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FONTE DES GLACIERS

lés au point de départ ; et par conséquent les ruisseaux des montagnes prendront leurs crues précisément dans le moment où les autres seront au plus bas. Au contraire, au printemps, à l'automne, dans une partie de rhiver, quand l'abondance des pluies fait gonfler de tous côtés ces derniers, et tend à élever les rivières au-dessus de leur niveau habituel, les glaciers, recevant alors moins de chaleur, alimentent avec moins d'abondance leurs affluents, et il se détermine à leur égard, une véritable sécheresse qui fait compensation aux pluies de la plaine. Il en résulte que les fleuves qui sont soumis uniquement au régime des glaciers ont leurs crues pendant l'été, et leurs basses eaux pendant l'hiver; que ceux dont le bassin, dépourvu de toute connexion avec ces réservoirs élevés, est soumis uniquement à l'entretien par la pluie, ont leurs crues dans la saison froide et leurs basses eaux en été ; que ceux enfin dont le régime comporte un mélange des affluents ordinaires et des affluents de hautes montagnes ont, toute proportion gardée, un régime plus constant que les autres. »

Orèle.

La grêle est une averse de globules de glace dont la grosseur varie d'ordinaire entre celle d'un pois et celle d'une noisette, mais qui atteint quelquefois la dimension d'un œuf de poule et même d'une pomme moyenne. On a remarqué qu'il y a presque toujours au centre des grêlons un petit flocon de neige spongieux. Cette partie est la seule opaque ; les couches concentriques dont elle se trouve entourée ont toute la diaphanéité de la glace ordinaire. Le noyau et son enveloppe ne paraissent donc pas se former de la même manière. Il

tombe quelqpefois de gros grêlons à centre neigeux qui sont composés de couches concentriques alternativement diaphanes et opaques. La grêle menue, peu consistante, qu^on voit surtout au printemps et en automne, et dont la surface est comme saupoudrée de farine, porte le nom de gréiiL C'est une espèce intermédiaire entre la grêle proprement dite et la neige.

Yolta rapporte que, dans une nuit du mois d'août 1707, il ramassa, pendant un orage qui éclata sur la yille de Côme, plusieurs grêlons pesant 280 grammes. Darwin cite une tempête dans les pampas de l'Amérique du Sud, où la chute de masses semblables tua beaucoup de grands quadrupèdes.

Nous venons de parler d'une grêle tombée pendant la nuit. Ce cas est fort rare. C'est ordinairement aux heures les plus chaudes de la journée, et pendant Tété, qu elle se forme. Les nuages qui en sont chargés semblent avoir beaucoup de profondeur, et se distinguent des autres nuages orageux par leur couleur cendrée. Leurs bords ont des déchirures nombreuses et on y remarque quelquefois des mouvements circulaires. La grêle précède en général les pluies d'orage, elle les accompagne quelquefois ; jamais, ou presque jamais eUe ne les suit, surtout quand ces pluies ont eu quelque durée. Dans la zone tropicale ce n'est que sur les hautes montagnes qu'on a constaté des chutes de grêle ; il n'en tombe pas dans les plaines. Elle est surtout fréquente dans la zone tempérée, et devient ensuite de plus en plus rare à mesure qu'on avance vers les régions polaires.

Dans la plupart des cas le phénomène de la grêle a un caractère local. Il est très-fréquent à l'issue des vallées profondes des Alpes, sur les monticules qui les

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