LE POT-AU-NOIR
ascendants rencontrant Taîr froid supérieur, mais de courants horizontaux dont la direction est généralement opposée. Cette pluie tombe à toutes les époques de Tannée.
Au 60* degré de latitude on arrive à la zone circumpolaire , dans laquelle il ne pleut pas en hiver à cause de l'extrême rareté de la vapeur. Une atmosphère limpide s'étend sur Timmense couche de neige, et on ne voit se former des brouillards que dans les parages où la mer reste libre.
Si on compare le système de la circulation aqueuse sur le globe à un alambic dont le foyer serait placé à l'équateur, on voit que les régions extra-tropicales remplissent le rôle de condenseurs. Maury nous montre d'une manière saisissante les fonctions de cet admirable appareil. « On estime, dit-il, à l'",5 la hauteur de la pluie qui tombe par année moyenne à la surface de notre globe. Ainsi donc, enlever chaque année à l'Océan assez d'eau sous forme de vapeur, pour couvrir la terre d'une enveloppe sphérique de l",5 d'épaisseur, transporter cette vapeur d'eau d'une zone à l'autre, la précipiter ensuite sous diverses formes en des points déterminés, aux époques voulues et dans des proportions convenables , telles sont les fonctions de la grande machine atmosphérique. L'eau vaporisée de la sorte étant principalement enlevée à la zone torride , dans cette seule zone l'atmosphère devra absorber une masse liquide de près de 5 mètres d'épaisseur et de 30t milles marins de largeur , sur un développement de 24 000 milles, l'élever à la hauteur des nuages, enfin la redescendre à la surface de la terre , et cela chaque année! Quelle merveilleuse et puissante machine est cette atmosphère , et combien ses divers
éléments doivent être harmonieusement balancés pour que ce travail , qui confond 1 imagination , s'effectue sans que jamais le moindre dérangement se manifeste dans un ensemble de fonctions aussi complexes que variées! »
Grandes pluies de l'Inde.
Les régions dans lesquelles régnent les moussons présentent un régime pluvial exceptionnel. Au mois d'avril , la saison des alizés du nord-est finit dans rinde. Lès grands déserts de TAsie centrale , échauffés par le soleil , exercent une sorte d'aspiration qui produit les moussons du sud-ouest. Tout chargés des vapeurs de Tocéan Indien et de la mer d'Arabie , ces vents rencontrent à angle droit la chaîne des Ghattes et y déposent une quantité extraordinaire de pluie, (ju'on a vue atteindre , d'après Johnston , le chiffre énorme de 37 centimètres dans un seul jour. Ils se dirigent ensuite vers THimalaya, où la température est encore plus basse que sur les sommets des Ghattes, et y abandonnent, sous forme de pluie et de neige, à peu près toute l'humidité dont ils sont chargés, d'où il résulte qu'en arrivant dans les déserts arides situés au delà de ces montagnes , il leur reste rarement assez de vapeur pour la formation des nuages. C'est dans THimalaya, à Cherrapondschi, qu'on a trouvé le maximum des pluies du globe, s'élevant à 17 mètres par an.
Grâce à ces pluies, la végétation prend dans l'Inde un prodigieux développement; mais elles sont ac3ompagnées de fléaux de tout genre très-bien dépeints par M. de Warren^