LA LUNE ROUSSE
rénité du ciel qui est la cause d'un nuisible refroidissement et, par suite, de la perte des récoltes.
Distribution des pluies sur le globe.
Le rafraîchissement que les brouillards et la rosée procurent aux plantes n'est que momentané. Une humidité beaucoup plus abondante leur est nécessaire. Quoiqu'il y ait de très-fortes rosées en Egypte, on verrait bientôt toute la végétation disparaître si les inondations du Nil ne venaient suppléer à Te.ttrême rareté des pluies. Dans les années où le débordement est peu étendu, les portions de terrain qu'il n'a pas atteint restent stériles. Soit qu'ils craignent pour leurs champs l'excès d'humidité ou l'excès de sécheresse, les cultivateurs attachent en tout pays une grande importance à la pluie, à son abondance, à sa répartition entre les saisons de l'année.
Quelquefois la pluie tombe sans qu'il y ait de nuage, et par un ciel parfaitement pur. Diverses observations de ce genre sont citées par Humboldt et Arago. La nuit était sereine, dit un physicien de Genève, les étoiles brillaient de leur éclat ordinaire, quand une pluie formée de larges gouttes d'eau tiède tomba sur la ville pendant six minutes. Le même phénomène a eu lieu, d'après un observateur, à Constantine, en plein midi et sous un magnifique ciel bleu.
Mais, généralement, c'est après avoir passé par la forme nuageuse que l'humidité de l'atmosphère se précipite, et les indications du chapitre précédent donnent déjà les premiers éléments de la distribution géographique des pluies.
Nous avons d'abord la zone équatoriale enveloppée de son anneau de nuages, qui se forme non-seulement par les vapeurs des eaux chaudes de l'Océan que soulèvent de puissants courants ascendants, mais encore par celles que les vents alizés y apportent du nord et du sud. C'est une région où la pluie tombe tous les jours, et avec une très-grande abondance, le mélange des masses d air saturé avec les couches froides s opérant continuellement sous un ardent soleil. On a cité des séries de calmes assez prolongés et accompagnés de pluies assez fortes pour que Teau devînt douce à la surface de la mer. Le marin redoute ces parages où l'air tiède et lourd cause une invincible lassitude, et où de dangereuses maladies se développent. Les orages y sont tellement fréquents qu'il est rare de ne pas entendre le tonnerre grondant au-dessus des épais nuages, avec un retentissement semblable aux éclats de la foudre dans les montagnes. L'expression familière de pot-au-noir^ qu'on trouve dans la bouche des matelots, est bien propre à peindre l'effet que produit cette zone sombre, après Tazur invariable du ciel des alizés.
Toute la vapeur dégagée dans cette immense chaudière équatoriale ne retombe pas en pluie au même lieu. Des courants atmosphériques supérieurs aux alizés la portent vers les deux pôles. Ils rencontrent la surface terrestre dans une région dont les limites varient avec la marche annuelle du soleil , comme celles de l'anneau de nuages équatorial, et qui est, en moyenne, placée sous les tropiques. Les lieux situés dans cette région ont des saisons de pluies périodiques qu'on appelle hivernagts.
Dans nos latitudes tempérées le mélange des couches qui produit la pluie ne résulte plus des courants