PÉRIODICITÉ DES GRANDS HIVERS
froid. Enfin Tautomne ayant été extraordinairement pluvieux, l'hiver, selon toutes les apparences, devait être sec. Lorsque toutes ces circonstances ne sont que partielles, on n'en peut rien conclure ; mais leur généralité dans toute l'Europe devait produire des effets simples, parce qu'à d'immenses distances il n'y avait aucune cause perturbatrice. 5)
Ajoutons que, dans son important Mémoire sur la périodicité des grands hivers*, un de nos savants météorologistes, M. Renou, a su grouper l'ensemble de toutes les observations enregistrées depuis Tannée 1400, et en tirer de remarquables résultats sur le retour périodique des hivers rigoureux : « On aura bientôt l'occasion, disait M. Renou, de vérifier si la périodicité que j'ai annoncée pour les grands hivers existe réellement, l'hiver le plus rigoureux devant arriver vers 1861, et ne pouvant, selon mon opinion, éprouver un retard de plus de deux ans, comme cela a eu lieu en 1 709. Tout relard, je le pense aussi, serait racheté par une intensité exceptionnelle de l'hiver. »
L'hiver de 1860 et celui de 1863-64, qui a couvert de neige et de glace les régions du Midi et a sévi jusqu'en Egypte, sont venus confirmer en partie les calculs de M. Renou. Il est donc permis d'espérer que la prévision du caractère météorologique de certaines années ou de certaines périodes, basée sur des observations plus nombreuses et plus exactes, pourra un jour conduire à d'importants résultats , surtout en ce • qui concerne l'agriculture, source première de nos richesses et de notre bien-être.
. 1. Annuaire de la Société météorologique de France, mai 1861.
Étoiles filantes. — Influence de la lune.
Nous devons encore mentionner ici les recherches de M. Coulvier-Gravier sur les étoiles filantes*, dont l'apparence et la direction permettraient d'annoncer les variations du temps. Nous avons indiqué déjà Timportance de ces recherches, qui nous aideront à mieux connaître les limites et la constitution de T atmosphère, première hase d'une connaissance plus exacte des météores et des lois qui président à leur formation.
L'influence de la lune sur les phénomènes atmosphériques , sur le temps et sur les saisons, admise depuis l'antiquité par les navigateurs et qui prend une si large place dans les anciennes maximes agricoles, a été longtemps niée par la plupart des savants, ou regardée comme trop faible pour produire des effets appréciables. Il est cependant hors de doute que Faction attractive de la lune et du soleil, qui produit les marées de l'Océan, produit aussi des marées atmosphériques, et il est infiniment probable que ces marées, surtout aux époques où elles sont les plus fortes, peuvent déterminer des changements dans l'état du temps.
Des expériences faites avec le plus grand soin au moyen du baromètre, ont indiqué l'ensemble du mouvement imprimé à l'atmosphère par les phases lunaires. L'influence générale de ces phases sur les pluies et sur la direction du vent est maintenant reconnue ; mais il n*est pas facile de la dégager, pour chaque lieu, des causes secondaires qui tendent à la dissimuler, et Ton ne pourrait y arriver qu'en multipliant les observa-
1. Recherches sur les météores et sur les lois qui les régissent, Paris, 1863.