‹ Les météoresChapitre 103 sur 117 · CONFÉRENCE DE BRUXELLES · texte numérisé non relu

CONFÉRENCE DE BRUXELLES

lies par les navires anglais sur toutes les mers du globe, d'après le plan recommandé par la conférence de Bruxelles. Laplupartdes grandes puissances avaient aussi accepté ce plan, exprimé leur intention de le mettre en œuvré au moyen de leurs bâtiments, «transformés, disait Maury, en autant d'observatoires flottants, à bord desquels on travaille en commun à l'avancement de la science et au bien de l'humanité. »

Service météorologique.

Mais il était facile de prévoir que l'Océan ne pouvait être seul l'objet d'une étude systématique, et dès lors Maury demandait la réunion d'une seconde conférence, ayant pour but de proposer un plan d'observations terrestres, « de manière que la météorologie pût enfin marcher dans une voie vraiment universelle. »

Il est évident que dans cette voie seule on peut espérer découvrir les grandes lois qui régissent les mouvements de l'atmosphère, lois à peine entrevues aujourd'hui, et dont la connaissance donnerait la plus solide base aux études météorologiques.

La nature des recherches nécessaires pour atteindre ce résultat ne demande pas seulement la plus grande extension des observations, il faut encore que les observateurs puissent correspondre avec une rapidité qui permette d'annoncer l'apparition des phénomènes, d'en suivre la marche, et l'emploi du télégraphe électrique est venu donner à la météorologie ce puissant moyen d'investigation.

C'est autour des grands lacs de l'Amérique du

Nord, où les sinistres sont si fréquents, que ce système de communication a été d'abord mis en usage pour signaler l'approche des tempêtes. Adopté depuis par les principaux États de l'Europe, il a déjà rendu les plus grands services aux navigateurs, et doit aussi aider à diminuer les pertes que des mauvais temps inattendus font si souvent subir à l'agriculture .

Rapidement organisé en Angleterre, grâce au zèle et au dévouement de l'amiral Fitz-Roy, le système d'avertissements télégraphiques a été aussi inauguré en France par les soins d'un savant illustre, M. Le Verrier, directeur de l'Observatoire impérial. Le ministère de la marine a décrété de son côté l'établissement d'un service météorologique des ports, combiné avec le service semblable de l'Angleterre ; et la récente construction, sur toute l'étendue de nos côtes, de sémaphores reliés au grand réseau des télégraphes électriques, permet de transmettre les avertissements à tous les points menacés, et même aux bâtiments qui passent en vue du littoral. On comprend que la généralisation d'un tel service est aussi avantageuse aux intérêts de la navigation qu'aux progrès de la science, et nous le verrons plus clairement encore en entrant dans quelques détails sur l'organisation des observatoires météorologiques.

Instruments d'observations.

Parmi les instruments de physique qui servent à la détermination des variations atmosphériques, le baromètre est un de ceux qui sont le plus ordinairement consultés. Tous les marins ont pu constater l'utilité

Page 1