Comédie d'Aristophane
qu^aux embouchures du Nil vous puisiez ses eaux dans des urnes d'or, soit enOn que vous résidiez aux Palus- Méotides ou sur l'orageux rocher du Mimas; exaucez mes prières et accueillez favorablement ce sacrifice.
a Chœur de Nuées, — Nuées étemelles, du sein retentissant de l'Océan, notre père, élevons-nous, en vapeurs légères et transparentes, sur les sommets boisés des hautes montagnes, afin de contempler au loin l'horizon montueux, la terre sacrée, féconde en fruits, le cours des fleuves, et la mer, dont les vagues se brisent avec fracas. Car l'œil des cieux brille éternellement d'une éclatante lumière. Dissipons ces brouillards obscurs qui nous enveloppent, et montrons -nous à la terre dans notre immortelle beauté. »
Le charme de cette poésie tient autant à la vérité qu'à la beauté des images. Mais le court aperçu météorologique que donne ensuite Aristophane , d'après les théories de son époque, est un exemple des erreurs qui devaient suivre l'observation, lorsqu'elle n était pas basée, comme aujourd'hui, sur la connaissance des lois physiques dont nous allons indiquer l'in-^ fluence.
Formation des nuages et brotdUards.
La formation des brouillards ou des nuages est due à la présence de la vapeur d'eau dans un air humide et plus froid que le sol, où cette vapeur devient visible, exactement comme celle qui s'élève au-dessus de l'eau bouillante. Les petits corps dont le brouillard se compose sont des sphérules creuses, semblables aux bulles de savon, ou des gouttelettes d'eau dont le dia-
NUAGES ET BROUILLARDS. 25
mètre, qu'on a pu mesurer sous le microscope, est plus petit pendant Tété que pendant Thiver. Ce diamètre augmente aussi dès que la pluie menace.
Les brouillards étant, en général, la suite du refroidissement de l'atmosphère et du mélange de deux courants d'air d'inégale température chargés d'humidité, on les voit surtout se former le matin et le soir, principalement pendant l'automne, au-desi^us des rivières et des lacs, dont l'eau est alors beaucoup plus chaude que l'air.
La formation des vapeurs est d'autant plus abondante que l'air est plus humide. Kaemtz ' cite, à ce sujet, une observation faite pas les anciens sur le volcan de Stromboli : « Lorsque ce volcan est couvert d'un nuage, les habitants des îles Lipari savent qu'il pleuvra bientôt; mais cela ne tient pas, comme ils le croient, à ce que le volcan est plus actifavant la pluie; cela vient de ce que l'air chargé de vapeur d'eau ne peut pas dissoudre complètement celle qui s'échappe du cratère. »
Des colonnes de brouillard s'élèvent parfois de certains points, où la nature du sol et la végétation donnent lieu à une évaporation plus active. Après de fortes pluies, et quand le soleil vient à briller, on voit ces brouillards apparaître sur les pentes des montagnes, où le terrain, presque toujours, est alternativement aride et boisé, suivant les ondulations et les accidents de la pente.
Le même phénomène se produit en Suisse au-dessus des lacs dont la température est plus ou moins