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L'ATMOSPHÈRE

Stances nuisibles qui proviennent de la décomposition. Par sa circulation, elle nous rapproche tous dans une commune existence d'échange et de solidarité. Une substance gazeuse, mortelle pour nous, Tacide carbonique, que nous exhalons et rejetons sans cesse, se disperse, grâce à elle, sur le globe entier. Les dattiers du Nil, les cèdres du Liban, les cocotiers de Taïti s'en emparent pour croître plus rapidement; les palmiers et les bananiers du Japon le changent en fleurs. La substance salubre, l'oxygène que nous respirons, vient des magnolias de la Susquehanna, des arbres superbes qui bordent l'Orénoque et TAmazone; les rhododendrons géants de l'Himalaya, les roses et les myrtes de Cachemire, les cannelliers de Geylan, les antiques forêts qui s'élèvent au sein de l'Afrique contribuent à la production de cet agent de la vie ^ »

La TOûte bleue du ciel. — Prolongation du Jour.

Le jour n*éclaire pas les régions les plus élevées de l'atmosphère : il y fait nuit. A. une certaine hauteur on voit cesser peu à peu l'illumination diffuse produite par les particules de Tair qui agissent sur les rayons du soleil comme les mille facettes d'un cristal. Aux yeux des aéronautes arrivés à 7 ou 8 kilomètres audessus du sol, les étoiles brillent comme dans la nuit la plus profonde, tandis qu'au-dessous d'eux la terre resplendit de lumière. La belle couleur bleue, qui nous paraît être celle du ciel même, n'est en réalité que celle de la masse de l'air : elle devient de plus en

1. D' Buist, Transactions of the Bombay geographical Society , vol. IX, 1850.

plus sombre au-dessus de la région lumineuse qui nous enveloppe.

Cette voûte, que nos regards contemplent, n'existe pas. Ce sont les couches atmosphériques qui, en augmentant de densité à mesure qu'elles approchent de la surface terrestre, donnent au ciel une fausse apparence. On a été très-longtemps à s'affranchir de cette illusion, et à constater "que la forme et les dimensions de la voûte céleste changent avec la constitution de Tatmosphèr", avec son opacité ou sa transparence, avec son degré d'illumination.

Les rayons de soleil s'éteignent en partie dans l'air qu'ils traversent. Leur affaiblissement est beaucoup moindre au zénith * qu'à l'horizon, où ils ont à parcourir une couche d'air quinze fois plus forte. Aussi peut- on facilement contempler cet astre sans être ébloui, quand il est peu élevé. Une modification de même nature a lieu pour les objets terrestres, qui s'effacent de plus en plus à mesure que leur distance augmente. Les montagnes éloignées revêtent la couleur azurée de Tair.

Cette teinte propre de l'air est souvent altérée par les molécules aqueuses qui y sont contenues et qui renvoient généralement de la lumière blanche. On explique par là les variations que présente le ciel, où le bleu est plus vif au zénith qu'à l'horizon. La couleur d'une même partie du ciel change aussi dans le cours de la journée : elle devient de plus en plus foncée depuis le matin jusqu'à midi et pâlit ensuite insensiblement jusqu'au soir.

1. Point du ciel qui, pour chaque lieu, est situé au-dessus de la surface terre.Ure, sar le prolongement de la ligne verticale.

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