COUCHERS DE SOLEIL
vert Lleuâtre jusqu'au rouge vif. Ces modifications sont lentes dans nos climats; elles permettent de jouir pleinement du magique spectacle des crépuscules où Tazur sombre de la mer rehausse l'éclat des couleurs délicates du ciel. Dans les parages voisins de Téquateur, la durée du phénomène est beaucoup moindre, mais il est en général d'une grande beauté. Voici comment un éminent astronome français, M. Liais, le décrit, dans la relation de son voyage à Rio de Janeiro :
«Presque immédiatement après le coucher du soleil, une coloration rose se montre à Test. On distingue bientôt au-dessus d'elle un segment sombre, souvent de couleur verdâtre. La coloration rose s'étend en largeur vers le sud et le nord, et, onze minutes après son apparition à l'est, elle commence à se faire remarquer à l'ouest, le zénith restant bleu. En réalité, il existe une coloration rose tout autour du zénith jusqu'à l'horizon, sauf à l'est, où un segment gris bleu ou gris verdâtre repose sur l'hwizon, et à l'ouest, où on distingue un segment blanc. Huit minutes après son apparition à l'ouest, la coloration rose, qui a été sans cesse en s'affaiblissant à l'est, cesse entièrement de ce côté. A l'ouest, on distingue un segment blanc, bordé par un arc rose vif, au-dessus duquel apparaît le bleu d'azur avec un éclat et une teinte impossibles à décrire. Cet arc descend peu à peu vers l'horizon. Il devient alors très-surbaissé et prend des teintes rouge vif ou rouge orangé. Enfin il se couche quand le soleil est à 11° sous l'horizon.
« Quand l'arc rouge dont nous venons de parler est très-bas et sur le point de disparaître à l'ouest, une seconde coloration rose se forme et apparaît peu à peu et simultanément à Test et à l'ouest, en faisant le tour
du zénith qui reste toujours bleu. Une région d'un blanc argenté sépare à Touest les deux arcs roses. A mesure que le soleil descend, on voit la deuxième coloration rose disparaître d'abord à Test, en se retirant vers le nord et le sud saiis passer par le zénith ; puis enfin, le premier arc rose se couche, et il ne reste plus que le second arc qui est à T ouest et a la forme d'un arc surbaissé avec un segment blanc au-dessous. Enfin, ce second arc rose, qui prend une teinte plus rouge en s'abaissant, se couche quand le soleil est à 18° sous l'horizon. »
Nous reproduirons encore la description d'un coucher de soleil dans le Sahara, par M. Gh. Martins * :
« Chaque coucher du soleil était une fête pour nos yeux, un étonnement pour notre intelligence, surtout lorsque l'atmosphère n'était pas complètement sereine. Les colorations sont alors plus vives et plus variées.^ A mesure que l'astre s'approche de l'horizon, les nuages gris et échevelés de la voûte du ciel, derniers émissaires des brouillards du nord, se frangent de teintes pourpres de plus en plus intenses, tandis que les contours arrondis des nuages blancs reposant sur les cimes lointaines, se bordent d'un liséré jaune et semblent enchâssés dans l'or qui remplit le couchant. Dès que le soleil est descendu sous Thorizon, une teinte rouge des plus douces se répand sur tout le ciel occidental. Émanation de l'astre disparu, elle colore toutes les montagnes. L'une d'elles, visible dé Biskra, est appelée Djebel-Hammar-Kreddou^ la montagne à la joue rose : elle mérite ce nom, car longtemps encore après le coucher du soleil elle conserve un reflet rose