COUCHERS DE SOLEIL
comme Tincarnat des joues d'une jeune fille. Par un effet de contraste avec le rouge, le bleu du ciel prend une teinte vert d'eau. Peu à peu le rose pâlit, Tare éclairé se rétrécit, et la lumière qui l'illumine est blanche et pure comme celle qui doit briller dans l'éther au delà des limites de notre atmosphère. Grâce à la transparence de Tair, tous les contours des objets terrestres sont parfaitement arrêtés. Les fines découpures des feuilles de palmier deviennent plus visibles qu'en plein jour, et, quand l'arbre tout entier se détache sur ces fonds alternalivement jaunes, rouges et blancs, il semble que la poésie de ce noble végétal se révèle aux yeux pour la première fois. Cependant la nuit se fait. Les planètes, puis les grandes constellations apparaissent les premières : le ciel se peuple de myriades d'étoiles ; sa voûte s'éclaire, la voie lactée, bande blanchâtre et effacée dans les hautes latitudes, semble une écharpe de diamants étincelants jetée sur le dôme céleste. La lune n'est plus cet astre blafard dont le regard mélancolique semble compatir à. la tristesse de nos pays embrumés ; c'est un disque brillant de l'argent le plus pur, réfléchissant sans les afl'aiblir les rayons qu'il reçoit, ou un croissant complété par la lumière cendrée qui dessine visiblement les contours de l'orbe tout entier. Tel fut le coucher du soleil du 13 décembre 1863, la veille de notre départ de Biskra ; il nous émut profondément : c'était notre adieu aux soirées du désert. »
Gréposoules des régions polaires.— Anticr^uscoles.
On admet généralement comme règle pour la durée de la lueur crépusculaire l'abaissement du soleil à 18^
au-dessous de rhorîzon. Dans beaucoup de lieux, le crépuscule dure toute la nuit à certaines époques, et cela arrive à Paris, par exemple, aux environs du solstice d*été.
Si dans les hautes régions Tair est rempli de fines particules de glace, l'obscurité n'est pas complète lorsque le soleil se trouve même à 30^^ au-dessous de l'horizon, comme le montrent les longs crépuscules des régions polaires. Il règne dans ces tristes contrées, pendant leur nuit de six mois, un demi-jour qui permet quelquefois de lire, si la clarté de la lune et le rayonnement des aurores boréales s'ajoutent aux pâles lueurs envoyées par le soleil.
On observe assez souvent après le coucher du soleil, quand on est placé sur une élévation, un arc rouge qui se dessine sur le ciel oriental autour d'un espace sombre de couleur bleue. Dans des circonstances favorables, la ligne de séparation est marquée d'un liséré jaunâtre. C'est le phénomène qu'on a nommé anticrépuscule. Le point culminant de l'arc se trouve précisément en face du soleil, et un examen attentif montre que le segment qui n'est plus éclairé que par la lumière diffuse correspond à l'ombre de la terre se projetant sur le ciel.
Mirage. — Fata-Morgana.
Regardez en été les objets placés au delà d'un champ échauffé par le soleil. Ils paraîtront vacillants et leur forme changera continuellement. On se rend compte de cet effet par l'entre-croisement des filets d'air chaud et d'air froid qui montent et qui descendent. Les rayons lumineux, en les traversant, modifient leur marche presque à chaque instant. Le phénomène du mirage^