GRÊLE
séparent de la plaine. La campagne de Borgofranco, qui se trouve près du val d'Aoste, est ravagée presque toutes les années. A Glermont, au pied du Puy-de- Dôme, la grêle tombe fort souvent, tandis que sur les hauteurs distantes d'une demi-lieue, on ne cite qu'une seule averse dans l'espace de vingt-trois ans. Il y a de grands orages pendant lesquels la grêle tombe sur une vaste étendue de pays, mais ils sont heureusement rares.
On s'explique mieux la formation de la grêle depuis la découverte faite par les aéronautes de couches atmosphériques très- froides (le thermomètre marquant — 40®) à des hauteurs relativement faibles et en plein été. Ces couches, comme nous l'avons déjà dit, sont remplies de petites aiguilles de glace qui, réunies, peuvent former le noyau des grêlons sur lesquels, dans d'autres couches, vient se solidifier la vapeur. L'existence de tourbillons provenant de la rencontre des courants opposés — principalement équatoriaux et polaires — explique la suspension et même l'ascension, par un mouvement en spirale, des grêlons qui se forment. On a vu des feuilles et des petites branches, arrachées par l'ouragan, retomber à quelque distance couvertes d'une couche de glace.
Les courants qui engendrent ces tourbillons sont en général, avant leiir mélange, dans des conditions électriques opposées ; aussi remarque-t-on qu'il grêle rarement sans qu'on entende le tonnerre et que, pendant l'averse, l'électricité varie souvent non- seulement d'intensité, mais encore de nature.
On a employé il y a quelques années comme paragrêles ie» séries de longues perches plantées de distance en distance dans les champs, et destinées à modifier
Tétat électrique de Tatmosphère ; mais ce système a été trouvé insuffisant, et Arago, en le combattant dans une de ses savantes Notices, invite les agriculteurs à se préoccuper plutôt de Textension des institutions de solidarité, telles que Tassurance mutuelle, en attendant que la science ait découvert des moyens de protection plus efficaces.
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