‹ Les métaux dans les inscriptions égyptiennesChapitre 6 sur 121 · LAS TRAITÉ DES MÉTAUX · texte numérisé non relu

LAS TRAITÉ DES MÉTAUX

l'argent! placé devant l'or. Cela se passe même dans des inscriptions modernes comme cœlles de Dendéra?, où on ne faisait plus que suivre les traditions anciennes. C'était surtout le cas en Éthiopie, et la richesse du pays en or rend le fait très-compréhensible; aussi sur les stèles du Barkal à Boulaq, l'interversion des deux métaux est-elle presque la règle. Il n'est nulle part question de mines d'argent dans les montagnes d'Égypte. Dans le butin des peuples du Sud, on nomme à peine l'argent, tandis que l'or est mentionné en grandes quantités. D'un autre côté nous avons prouvé plus haut, qu'on trouvait de grandes quantités d'électrum dans les pays à or du Sud, partant de l'argent aussi, quand on se donnait la peine de séparer les deux métaux. Dans les tombeaux de Thèbes, que nous avons déjà mentionnés souvent, ce sont surtout les Rotennou ou Assyriens et les Kefa de l'Ouest, qui apportent des vases en argent et du minerai d'argent brut sous des formes différentes. C'était donc dans leur pays que se trouvaient les mines d'argent les plus productives, et non pas au Sud on dans le pays de Pount, en Arabie. |

re הדח ייה יר‎ dE mn med eee

Nous avons examiné de prés les trois métaux nobles: l'or, l'électrum et l'argent. L'électrum était inconnu dans les inscriptions et les deux autres ont été établis plus scrupuleusement dans leur signification qu’on n'avait fait jusqu'à présent. Il faut que l'investigation suive pour le moment une autre marche. J'ai déjà dit que les Égyptiens avaient uu ordre constant dans lequel 118 rangeaient les produits minéraux les plus précieux. C'était le cas chez tous les anciens peuples, mais l'ordre Égyptien se distingue de tous les autres par un fait curieux: au milieu des métaux, qu'on à l'habitude de distinguer strictement des pierres, on voit apparaître au moins un minéral qui n’est pas un métal, mais que CHAMPOLLION avait déjà reconnu pour être 16 lapis lazuli, en Hiéroglyphes 06500. Un deuxième minéral, le mafek, que CHAMPOLLION croyait être le cuivre, a soulevé depuis des doutes fort sérieux, puis a reçu de nouveau la même acception. Nous devrons rechercher de plus près quels sont, dans la série, les noms qui désignent des métaux et les noms qui désignent des minéraux.

L'ordre est le suivant: 1) L'Or, anquel se rattachent 2) l'Électrum, 3) l’Argent: ensuite quatre Corps, 4) esbet, 5) mafek, 0( gomt et 7) men, que nous devrons chercher à identifier, et enfin 8) fuht, qui représente le Plomb sans aucun doute. De plus on nomme de temps en temps éehen et lehaset, que nous devons reconnaître pour des métaux. Cet ordre se trouve aussi bien sur les monuments des dynasties Thébaines, que sur ceux de toutes les époques jusqu'au temps des Romains. Dans les annales des campagnes de Thoutmosis 1 à Karnak, on rencontre souvent parmi les tributs des listes de ces substances précieuses, rangées d'après leur poids ou leur nombre. A sa première campagne, qui répond à la XXIITI® année de son règne, il reçoit des Rotennou (Assyriens) de l'argent, de l'or, du xesbet, du mafek*; dans sa Viôme campagne du pays de T'ahi, la Syrie, de l'argent, de

1) Sous T'houtmosis 111. Ausw. XII 3, 31. 2500808, Rec. I, 26, 3. 2) Düm. Rec. IV. 71,1. 2. 73, 1. 2. 75, 1.5.

3) Denkm. III. 32, 24.

LESBET. 19 l'or, du xesbet, du mafek, et des ustensiles de me, et, dans la même XXIX'è" année, du zomt! et du plomb. Dans ג[‎ IXiè" campagne (XXXIViè" année\ du yomt et du plomb. Dans le même endroit (ligne 35) se suivent le yomt et le plomb, 16 yesbet, enfin l'ivoire. Dans une autre inscription du même roi?, où sont énumérés les présents faits à Ammon, on rencontre la suite compléte: or, argent, Yesbet, mafek, yomt, men, plomb, couleurs et asmeru, et dans un autre endroit: argent, or, 466/00, mafek. La même série argent, or, xesteb, müfek, est donnée sous l'un des derniers rois de la XVIIFè"e dynastie, Amontoutany, tandis que sous Ramsès 111, à Medinet Habou, l'ordre est comme il suit: argent, or, xomt, 165/00 mafek; le yesteb et le mafek sont placés par exception derrière le yomt. Dans un autre passage, il n'y a que trois métaux mentionnés: argent, or et gomt1, et, dans un des tableaux qui accompagnent, on voit représentés trois paniers avec de l'or, du xesteb, du mafek, et trois monceaux d’argent, de yomt et de plomb. Sur la stéle du roi Éthiopien Pianyi, un successeur de Taharka, on voit la série, argent, or, xesbet, mafek, men et des pierres précieuses. Au temps des Ptolémées et des Romains, on nomme souvent des tributs de peuples soumis. Ils 86 suivent toujours de même et les quatre premiers apportent: or, argent, 208/60, mäfek. Parmi les nombreuses substances, dont on composait un corps sacré qu'on croit être le Kyphi, on nomme à Dendéra’: or, argent, 268400, mafek du pays de Xal (Arabie), mafek en ה‎ etc.f, ou bien. argent, or, 165060, mafek en ma, mafek en morceaux. Les huit minéraux, qu'on mêlait pour préparer une autre substance sacrée, sont appelés à Edfou: Or, argent, 108060 en ma, yenem en ,התד‎ neëemem en mü, mäfek en ma, hertes en ma. Nous tâcherons de déterminer plus tard ce que veulent dire m& ct 27. Les quatre prophètes à Dendéra portent chacun un encensoir, le premier en or et en argent, le second en 268068, le troisième en maäfek et le quatrième מס‎

Il suit de ces citations, que 107 et l'argent se disputent la première place, ct que, dans les temps anciens, l'argent se trouve souvent le premier. Parmi les autres métaux, 6 1omt, qui d'ordinaire prend place derrière le yesbet et 16 mafek, les précède quelquefois. Le men apparaît plus rarement, et, quand il est mentionné, c'est seulement à la fin de la série.

Nous allons prouver maintenant que les deux noms Yesteb et mafek ne désignent pas des métaux, mais bien des minéraux de nature différente. Les deux sont intimement liés. Ils apparaissent presque partout ensemble, et sont cités, ou bien immédiatement l’un aprés l'autre, ou bien de telle manière qu'on dit des choses semblables au sujet de chacun d'eux. On ne trouve pas de grands objets en xesbet et en mäfek, comme on en trouve en métal ou en granit. D'autre part yesteb et mafek servent souvent de couleurs. C'est pourquoi ils sont personifiés sous forme de déesses, et désignent Hathor, Aphrodite, «celle qui a beaucoup de couleurs»!t. Enfin tous les métaux sans exception sont du genre mas-

1) Auswabl XII. 3. 6. 2) Denkm. III. 30b, 10.

3; Dim. Hist. Inschr. 34, 8. . 4) Ibid. 33, 1. 5) Ibid. 34. 6: À Edfou, Düx. Rec. IV. 63. 66. 69; à Philae, 61; à Dendera, 71. 73. 75. 7, Düx., Rec. IV. 26. 139.

8) .אטכ‎ Rec. IV. 9. 9) Id. Kal. Inschr. 82. 83. 100. 109. 113. 10) Un des nombreux noms d'Hathor à Dendéra, ו‎ | = . | 6

20 LESBET.

culin, comme en Copte נח‎ noyh, l'or; נח‎ gas, l'argent; ni pour, lo cuivre; m $ennu, 0 fer; ns pan, l'étain; ms +3, le plomb; tandis que le Zesbef et le mafek sont du genre féminin. De même en Grec, où les métaux sont du genre masculin et les pierres pour la plupart du genre féminin. La preuve de ces assertions résultera d’un examen approfondi des deux substances.

|: cs

Jo00 + onnwetpos, xuavoc; Sapphirus (cyanus), caeruleum; le lapis lazuli et le bleu d'outre-mer; l'oxyde bleu de cuivre; les émaux bleus et la couleur qu'on en fabrique; l'émail à base

de cobalt, le bleu de cobalt; l'émail à base de cuivre, et le sulfate de cuivre bleu.

0 ]>= . 9 Aux temps anciens le nom s'écrit ₪ D 000 1, %[ 000 2, et aussi ה[‎ 3 xesbet; pourtant on trouve déjà . 5 = י[‎ 268/60. Dans le Livre des Morts de Turin

on trouve l'une de ces formes aussi souvent que l'autre? Aux temps des Ptolémées et des For on ne trouve au contraire que 707 ל‎ 5 7, ₪ DE 0 , avec les

variantes =: ÿ D" 0 IF et 1 À: à dans cette dernière on

exprime la dernière syllabe feb par un seul signe א‎ On a souvent voulu voir dans les formes yesbet et 68/05 un arrangement dû au caprice des scribes, qui, dans les premiers temps , apportaient plus de soin à l'ordonnance des signes qu'ils ne firent aux époques postérieures. Des passages comme DÜMIcHEN, Inscript. Hist. 32, sous Ramsëès 111, où les signes sont rangés un à un comme il suit: ₪ \ [== ווו ס‎ , et l'orthographe hiératique ?

du mot qui donne aussi yesbet . 1 - - nous prouvent que la lecture ordinaire est —+— Ce

bien yesbet pour les anciens temps. Il n’est pas moins certain qu'on devait écrire Yesteb aux temps des Grecs. La lecture primitive 26826/ ressort aussi de la forme Chaldéenne d'où est pris sans doute le mot Égyptien; c'était, d'aprés OPpErT, חצב‎ 6% Max לפ‎ et yasbat. Dans les derniers temps, on désigna la substance d’après la méthode alors

en vogue, par des combinaisons de signes et des mots nouveaux comme À 5 % ו‎ repi 0 2%

1) Auswahl XII, passim; Denkm 11]. 30. 32.

2) Düx. Hist. Inschr. 31. 32. 3) .אטכ‎ Hist. Inschr. 34.

4) Denkm. 111. 32, 32. 32, 34. 31,5, DÜüx. Hist. Inschr. 28. 29.

7) .אס‎ Rec. IV. 71,4. 73, 4. 2

8) .אטכ‎ Tempel-Inschr. I. 7c. 9) Id. Rec. IV. 25. 149.

10) .אטכ‎ Rec. IV. 73, +. 11) Id. Rec. IV. 64, 4

12, Düm. Tempel-Inschr. 1. 109,6. Rec. IV. 63, 5

13) Select Pap. of the Brit. Mus. pl. 24,2: © ב[‎ tu ae Mi

14) .אטע‎ Rec. IV. 63, 5. 64, 4. 66, 6.

15) MARIETTE, Dendéra I. 71, 4.

XESBET. . 1

Une des variantes porte pour déterminatif, en plus des trois grains, la pierre C3, qui ne se trouve jamais derrière les métaux, mais seulement derrière les pierres. Le mot est mis au féminin dans un des papyrus hiératiques SALLIER et la locution LIST 000 [ [ a, 6106500] artificiel», doit être prise au féminin.

La substance est de couleur bleue, comme il ressort du tableau trouvé dans un tombeau de Qournah et daté du règne de Thoutmosis 111, tableau reproduit en couleurs par פאזאפסון‎ !, publié en noir par WizKiINsON ? et décrit par CHAMPOLLION$. Dans le deuxième registre supérieur il y a, parmi d’autres objets précieux, un panier plein d’une masse bleue,

CHAMPOLLION dit, une corbeille pleine d'une matière bleu de ciel il pouvait

donc encore lire cette inscription qui ne paraît pas dans les autres Copies. “Des corbeilles chargées de la même masse bleue en morceaux sphériques sont réprésentées dans un tombeau de Qournet Mouraï à Thèbes, du temps du roi Toutanyamon; on les a reproduites en couleur dans les Demémäler de l'expédition Prussienne. A côté, sont des vases en or et en argent, des corbeilles pleines d’une masse rouge; l'inscription raconte que les différents peuples apportent un tribut d'argent, d'or, de yesbef et de mafek. Le 76856) est mentionné fréquemment comme couleur, la couleur bleue. Dans le Todtenbuch ICLXV, 12), on dit de la figure d'une divinité complexe que son corps est:

D SUR Ji AR JUTRRS 2er an om rent Hi me

en gomi, «un 80818066 peint en %esteb dissout et dilué dans l'eau de Æomt (gommei», c'est-à-dire, peint en bleu. La clausule du ch. LXIV dit )1. 31.) que ce texte 8 été trouvé jadis sur une brique de la pierre £es, peut-être l’albâtre, peinte en yesbef. Dans les in-

scriptions de Dendéra‘, on mentionne un 06 D ® 83; O, «une bague de la couleur

du zesbet», 5% NS K 2 9 0 Sep" , «SON on seeptre 80466 dont la couleur est celle du vrai 1080005.

On faisait en esbet une quantité d’amulettes et de parures. Dans un papyrus fanéraire qui appartient à Mr. BuscA, on à intercalé après le chapitre 155 un autre chapitre intitulé : Ti אאא‎ °F יי‎ , «Chapitre de l'amulette éeé en 7680005. Dans le papyrus

de Neytouamon au Musée de Berlin, le titre du chapitre 26 86 lit comme il suit: T Ÿ

AMNAAR‏ ששצצא/

® > [<- , «Le chapitre du coeur de xesben. es souvent on mentionne l’amulette wéa

de yesbet, ‘Ch. 140 L 11: SIS-e 5 = ]91 5 88%

«oeil de vrai 20806) ou de hemaka»®; à Dendéra?, 7, un oeil en vrai xesbet, et, quelques mots

1) Travels in Ethiopia, 21. pour la page 330. 2) Mann. and Cust. vol. I. pl. IV.

3) Notices, T. 1, p. 506. 4) Dümicuex, Rec. IV. 25, 145. 5) Ibid. 22, 127.

6) Le texte de Turin lit mak, et je n'ai pas sous la main d'autres textes pour faire une comparaison. Mais vraisemblablement il faut lire hemak, == à la place de <=. On mentionne souvent la pierre hemak. v. .אס‎ Rec. IV. 9, 49. 24, 147. 63, 15. 70, 10. et dans le tombeau Thébain du temps de Thoutmosis 11] mentionné plus haut. Chez Hosxixs, .כ‎ 330, les peuples du Sud apportent du

AN W 9 de couleur rouge: ce ne peut done être la malachite, comme le propose CHABAs (Mélanges 11. 198. CHAMPOLLION (Gramm. p. 40.) traduit gemme rouge sombre, (comp. Not., T. I, p. 508, où il faut lire K à la place de 9( C'était peut-être le jaspe rouge, pierre qui servait à fabriquer des amulettes. 71) .אסכ‎ Rec. IV. 9, 53a.

29 LESBET.

auparavant, un ו‎ 12 un (et de vrai zesbel-. Au même endroit ! & 0 ₪

et plus מו[‎ ?. GIE =<% יע‎ deux colliers avec fleurs קפתש6|‎ de zeshetr. Dans le butin que Thoutmosis III enleva à Araukasa dans sa XIII" 61-

pédition, se trouve aussi mentionné un collier de vrai zesbet = = כ‎ 000 % | CO + ;

à Dendéra'. un collier en vrai zesbe! : יק — ₪ 27 ש‎ em 168060 en maät, et. dans le conte d’Ennà, composé sous le règne de Séthos II. le roi porte son grand collier de zyeshetS. Dans un autre endroit des Annales$, on mentionne une tête de bélier en

2 Es סו‎ 16 6 sans doute comme une piéce de butin de

grosseur extraordinaire. À Dendéra’, le deuxième des quatre prophètes porte, outre le

vrai yesbet :

sistre en or et en argent, un petit ustensile %]( travaillé en yesbet, tandis que celui du premier prophéte était en or et en argent:

0 DHÜO 0€ 0 -*- 0 שסם‎ | |--.%5-52 ו%‎ 9 502 en-a-à en 65060 m lot ₪/6ץ‎ en-a 50761 shotep xesteb. «J'ai porté le vase de zesteb dans la main, j'ai porté le sistre qui réjouit la déesse bleue |Hathor;»:

io TT‏ שא O . \\‏ ₪.. ו ו en-a 165/00 s-ab-a senen m tot-w-a‏ ₪/6ץ am-a seyet‏ «Je saisis ce sistre, je m'empare du vase de yesbet, et je fais offrande à l'image avec mes‏

deux mains».

Sar la stéle de Pianyt au Barkal |. 55 il est dit:

== 1= ET Res de %-- CNT a 000 -— À 000

än-nef hlor em unam seses em äbt seses ente קת‎ yesbet. [| t'amène un cheval” de la main droite, et de la main gauche un sistre qui est d'or et de xesbctr. Ici le manche et la figure de Hathor étaient sans doute incrustés 66 Il en est de même, lorsque Séthos 1 consacre à Amon-râ une barque en ur travaillée, c'est-à-dire incrustée, de Yesbet,

= © fn

000 000 bari m nub bek em הללקה‎

Dans les annales de Thoutmosis 111, on nomme dans le butin des Assyriens, | שי‎ ==

K 9 =] , «un bâton )?( en or orné richement mot à-mot‏ 1 א , K2‏ רו

1) .אטע‎ Rec. IV. 4, 242. 2) Id. ibid., 12, 69 a. 3; Denkmn. 111. 314, 5.

4) .אטכ‎ 11186. Inschr. 11. pl. 56.

5) MARIETTF, Rev. Arch. 1860. 11. pl. 16, 26.

6) DE ROUGÉ, Rev. Arch. 1852. p. 395.

7) Düxm. Kal. Inschr. 100. 109. Comp. pl. 82, régistre supérieur; Id., pl. 100.

8) .אכ‎ Kal. Inscbr. pl. 109. On aimait à exprimer la même idée par 008 mots différents: ici

ee] - : :

pour «saisir, tenir dans la main».‏ כמץ == == = == ני?

9) Dans la représentation, le roi Nimrot tient aussi le cheval de la main gauche ct le sistre de la main droite. 10; CHamr. Gramm. p. 520.

115 Denkm. 111. 32. 34. cf. px, magel, buculus, pedum.

LESBET. 23

saturé) de yesbet». À Edfou !: \E | le 5 o; «des vases en or sur du 68/60. «Or

sur yesteb» semble désigner le ygesteb doré, comme plus haut, «or sur argent» est l’argent

doré; par le fait, le musée de Berlin possède un gros scarabée de lapis lazuli faux qui porte encore des traces de dorure, item, une boucle d'argent doré.

On pesait le yesbet comme l'or et l’argent par ‘ex, un poids que nous avons évalué à peu près à 91 grammes ou 51} 70/8. Nous trouvons dans le butin de Thoutmosis 1112 110 ten de yesbet, c’est-à-dire plus de vingt livres, et, dans un autre endroit #, 24 ten de 26820) artificiel, plus de quatre livres. On mentionne aussi certains blocs isolés ; ainsi - les annales: |

Le TT | © > ו וו ו | ב‎ 4 A > ססס -->- !:! \ששצצש/‎ | ANA aa I

0 !220 ו 11 0 --+-! | Vu‏ חח [==ן om‏

« vrai 168266, un gros bloc pesant 20 ten 9 Let; vrai 7080680 2 blocs: total 3; yesbet écrasé. 30 ten, en tout 50 ten et 9 £et; excellent yesbet de Babylone, 3 hetet». Ici la première grande pierre pesait à elle seule 22 ten on 4 livres; les deux autres plus petites pesaient avec une quantité de yesbet pilé 35 ten ou 5 livres et 1/2.

De tout cela, il ressort clairement que le yesbet n'était pas un métal, maïs une pierre. Le genre du nom nous conduit à ce résultat, de même que la couleur bleue, car il n’y 8 aucun métal bleu, si nous en exceptons l'acier trempé que les anciens ne connaissaient pas; au même résultat nous conduisent les nombreux amulettes qu'on avait coutume de travailler en pierre et non en métal, enfin les gros blocs qu'on pèse, et qu'on . appelle sans serupule äner, pierre. Parmi les pierres, nous ne pouvons songer ‘qu’au lapis lazuli, dont la belle conleur bleue a été beaucoup appréciée de tous temps. 8 autres auxquelles on aurait pu penser, comme le saphir, la cyanite, la turquoise, sont trop petites pour servir de matière colorante, et ne se trouvent pas sous forme d’amulettes dans nos musées Égyptiens, tandis que le lapis lazuli se rencontre très-fréquemment. Rien qu’à Berlin nous possédons près de cent objets de cette matière. Du reste aucune des autres pierres ne se présente en masses de plusieurs livres, comme nous l'avons vu mentionné au sujet du 26800). QUENSTEDT n’a donc pas raison, lorsqu'il veut reconnaître dans le 26620/ des anciens notre saphir à nous. Le yesbet 068160816, non seulement 16 lapis lazuli, mais encore d'autres substances. Nous trouvons le vrai yesbet, aesbet-ma mentionné à part; il y avait donc un autre yesbet artificiel. On doit l'entendre souvent ainsi, lorquil est fait mention de yesbet tout court, et de plus nous avons un passage des annales de Thoutmosis III dans lequel le yesbet artificiel est opposé expressément au pestet ne naturel ל‎ :

-*- 000 — א ססס וו כ | ב 000 ₪ כ‎ 10800] ma ten . .... xesbet ärit ten 24 yesbet Bebelo . ....

«Vrai 168060 ten. ..... ; 265261 artificiel, 24 {en; yesbet de Babylone... .» Il y a ici trois espèces distinctes.

1) DÜm. Tempel-Inscbr. I. 76, 1.

2) Auswahl XII. 35. :3( Ibid. 1. 25.

4) Denkm. III. 32, 32. 5) Auswahl XII. 25.

24 LESBET.

Nous trouvons aussi des différences notables dans la forme du yesbet figuré sur les peintures murales. On le représente en corbeïlles, en bourses, en blocs longs quadrangulaires, placés en couches régulières, semblables à des briques. Le zesbet en corbeilles est peint bleu et le nom écrit au dessus; cette forme est la plus fréquente’. C'est en tas que le yesbet-mü, le vrai xesbet est représenté à Medinet-Habou?. Nous devons en conclure avec sûreté, que ce sont les morceaux bruts du vrai lapis lazuli, qui paraissent ici rassemblés en monceaux, et que 16 yesbet figuré de la sorte est toujours du vrai lapis, quand même le mot m&, viendrait à manquer.

= Ces morceaux étaient travaillés en petits objets, scarabées, yeux et autres amulettes ou bien en cylindres et en perles pour colliers et pectoraux; souvent on les réduisait en tout petits fragments, d'où l’on éliminait les petites parcelles blanches pour pulvériser la masse bleue restante et en former une couleur, notre vrai bleu d'outre-mer. Pour faire face aux nécessités du commerce et de l’exportation, comme pour conserwer cette couleur dans les trésors, on ne se servait pas sans doute de la masse pulvérisée : c'était les morceaux bruts, dont les plus gros avaient une valeur considérable, qui étaient destinés à fabriquer la couleur. Les uns sont représentés en morceaux, les autres remplissaient les bourses que nous voyons dans le trésor de Ramsès IIT® à côté des tas de xesbet et de bourses tout à fait différentes qui renfermaient de l’or, d'après l'étiquette. Les bourses d'or ne contenaient pas non plus des pépites, maïs plutôt de la poussière d'or, c'est-à-dire, de l'or en petits morceaux plats, tels qu’on les sépare par le lavage du sable des flenves et des ruisseaux, ce que les Arabes du haut Nil appellent aujourd'hui Tibber, ou bien encore ז0]‎ des mines, écrasé et séparé de sa gangue, mais non encore purifié par la fusion. (C'est ce qu’on sait par les inscriptions des bourses. Cette forme amoïindrie, mais non encore pulvérisée, du lapis lazuli est sans doute celle qu’on appelait plus haut gengenu, car - - חיש‎ signifie «mettre en pièces, piler»; on s’en sert deux colonnes plus bas en parlant de l'argent, qu’on trouvait pur aussi, et qu'on traitait comme l'or. Dans ce dernier passage, le mot est conservé en son entier; auprès du Zesbet il est à moitié détruit, mais peut être rétabli avec certitude.

Il reste encore à expliquer la troisième forme du 108006 la forme en briques, qui est aussi représentée dans le trésors de Ramsès III5. Nous avons déjà mentionné plus haut qu'on trouve aussi les métaux précieux sous forme de plaquesf; mais ces plaques sont tantôt plus minces et élonguées, tantôt en forme de briques comme 16 yesbef. Chez les métaux cette forme se comprend aisément, car c’est celle qu’on leur donne à la fonte. L'argent, le cuivre et le plomb apparaissent (PI. 34) en plaques plus grandes et plus minces qu’on appuie les unes sur les autres; d’autres plaques du même genre sans inseription sont peut-être des plaques d’or. Pour donner au lapis lazuli cette forme de carré régulier qu’on obtient par la fusion, ou, comme c’est le cas pour les briques dn Nil,

1) Denkm. 111. 115. 117. 118. HosxiNs p. 330. 334.

2) Düx. Hist. Inschr. 34.

3) .אסכ‎ 11186. Inschr. 32. .

4) Bruasou, Dict. p. 1463.

5) Düx. Hist. Inschr. 32.

6) Hosxins p. 330 pl., CHaxwp. Notices, T. 1. p. 507. 505.

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en comprimant la terre humide, mais qu’on ne peut imposer à une pierre, il aurait fallu tailler la substance comme un bloc de granit, ce qui aurait été absurde, s’il s’agit réellement d'une pierre aussi précieuse et aussi menue que 16 lapis lazuli.

S'il est impossible de reconnaître sous cette forme le vrai lapis. nous devons y voir une espèce de xesbet artificiel, et tâcher de détèrminer avant tout de quoi était faite cette substance, comment on la préparait et à quoi elle servait.

Les inscriptions et les peintures ne nous apprennent rien à ce sujet, sinon que le xesbet artificiel est mentionné de bonne heure, sous Thoutmosis 111, en forme de briques ; nous devons donc analyser les substances analogues au lapis lazuli que nos musées contiennent, c’est-à-dire les verres bleus et la couleur bleue dont se servaient les peintres anciens. C’est ce que j'ai fait, dans les limites que me permettaient les échantillons que j'avais à ma disposition, et avec l'aide de mes collègues compétents. Voici quels résultats j'ai obtenus: |

Les verres bleus se trouvent en quantité, plus ou moins transparents ou opaques; cinquante objets de terre cuite ou de pierre appropriée à cet usage sont revêtus d’une couverte vitreuse: Îles nuances partent du bleu le plus foncé pour arriver au plus bel azur de la turquoise orientale. Plusieurs essais au chalumeau faits avec le borax par Mr. le Dr. HERTZOG donnèrent des résultats certains; la flamme devint -bleu-verdâtre, la perle prit une teinte bleue tirant sur le vert et tourna au rouge lorsqu'on y ajouta un peu d'étain: ainsi la plus grande partie des verres bleus contenait du cuivre comme base de coloration. Au Musée de Berlin, il y ג‎ de la poudre bleue évidemment detinée à la peinture et qu'on a trouvée sur une coupe dans un tombeau Égyptien. L'analyse de Mr. VAUQUELIN, publiée dans le Catalogue de la cellection PASSALACQUA !, se trouve confirmée pour tous les termes hnportants par la suivante que je dois à Mr. le Prof. RAMMELSBERG. |

VAUQUELNN. | | RAMMELSBERG.

Silice . . . . . . . 70 Silice . . . . . . 70,5 Chaux . . . . . . 9 Chaux . . . . . . 8,53 Oxyde de cuivre . . . 15 Oxyde de cuivre . . 13,00 Oxyde de fer . . . . 1 Oxyde de fer. . . . 1 Soude mêlée de potasse . -. 4 Mgnésie . . . . . 4,18

Ici encore le cuivre est la base de coloration. Enfin l'analyse au chalumeau des couleurs blenes des peintures enlevées aux monuments du haut et du bas Empire, 4 prouvé que les plus claires et les plus foncées contenaïent du cuivre comme base de coloration. | 2 | Les couleurs analysées avaient été appliquées à couches larges et épaisses: on ne put analyser la couleur des objets plus petits et plus précieux. Il n’y a donc rien qui nous empêche d'admettre qu'on 86 servit pour eux, de ה[‎ couleur infiniment plus précieuse du lapis lazuli réduit en poudre fine. Il y a cependant intérêt à savoir que,

1) Catalogue raisonné, 1826. p. 239.

Les battants de porte des temples étaient aussi en électrum ou recouverts de ce métal, comme ceux que Ramsès IT offre à Osiris dans le temple d'Abydos!.

L'électrum 86 rencontre à peu près exclusivement aux temps anciens, ce qui n'est peut-être pas l'effet du hasard. Sous les Psammétik il n’y en a presque plus de traces: si on le trouve dans un passage du Todtenbuch (ec. 15, 9), c'est seulement tradition des anciens temps. De même pour le titre de Hathor à Philae «Electrum des déesses», où on attendrait «argent» : c’est peut-être un legs de l'antiquité.

Les procédés pour séparer l'argent de l'or et l’or de l'argent étaient devenus avec le temps plus connus et plus faciles: aussi l’alliage fut-il employé de moins en moins et finit par devenir un terme minéralogique assez arbitraire. Il en est de même aujourd'hui où les minéralogistes n'appellent pas seulement 107 qui contient de 20 à 500}, d'argent, électrum ou argent-or, mais aussi l'argent qui contient de 20 à 500/, d'or, or-argent. On ne donnait pas au bronze et au laiton des noms spéciaux, bien que les propriétès de ces alliages soient différentes selon les proportions des métaux qu'ils renferment: si l’on donne un nom spécial à l’électrum, les raisons de ce fait doivent être cherchées dans l'histoire de la métallurgie et de ses développements.

LE hat, gsT, l'argent, äpyupos, argentum.

Comme dans le groupe de l'électrum, le signe de 10% est déterminatif dans le groupe de l'argent et ne doit pas se prononcer: [6 Copte ne donne que osr, .ה‎ Le groupe signifiait d’abord «or blanc» (c'est ainsi qu'Hérodote appelait lélectrum): car ut

IN veut dire de clair, le brillant» (cf. 60766, &pyupos). Les deux métaux nobles,‏ הן

l'or et l'argent, qui d’ailleurs se trouvaient le plus souvent mélangés, pouvaient à l'origine paraître ne former qu'une seule substance présentant des nuances différentes. Au temps des Grecs et des Romains, l'argent est souvent designé par un autre nom

| | | 5 = =} Le signe MN est polyphone, et se rencontre avec les prononoool loco ciations TR seh, ou Lu ( M: 960% et >] ark. 200808 (Dict. p. 1273,

lit notre groupe arkour (p. 1018) et le tient pour une transcription du Grec apyopos: le fait serait extraordinaire et entièrement isolé dans la langue Égyptienne. Pour le moment, nous devons laisser en suspens la question de savoir si le groupe doit se lire sek-wr ou ärk-ur; cette dernière lecture se trouve pourtant confirmée jusqu’à un certain point par

un passage de 12606785 où il est dit: "א‎ | 1 2, == aŸ]] än-f

net gent yer ark-ur er ark-hat, dui (le roi) t'apporte le pays de yent avec son argent pour

1) BruGscx, Recueil I, 12, 1.

2) Dümicen, Recueil IV, 66,3. 71, 1. 72, 2, a.

3) BirCH dans BUNSEN V. 475. BruGscu, Dict. p. 1272. Denkm. 111. 195, a, 22.

4) .אטע‎ Tempel-Inschr. 11. 18, 1. — Ce passage est la scule preuve de la prononciation ,סיה‎

mais la comparaison avec 14,2. et 12,2. 14,11. la met hors de doute. Le sens est accomplir, de ==

ärg «le dernier». 5) Düm. Rec. IV. 71, 1.

terminer le naom: les Égyptiens aimaient particulièrement les allitérations. On trouve

.. >< >< 0 encore un troisième nom pour l'argent dans ces temps de décadence Did 1 ou eu 01 ru ou 4.

L'argent est représenté, comme l'or, en grands monceaux surmontés d’une inscription 3: c’étaient là sans doute les morceaux d'argent brut, tels qu'on les extrayait dans 8 mines. On le gardait aussi en bourses, si les mots ne ₪ = ל‎ 4 hat nub m ärefu, or et argent en bourses, se rapportent aux deux métaux, comme c’est vraisemblable. Il est certain qu'on le fondait en grosses plaques5; mais on le trouve aussi sous forme de briques, ou de plaques plus petites, de couleur blanche, entassées dans des paniers et surmontées d'inscriptions, et d’anneaux’, que Hoskins a colorés en jaune par erreur, puisque l'inscription et la notice de CHAMPOLLION nous apprennent qu'ils étaient peints

--- --- --en blanc. L’argent en forme d'anneaux seëu O, $ O1, ,ו‎ est souvent \\

. . . > = mentionné dans les annales de Thoutmosis IT; on le trouve aussi en 12 1

dont nous avons parlé au suiet de l'or, ten 2 © * 13 c’est-à-dire en forme de minerai p 1 , - ,

broyé. Beaucoup de vases 4 précieux étaient en argent. parfois 61811168 et ornés d’anses : ils sont souvent mentionnés dans les inscriptions'5. La stèle Éthiopienne de Boulaq nous donne une liste de vases et d'autres ustensiles en argent:

RE ue ON us AT KR הו‎ NT = puis \ 8 + et 72 NE

Des chariots, fabriqués en argent ou bien en argent et en or, sont mentionnés dans les annales de Thoutmosis 111 >.

Comme lor, on pesait l'argent par {en et par kite, qu'il fût brut ou travaillé 17. Les quantités apportées en guise de tribut où comme butin sont à peu près égales.

La différence de valeur entre l'or et l'argent semble avoir été moindre dans les temps anciens qu'elle n'est maintenant. (C’est pourquoi il n’est pas rare de voir

1) .אטע‎ Rec. IV. 71,1 (cf. 69, 2). Kal. Inschr. 104, 9.

2) .אטכ‎ Rec. IV. 66,3. 3) .אטע‎ Hist. Inschr. 32. 4) Ibid. 34.

5) Ibid. 34. représenté aussi en blanc chez 018.

6) Hoskins, 1. 1. 7) Ibid. 8) Not. p. 507. .

9) Denkm. II. 31, 1. 10) Denkm. ibid. Ausw. XII. 26. 11) Denkm. II. 32, 29. 12) Denkm. III. 32, 33. — MARIETTE, rev. Arch. 1860. 1, pl. XVI; 5.

13) Denkm. ibid. 14) V. Hosxins, I. 1.

15) Ausw. XII. 31. Denkm. III. 30, 18. 16) Ausw. XII. 31.

17) On rencontre des sommes d'argent de 56 ten: 100 fen; 104 len 5 k.;: 153 ten; 301 ten; 431 ten 2 k.; 761 ten 2 k.; 1495 ten 1 k.; 2821 ten 3 .א‎

32 | | XESBRET.

es, PR % =. > LU ? PR 5. C'est, au temps des Ptolémées et t des Romains,

468201. Plusieurs variantes Hiéroglyphiques l’appellent : A ?, D - 3 De ב‎ ,

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