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PÉRIODE GLACIAIRE

citer en première ligne ceux de M. Agassiz, ont montré dans les deux hémisphères les mêmes traces de glaciers antédiluviens, étendus sur les vastes plaines qui environnent nos montagnes.

M. J. Tyndall, dans son beau livre sur les glaciers*, attribue en grande partie la configuration actuelle des Alpes aux puissants mouvements de ces prodigieuses masses de glace, qui ont tracé dans la roche d ^énormes sillons, creusé profondément les vallées sur leur passage, et, par cette action même, préparé leur destruction partielle. M. Tyndall explique en effet que les courants d'air chaud qui s'élèvent des vallées vers les hauteurs, ont une température d'autant plus élevée et une force d'autant plus grande que la vallée est plus profonde, d'où il résulte que le glacier diminue en même temps qu'il s'abaisse, et qu'il arrive enfin à des limites qu'il ne peut plus dépasser. Cet équilibre entre la fonte des étés et la progression des hivers paraît aujourd'hui établi, et, sauf quelques rares exceptions, on connaît la limite moyenne que la glace ne dépasse jamais.

On trouve dans les Pyrénées, dans les Vosges, sur les montagnes de l'Ecosse et sur les principales chaînes du globe, les mêmes traces d un immense développement des glaciers primitifs. Nous ignorons encore la cause de ce phénomène, amené sans doute par des conditions météorologiques très-différentes des conditions actuelles, et qu'une persévérante observation des perturbations qui se produisent sous nos yeux permettra peut-être de découvrir. Ainsi M. le professeur

1. The glaciers ofthe Àlps, by John Tyndall, F. R. S. London, Johu Murray.

Frankland, de la Royal Institution^ a montré récemment que la limite des neiges étemelles est plus élevée dans l'intérieur des continents que dans le voisinage des mers. On comprend en effet qu'une abondante production de la vapeur d'eau soit une des principales causes de la formation des glaciers, cette vapeur se transformant en neige ou en glace dans les hautes régions de l'atmosphère. Mais l'abondance des météores aqueux est aussi en rapport, comme nous l'avons vu, avec la température, en sorte qu'il est impossible d'admettre l'existence des immenses glaciers dont on retrouve partout les traces et les profondes érosions, dans la période même où la température moyenne du globe était au-dessus de la température actuelle. Les chaînes de montagnes, qui venaient alors d'apparaître, n'avaient pas encore été entamées par l'action lente, mais si puissante, des divers agents de destruction qui les creusent et les abaissent, et ces chaînes primitives offraient une vaste surface à l'accumulation des neiges et des glaces, dont la formation était favorisée par le voisinage plus fréquent des grands lacs et des mers intérieures, telles que l'ancienne mer du Sahara*.

Le commandant Maury, dans ses belles recherches sur le rôle géologique des vents, a mis sur la voie d'importantes découvertes relatives aux rapports qui existent entre la quantité d'humidité mise en circulation par l'atmosphère, et la configuration des mers et des continents. L'action des grands courants aériens, ainsi que celle des grands courants océaniques, varie avec les circonstances qui la favorisent ou l'entravent^

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