PLUIE, NEIGE ET GRÊLE
Rosée.— Gelée blanche.— Distribution des pluies sur le globi. — Grandes plaies de Tlnde. — Régions sans pluie. — Influence des forêts. — Adoocissement des climats. — Formes de la neige. — Fleurs sous la neige. — Les glaciers et les fleuves. — Grêle.
Rosôe et gelée blanchs.
La rosée, ce dépôt de limpides gouttelettes que la lumière du matin fait briller sur le feuillage comme des perles et des diamants, a pour cause la condensation de la vapeur atmosphérique sur des substances suffisamment refroidies pendant la nuit par le rayonnement ou la perte de la chaleur à travers Tair. Un médecin- anglais, le docteur Wells, donna le premier cette explication après un grand nombre d'expériences. Un flocon de laine très -sec, pesant 1 grains, placé sous une planche à quatre supports, n'augmenta son poids que de 2 grains d'humidité, tandis qu'un flocon sembl8J3le, placé au-dessus, gagna 14 grains, et un autre, déposé sur l'herbe, 16 grains. Des thermomètres substitués aux flocons s'abaissèrent le plus au point où
la rosée tombait abondamment. D'un autre côté, les corps qui perdent difficilement la chaleur, comme les métaux, restaient secs, pendant quà côté d'eux des substances à grand pouvoir rayonnant se couvraient de rosée. Un ciel clair était favorable au refroidissement et par conséquent au dépôt de la rosée ; il suffisait du passage d'un nuage, qui rendait chaleur pour chaleur, pour arrêter le phénomène. Enfin, on a observé qu*il se formait moins de rosée dans le fond des vallées qu'au sommet des collines, d'où Ton aperçoit une plus grande étendue de ciel libre.
Quand le rayonnement nocturne fait descendre la température des corps au-dessous du zéro du thermomètre, la vapeur d'eau se condense en glace et on a la g'iée blanche au lieu de la rosée. Une coutume de l'Inde peut donner une idée de la puissance de ce refroidissement. On s'y procure habituellement de la glace en plaçant dans un lieu découvert, pendant des nuits très-claires, des jattes peu profondes remplies d'eau et isolées de la chaleur terrestre par une couche de paille peu tassée. Dans ces conditions on a vu la température de l'eau s'abaisser de 17 degrés.
Afin de préserver les plantes des eôets désastreux de ces gelées, il suffit de disposer un abri horizontal à 2 mètres environ au-dessus du sol pour empêcher le rayonnement. En plein champ, pendant les nuits claires de la fin d'avril ou du commencement de mai, le froid détruit souvent les bourgeons des végétaux. La lune brille alors dans le ciel serein, mais si elle est cachée par les nuages on n'observe aucune désorganisation.
La lune rousse est ainsi expliquée. On accuse l'astre bien à tort dans nos campagnes ; c'est seulement la se-