‹ Les métaux dans les inscriptions égyptiennesChapitre 15 sur 121 · MEN ET TEHSET · texte numérisé non relu

MEN ET TEHSET

| a COEUR D 0 2 ב‎ à *008 portes en bois de cédre entourées de bronze

d'Asie». C'est la même phrase qu'à Médinet-Habou, si on en excepte la mention de la provenance Asiatique.

18 12, 182, mm

et 1l= דד‎ = ₪ D, = tehäset, tehseti. tehset, mu henme, le fer, l'acier; 0/0050 ferrum.

D” Karnak, on trouve parmi les tributs hdi les. 000 MEN SE D 2

—$° à LE [ = | 15 9; «0, argent, lapis lazuli, émeraude, cuivre, men,

1 8 ססס ססס‎ plomb, couleurs et émeri». Le cuivre serait répété encore une fois derrière men, si on devait

prendre à la rigueur le deuxième déterminatif et conclure qu'il y a deux mots: ce n'est

pas le cas. Ailleurs il y a 1° 3 tout seul, ou 1. 9 4. Dans cette dernière ortho-

graphe, [ ne peut être que le déterminatif de men. "Si le scribe a placé les trois grains devant le déterminatif, c’est que la 811806 men avait trop de significations et gagnait à être déterminée trop plutôt que trop peu. Le pléonasme est commun: je l'ai rencontré deux fois dans ce groupe 5. | |

On fabriquait en ₪ 8 ustensiles AN oi , hunnu, que nous avons trouvés en métal précieux, mais plus rarement. On compte dans le butin de Thoutmosis IN 100 ת6/‎ d'argent, 100 ten d'or, «du yesbet, du mafek, des ustensiles de men», et, sous le même règne”, des boeufs, du mafek, des ustensiles de men; sous Menephthès®, argent, or, ustensiles de mes. Dans le temple d'Amada, sous Aménophis Il°, des ustensiles d'argent et de men; sous Taharka, à Thèbes, des tables à offrande en argent, en or et en men 19, sur la stèle de Praänchs, argent, ₪ 168066 men et toutes sortes de minéraux précieux.

On fabriquait ou on garnissait en partie de men certaines pièces d'armure, surtout les meses en er, (ll א‎ OA 1%, que je tiens pour les casques, -et dont le nom s'écrit tantôt

avec le déterminatif du cuir | 12, tantôt avec celui du cuivre [J'#, tantôt sans déter-

1) Denkm. 11]. 30 b. 10.

2; Bruasou, Rec. 1. 43, 10. donne à la place D . L'empreinte que je possède ne laisse

aucun doute sur la vraie lecture. DD ₪ paraît jamais comme de féminin. Le déterminatif de la pierre OO

C3 est une exception unique: il servait peut-être à distinguer [J idéogramme du déterminatif suivant ](. 3) Auswahl XII. 32. 40. 41. Denkm. III. 32, 26. 27. 658, 14. 30, 15. 32, 31. 31. 4) .אטע‎ 11186. Inscbr. I, 4, 36. II. 48a, 13. Stèle de Pianyi à Barkal 1. 57. e. 5) Auswahl XII. 3. Bruasca, Rec. II. 56.

6). Auswahl XII. 3. Cf. Denkm. III. 32, 31.

7) 2008011, Rec. II. 56,7. . 8) .אטע‎ Hist. Inschr. I. 4, 56. 9) Denkm. LI. 65a, 14. 10) Düx. Hist. Inschr. II. 488, 13. 11) Denkm. 111. 32, 26. 12) Ausw. XII. 41. Denkm. 11. 36.

13) Denkm. 111. 308, 15.

T'ERSET. | 53

minatif. Les casques. consistaient surtout en cuir recouvert de métal. Nous avons trouvé le même changement plus haut au sujet des cuirasses, 080, qui avaient la même composition. Un autre vêtement 1 ז‎ yenel, Î @ 1: qenru, dans lequel BRuGscH ! a

voulu reconnaître le Copte n. map, pellis, vestis pellicea, est déterminé souvent par le cuir dans les passages qu'il mentionne; dans la grande inscription de Karnak? on voit qu'il était fait de men et orné d'or. Enfin l’arme bien connue, אי‎ 2028, était de men. Dans un tombeau de Qournah3, on mentionne 360 yop£ de men.

Dans le butin le אא‎ ne se rencontre qu'avec la série déjà citée, travaillé, mais non pesé par {en et par (ob.

Il faut d’ailleurs remarquer que toutes les inscriptions que nous avons mentionnées au sujet du #en appartiennent aux bonnes époques. Les dernières sont de l'Éthiopien Taharka et du roi d'Éthiopie Pianyi.

Aux basses époques, nous rencontrons un groupe fehset, inconnu aux anciennes dynasties. C’est un substitut du vieux mot men, car il apparaît, tantôt avec le seul déterminatif des trois grains, tantôt avec celui du cuivre À. BRuGscH{ croyait à cause de cela qu'il était identique avec le métal 3) et lui donnait la prononciation fekest; mais, comme nous l'avons vu plus haut, le groupe Do et son phonétique gomt ne disparaissent pas sous les Grecs et se rencontrent fréquemment avec le fehest5.

Nous ne trouvons pas d’ustensiles et d'armes en tehdset, parce que les inscriptions n'y donnent pas lieu; mais on mentionne des serrüres de ce métal, des revêtements de portes et d’autres pièces semblables dans les temples.

On le tirait d'Asie? et surtout de EL: 8, Pers, la Perse € on: 9 14

en mas, l'île de 2408 15 (Chypre), et d'une localité LUES 11 Bektvt. On dit de cette

dernière, à Dendéra, 0% SSSR ETES 7 0 ||

ee Le‏ כ 20 7 כ € © ייא OSEO SNL AUTRE 27 me Butet (en‏ ות tehäset em rer-f em bà nu lo Sat er yeker heken nu à-u n 1-01 er ànhe (kera)‏ tun tehäset er terit-et. «Lui, le roi, t'apporte (à Hathor) le pays de Bektot, fourni de‏ tehäset dans 38 nature, des mines d’Asie, pour fabriquer les serrures des portes de ta‏ maison et pour encadrer tes armoires, apportant le éehäset à ta maison».‏

Si l’on reprend maintenant ce qui a été rassemblé au sujet des groupes men et . éehset, on pourra être tenté de prendre le métal ainsi désigné pour du cuivre ou du bronze. On est conduit à cétte conclusion par le déterminatif du cuivre, qui est toujours la partie la plus importante dans le bronze. Toutes les armes et tous les ustensiles que nous trouvons fabriqués en mer, ou bien sont aussi en cuivre, ou bien se prêtent à cette fabrication. Les meilleures espèces viennent d’Asie, et cela encore nous raméne au cuivre.

1) Dict. p. 1105. 2) Denkm. 11. 34. = 3) Bruascx, Dict. p. 1710. 4) Ibid. p. 1591. 5) Düx. Rec. IV. 67,8. Hist. Inschr. 56, col. I. 2 6) .אסכ‎ Rec. IV. 72, 10. 67,8. Hist. Inschr. II. 56. 7) Düx. Hist. -Inschr. I. 111,2. Rec. 74, 10. et a. 8) DÜüm. Rec. IV. 67, 6. 9) . Ibid.

10) Pour la prononciation, voir ,פידצמ,ז‎ Aegypt. Zeitschr. 1868 p. 48. 11) .אטע‎ Rec. IV. 76,11. Cf. 72, 10..74, 10.

Les nombreux objets en bronze qui nous ont été conservés par les tombeaux montrent qu'on connaissait de bonne heure l’alliage qui contient de 12 à 14°/, d'étain, mais qui présente de grandes variations de couleurs.

Nous n’en devons pas moins nous décider, ce me semble, à prendre men 60+) 1 non pas pour le bronze, mais pour le fer. Nous ne trouvons que peu d'objets en fer dans les tombeaux: ce qui s’est rencontré jusqu'à présent, ou bien est d'époque très-postérieure, ou bien laisse des doutes sur son origine ancienne. La raison principale en est sans doute que le fer 802766 dans l'air ou dans la terre, et disparaît au cours des siècles. 8 Égyptiens connaissaient le fer et s'en servaient beaucoup, cela ne fait pas l’objet d'un doute. Il ne faut pas oublier que, pendant des milliers d'années, l'Égypte appartint aux peuples les plus civilisés de l'Antiquité, si même elle n’a pas été à leur tête, et que toutes les inventions, si elles n'émanaient pas d'Égypte, lui parvenaient sur le champ à cause des relations qu'elle avait avec les autres pays: à peine faites, elles étaient exploitées par des artisans Égyptiens. Le progrès sérieux que fit la métallurgie par la découverte du fer pouvait très bien sortir d'Égypte, car la matière première se trouve répandue partout; et même, en Égypte, on a démontré l’existence d'au moins une ancienne mine de fert. Si la découverte est sortie d'un autre pays du vieux monde, elle fut aussitôt connue des Égyptiens, et le fer 1 importé chez eux des pays les plus éloignés, jusqu'à ce que loccasion de 16 fabriquer plus près se fût présentée. Le fer a été beaucoup employé par les Grecs: il est souvent nommé dans Homère. On le trempait dès lors en le plongeant dans l'eau froide, comme il ressort du récit de l’aveuglement de Polyphème?. De même pour la mention du 5772 6arzel dans l'Ancien testament: elle remonte aux livres de Moïse. Le fer du Nord, mentionné par Jérémie, était sans doute une espèce de qualité supérieure, peut-être de l’acier durci (XV, 12).

La vieille tradition, d'après laquelle le fer aurait été employé beaucoup plus tard que le cuivre, n’en a pas pour cela moins de probabilité; car le fer n’est jamais trouvé pur, et les procédés de purification et de fonte sont plus difficiles pour lui que pour le cuivre. Il se peut que le fer travaillé4 ait été plus estimé au début qu'il ne le fat plus tard: abstraction faite de ses autres qualités, il n'avait guère moins de valeur que le caivre chez les différents peuples anciens. On employait tantôt le fer, tantôt le cuivre, pour les mêmes objets, et surtout pour les armes de toute sorte. Chez les Israélites, les trésors du temple comprenaient, non seulement de l'or et de l'argent, mais aussi des ustensiles de cuivre et de fer‘. On donna, pour l'édification du temple de Salomon, de l'or, de l'argent, et cent mille talents de fer$; le fer servait pour les clous et les entourages de portes7, comme le fehäset dans les temples Égyptiens. La pointe de la lance de Goliath était en fer‘, tandis que son casque, sa cuirasse et son pectoral étaient de bronze.

Si les peuples environnants faisaient du fer un usage général à une époque aussi primitive, il est évident que pour 8 Égyptiens la chose s'est passée de même. Ce métal doit donc se rencontrer au cours des inscriptions dans une mesure proportionnée à son

1) WILKINSON, Manners and Customs III. 246. 2) Od. 9, 392. 3) Hésiode, Op. 151. 4) Hesek. 27, 19. 5) 10808 6, 19. 24.' 6) 1. Chron. 23, 14. 30, 7. 7) I. Chron. 23, 3. 8) I. Sam. 17, 7.

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