FOUDRE GLOBULAIRE
machines électriques. Ces globes de feu, gros quelquefois comme une bombe, descendent vers la terre en se mouvant avec assez de lenteur pour qu'on puisse bien en reconnaître la forme. Leur couleur est variable depuis le blanc mat jusqu'au rouge vif. En avançant sur le sol, ils restent toujours écartés de la surface des corps et ne semblent émettre aucune chaleur. On les voit s'arrêter un instant, avancer de nouveau, puis rebondir comme une balle élastique ou se diviser en globes plus petits. Souvent, à la fin de leur course, une aigrette paraît en sortir, et bientôt^ ils éclatent avec un bruit comparable à celui du canon, lançant de tous côtés des éclairs en zigzag qui produisent d'épouvantables dégâts.
Tonnerre. — Singuliers effets de la foudre.
Le bruit causé par un seul éclair dure quelquefois sans interruption jusqu'à quarante-cinq secondes. Bien que toutes les couches d'air placées sur le trajet de de l'immense étincelle soient pour ainsi dire ébranlées en même temps, le bruit développé en chaque point n'arrive à l'observateur que successivement, et la différence des distances produit des variations dans l'intensité du tonnerre, ses roulements et ses éclats, souvent répétés par les échos. Les décharges qui s'opèrent entre un nus^e et un objet terrestre sont accompagnées des coups les plus violents.
On ne peut se rendre compte des phénomènes de transport opérés par la foudre qu'en faisant intervenir une autre force que l'électricité. C'est sans doute celle de la vapeur développée sur son passage, qui seule a pu soulever, par exemple, un mur du poids de vingt-six
tonnes, pour le porter en masse à plusieurs'^mètres de distance. Plusieurs fois des toitures de grands édifices ont été emportées comme Jpar une mine.
En traversant les corps, la foudre élève rapide D{ient leur température. Des conducteurs métalliques épais de près d'un centimètre ont été fondus ; avec une moindre dimension, ils sont quelquefois volatilisés. On trouve le fer des fils de sonnette incrusté en gouttelettes dans le parquet ou projeté en fine poussière sur les murs.
Les voyageurs voient fréquemment sur le sommet des montagnes les couches superficielles des rochers vitrifiées par la foudre. Lorsqu'elle traverse un amas de sable, eue y forme ces tubes de quartz foiidu et agglutiné, longs quelquefois de douze mètres, auxquels on donne le nom de fulgurites. Le fait suivant est cité par M. Jamin : « Le 17 juillet 1823, le tonnerre tomba sur un bouleau, près du village de Rauschen (sur la mer Baltique) . Les habitants étant accourus virent, auprès de l'arbre, deux trous étroits et profonds ; l'un d'eux, malgré la pluie, leur parut, au tact, à une température élevée. M. le professeur Hagen, de Kœnigsberg, fit creuser avec soin autour de ces trous; celui qui fut trouvé chaud n'offrit rien de particulier ; le second, jusqu'à une profondeur d'un mètre, ne présenta non plus rien de remarquable, mais un peu plus bas commençait un tube vitrifié. La fragilité de ce tube ne permit de le retirer que par petits fragments de 4 à 5 centimètres de long. L'enduit vitré intérieur était trèsluisant, couleur gris de perle, et parsemé de points noirs dans toute son étendue. »
Ce phénomène naturel a du reste pu être reproduit à l'aide de la grande batterie du Conservatoire des arts et métiers, et on a obtenu des tubes semblables