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ORAGES

Phénomènes lumineux. — Feu de Saint-Elme. — Orage dans les montagnes. — Forme des éclairs. — Foudre globulaire. — Tonnerre. — Singuliers effets de la foudre. — Paratonnerre. — Géographie des orages. — Influence du sol. — Orages volcaniques. — Action de Torage sur les eaux souterraines. ~ Utilité des orages.

Phénomènes luminenx. — Feu de Saint-Elme.

L'air en temps d'orage est quelquefois tellement chargé d'électricité qu'elle devient apparente, au milieu de l'obscurité, par une vive lueur sur tous les corps, et particulièrement sur l'eau. On cite des pluies lumineuses pendant lesquelles la terre semblait en feu. Plus d'une fois des voyageurs ont été saisis de frayeur en voyant leurs vêtements mouillés devenir brillants dans les nuits orageuses, ainsi que le rapporte un curieux récit, adressé par M. Allemand, médecin de Fleurier, près Neufchâtel, au professeur Pictet [Biblioûièque universelle de Genève) :

« Appelé, le 3 mai dernier, à me rendre à Motiers, vers dix heures du soir, je fus surpris à la sortie du

village, par un orage qui ne tarda pas à être suivi d'une pluie très-abondante. Muni d*un parapluie à canne, je crus prudent de le fermer à mesure que le tonnerre grondait plus souvent et plus fortement, et même j*en tenais dans ma main l'extrémité supérieure, qui forme, comme on sait, une pointe métallique, obtuse il est vrai, mais qui pouvait peut-être attirer la foudre. Bientôt la nuit, déjà excessivement sombre, le devint plus encore par des torrents de pluie : et ce n'était qu'à la faveur des éclairs vifs et fréquents qu'il m'était possible de suivre la route. Cheminant ainsi au travers de Torage le plus violent qu'il soit possible d'imaginer dans nos contrées, j'aperçus tout à coup une lumière qui me parut venir d'en haut, et, levant de suite les yeux, je remarquai que c^était le bord de mon chapeau qui était lumineux. Croyant que c'était du feu réel, et sans que j'eusse ea le temps de faire aucune réflexion, je passai subitement la main tout le long de cette traînée lumineuse, dans le but d'éteindre ce que ma surprise me faisait envisager comme une véritable flamme. Mais, à mon grand étonnement, elle apparut plus vive encore, ce qui me fit naître l'idée confuse que je m'étais trompé sur la cause de cette lumière. Ma main s'était remplie de l'eau qui découlait de mon chapeau ; en faisant un mouvement pour m'en débarrasser, je la vis briller comme un métal poli lorsqu'il réfléchit une vive clarté.

ce Alors, aux sensations que j'avais éprouvées jusquelà, succéda une émotion qui me fit prononcer à demivoix une exclamation de frayeur. J'étais à une centaine de pas de la ferme de Chaux, c'est-à-dire à dix ou douze minutes de Fleurier, et à quinze ou vingt de

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