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DESCRIPTION DES GLACIERS

les teintes d'un bleu vraiment céleste. De terribles craquements, annonçant les nouvelles fentes qui se formaient dans le glacier, se firent entendre à plusieurs reprises, et le Rhône roulant à ses pieds sous la forme d'un torrent, mêlait à ce fracas son mugissement continu. C'est en grande partie à l'amas de glace que je viens de décrire que ce fleuve doit sa naissance. »

Circpies. — N6vô. — Moraines.

Le traducteur du livre de Goxe, le philosophe naturaliste Ramond, intrépide explorateur des Alpes et des Pyrénées, a joint à sa traduction d'excellentes observations sur les glaciers et signalé l'un des premiers une partie des causes qui concourent à leur formation et déterminent leur marche. Avant lui, Haller, de Saussure et de Luc avaient déjà constaté un certain nombre de faits importants. Mais c'est à des recherches plus récentes qu'on doit l'explication de la plupart des phénomènes relatifs à la nature et au mouvement des glaciers.

La neige s'accumule autour des hautes cimes dans de grandes dépressions connues sous le nom de cirques. C'est en descendant de ces cirques vers les vallées que la neige se transforme, sous l'influence du soleil et des gelées nocturnes, en petits grains de glace transparents, et que cette masse granuleuse, appelée en Suisse névè^ se convertit, par suite de la pression et de congélations successives, en une masse mouvante de glace, tantôt blanche, remplie de bulles d'air, tantôt plus compacte et azurée.

Cette glace qui se forme au-dessous du névé se modifie peu à peu dans sa constitution intime, par suite

des fortes pressions qu'elle éprouve et qui ont pour effet d'abaisser suffisamment le point de fusion pour que des veinules d'eau se produisent dans toute la masse dont la température a été reconnue moyennement voisine de zéro par les expériences de M. Agassiz. Les molécules de glace séparées par de minces couches liquides ne restent isolées que pendant un instant et se soudent de nouveau par suite de cette propriété si remarquable du regel démontrée par Faraday et Tyndall^ Les liquéfactions et les soudures se succèdent presque continuellement en tous les points de l'épaisseur des glaciers, attendu que les pressions y varient beaucoup, et comme par suite de ces changements Tair enfermé de l'ancienne neige est peu à peu expulsé, la masse acquiert la parfaite transparence et la couleur azurée qui excitent l'admiration des touristes. C'est ce phénomène aussi qui rend compte du mouvement des glaciers dans la direction des pentes, mouvement qui a été prouvé par des faits incontestables et qui a porté un éminent glacialiste, le chanoine Rendu, à les comparer aux fleuves.

Cependant en même temps que la masse descend le long de la montagne elle glisse aussi sur la surface du ravin. Une couche de cailloux et de sable étant interposée entre le fond du glacier et la roche, il en résulte que l'action des masses de glace en mouvement doit polir la surface sur laquelle elles descendent et y creuser des rayures, des sillons, dirigés dans le sens de la descente. Cette action a été bien constatée, non-seulement dans les cavernes de glace

1 . Ces physiciens ont ressoudé deux morceaux de glace en les rapprochant même dans de Peau chaude.

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