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FLEURS SOUS LA NEIGE

Midi. Elle se comporte, en effet, comme un écran qui, en abritant le sol, le soustrait au refroidissement qu'il éprouverait dans les nuits sereines en rayonnant vers l'espace ; et ensuite, au dégel, elle trempe fortement les terres.

Entre les neiges éternelles qui couvrent les cimes des Pyrénées et des Alpes et les coteaux de leur base où prospère la vigne, il y a une région dans laquelle la neige fond à des époques variables selon la hauteur ; mais partout, même aux points élevés où elle dUre huit à dix mois, elle laisse, en disparaissant, le sol couvert d'herbes abondantes qui ont végété sous son abri et procurent au bétail un excellent pâturage. Ces gazons sont immédiatement émaillés d'une multitude de belles fleurs dont les boutons se sont formés sous la neige. On avait souvent essayé, mais en vain, d'acclimater ces plantes alpines dans nos jardins, lorsqu'un horticulteur eut l'idée, qui semble étrange au premier abord, de les placer en hiver dans une serre, entre les orangers et les grenadiers. Les végétaux tirés de l'âpre contrée dont le climat est analogue à celui de la Sibérie, et où le thermomètre descend à 30 degrés, se sont ainsi parfaitement conservés. Gela vient de ce qu'ils trouvaient dans la serre les conditions que leur fait la couche épaisse de neige dont Us sont couverts dans leur région naturelle. Par son faible pouvoir conducteur, cette couche les abrite du froid, et surtout des brusques changements de température si nuisibles pour les frêles organes. On peut se rendre ainsi compte de la manière dont le grain est protégé par la neige dans les sillons de nos champs.

6i LES MÉTÉORES.

Les glaciera et las HawrtB.

Dans les glaciers de nos Alpes une admirable disposition a été mise en évidence par les observations poursuivies pendant plusieurs années consécutives sur la hauteur moyenne des eaux des rivières durant chaque mois de Tannée. « Gomme il tombe, dit Jean Reynaud*. beaucoup moins de pluie dans l'été que c'ans les autres saisons, et qu'à peine tombée elle s'évapore beaucoup plus vite, il en résulte que tous les petits ruisseaux diminuent, que quelques-uns même se dessèchent tout à fait, et que finalement les grands courants ne reçoivent plus de leurs afHuents les tributs nécessaires pour une alimentation convenable. Mais la nature, pour les fleuves qui lui ont paru dignes d'un arrangement aussi recherché, a institué un genre particulier d^affluents, qui donnent d'autant plus que les affluents ordinaires donnent moins, et réciproquement. Ce sont les affluents qui sortent des glaciers ; et Ton voit tout de suite quels frais exigent de tels ruisseaux, puisqu'il faut nécessairement leur élever des montagnes au-dessus des nuages pour qu'ils y puissent prendre leur source. Il n'y a que des terrains exhaussés jusque dans ces prodigieuses hauteurs qui soient en position d amasser en hiver assez de neige et de glace, et d'en conserver suffisamment durantrété, en ne la laissant fondre que peu à peu. De la sorte, que Tété soit chaud et ardent, il aura beau se trouver d'une sécheresse désespérante pour les ruisseaux delà plaine, il ne fera que fondre avec plus d'activité les dépôts de glace accumu-

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