek, et de toute sorte de pierres précieuses 3. |

Champollion prenait le mafek pour le cuivre et

la série habituelle, 1[ croyait devoir trouver le fer avant le plomb, et le cuivre avant le

fer. Ce qui semblait confirmer son opinion, c'est que la déesse locale dn Sinai, Hathor, 086 appelée, sur les roches de 000008 Mughara, sur les stèles de Sarbout el yadem*, et même, dans les inscriptions postérieures de Dendéra, maîtresse du mafek, et dame des pays à Mafek5: on sait que la péninsule renferme beaucoup de cuivre et beaucoup d'anciennes mines de cuivre. |

Mais, quand un Anglais, le major MACDONALD, trouva dans le Maghara, sur les murailles des grottes, de petites turquoises engagées dans le grès, BRUGSCHS crut que les anciens Égyptiens avaient exploité la turquoise en ce lieu, et traduisit mafek par turquoise. GENSLER? à essayé depuis de réfuter cette opinion. Il fait ressortir que MacDponALD lui-même décrit les très-petites turquoises qu’il avait trouvées dans le זו‎ Maghara, comme étant à peu près sans usage: elles se décolorent après un court espace de temps. Il dit aussi que les vraies turquoises se trouvent, non pas dans le grès, mais dans l’ardoise à base de silice.

A ces raisons s’en ajoutent d’autres. Si on avait exploité la turquoise dans la péninsule avec assez de suite pour qu'il devint nécessaire d'envoycr des colonies d'Égypte dans ce désert, et cela, pendant de longs siècles, sous l’ancien Empire, depuis la IVièe jusqu'à la XITièv dynastie, et sous le nouvel Empire, peudant toute la durée des grandes dynasties Thébaines, où sont donc passées toutes les pierres précieuses qu'on a dû en retirer? Ni le musée de Berlin, ni le musée Britannique ne possèdent d'objets en turquoise, et, s’il s'en trouve dans d’autres musées, ce ne doit être qu’en bien petite quantité. La turquoise, qui meurt si vite, n'aurait eu aucune valeur pour les anciens Égyptiens, qui prêtaient une grande importance à la durée de leurs couleurs. Du reste, la vraie turquoise, la seule qui soit estimée, est bleue; la couleur du mafek est le vert, et toutes les teintes bleues se rassemblent sous le nom de yesbet, xvavos.

Quand GENSLER cherche à prouver que m#afek désigne le cuivre métallique ou le bronze, et revient ainsi à l'opinion de CHAMPOLLION, je ne puis m'associer à lui. Le mafek n'était pas un métal, mais une pierre ou un minerai: il prend de temps en temps

pour le fer, parce que, dans

1) Todtb. c. 109, 3. 2) c. 39, 13. 3) BruGscH, Rec. IL 26, 3.

4) Denkn. IL. 137. 5) .אטכ‎ Rec. IV. 34,3 a.

6) Wanderung nach den Türkisminen und der Sinai-Halbinsel. Leipz. 1866, p. 66 et suiv. 7) Aeg. Zeïitschr. 1870, p. 137 ff.

MArFEK. 37

le déterminatif de la pierre om, n'est pas, comme les métaux, de genre masculin, mais de genre féminin, et correspond cncore au yesbet dans ces deux points. Il ressemble aussi au xesbef en ce qu’il désigne souvent une couleur, le vert. Hathor n'est pas seulement appelée «celle à couleur de yesteb» mais aussi «celle à couleur de mafek» ne 1 % Ur Il est encore dit + an ה וו י‎

est en fête (brillant), la terre est réjouie (verdissante}», ou bien encore . KT O = 0 ₪--

RS : 4, «le ciel est brillant (jaune), la terre est en joie (verte)». En effet, Hathor

est souvent représentée en bleu, mais encore plus souvent en vert. Une belle tête d'Hathor revêtue d'un émail vert 86 trouve au British Museum :. Comme pour le xesbet, il y a un mafek vrai. A Dendéra‘, on mentionne sous

, de ciel

. . , . . |] . . >< EE un titre commun [68 huit minéraux précieux qu'on connaissait alors: 2ב‎ >< | ב‎ D <= / AAAARA

Te dat neb em ma m ran sen, ‘les vrais minéraux précieux avec leurs noms» : AAA LEZ MMM . \ Per l'or, = [6 vrai 0080700070 ססס 1 ס סס ס‎ \ DD יי ס‎ .

La l'argent, . 0 == le vrai mafek sent, 0 06600 per, MAMA . שש‎ .

כ--0‎ [6 vrai yesbet, AT ב‎ le vrai fehen, D = 0 mm | 6990 —#— אצ‎ | 0 ב--2‎ Je vrai yenemen, == le vrai 4ertes.

Nous connaissons déjà le vrai yesbet et le vrai mafek. Les autres minéraux étaient aussi des pierres précieuses, car on n'imitait que celles-ci et non les métaux; on a d'ailleurs omis 2% en ma, vrai, derrière l'or et l’argent. Comme pour le lapis et pour lémeraude, on ne devait les imiter qu'au moyen d’un verre coloré. Nous trouvons en effet dans les musées d'autres verres que le bleu et le vert: toutes les couleurs de la palette Égyptienne sont représentées sous forme de perles, de petits amulettes ou d’incrustations. Un examen spécifique des pierres précieuses Égyptiennes fausses ou vraies et de leurs contrefaçons en verre présenterait beaucoup d'intérêt. Ce n’est pas ici le lieu d'y entrer explicitement; je remarquerai seulement que ces pierres appelées vraies semblent avoir donné leur nom aux couleurs principales.

Le yenem ou yenemem? était rouge. (C'est en rouge qu’on représente à Thèbes un

. . > 90 , monceau de ces pierres. Il porte l'inscription 17: et se trouve à côté de monceaux AAA

jaunes, bleus et verts, c'est à dire, d’or, de xesbet et de mafek. Il faut y reconnaitre l'avhpat de Théophraste, le carbunculus de PLINE et probablement notre rubis, la plus précieuse parmi les pierres connues des anciens. On mentionne certains amulettes

1) DÜümM. Tempel-Inschr. II. 18, 17.

2) Dendéra. 3) Bruascu, Dict. p. 604.

4) Düx. Hist. Inschr. II. 57 a.

5) Gallery of antiquities sel. from the British Museum. Plate 11. n° 34. p. 21.

6) .אטכ‎ Rec. IV. 7.

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