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PARATONNERRE

de foudre dans le même quart d'heure. Au dernier, le monument tout entier parut en feu pendant quelques instants. Dans plusieurs endroits, le plomb, le cuivre, le fer, le mortier et le grès lui-même, furent fondus ou vitrifiés. Des pièces de métal se soudèrent aux cloches, et il fut difficile de les en détacher. On vit tomber dans les rues voisines de très-grands fragments de pierre. L'année suivante, une des tourelles fut coupée en deux par la foudre, et on se décida à placer enfin des paratonnerres sur la flèche et sur d'autres parties de l'église. Depuis cette époque, on a constaté qu elle n'a plus été frappée que de coups inoffensifs, atteignant les tiges et suivant les conducteurs sans aucune déviation. En outre, les orages paraissent être devenus moins fréquents et moins intenses au-dessus de Strasbourg.

Citons encore ie cas suivant, où, dit Arago, la nature est prise sur le fait : le 21 mai 1831, pendant un très-violent orage, le vaisseau le Caledonia était à la voile dans la baie de Plymouth. De la ville, on voyait la foudre se précipiter vers la mer à de petites distances du Vaisseau ; elle tombait aussi sur le rivage et y occasionnait divers accidents. Entouré de tous ces coups foudroyants, le Caledonia^ armé de ses paratonnerres, n'était jamais atteint, et il naviguait avec la même sécurité que par un ciel serein.

De grands soins, qu'une instruction émanée de l'Académie des sciences recommande, mais qu'on néglige encore trop souvent, sont nécessaires dans la construction et l'entietien des paratonnerres. Il importe que la pointe de leur tige soit en métal non oxydable, que le conducteur s'unisse par des liens en fer à toutes les grandes pièces métalliques de l'édifice, et soit en

communication parfaite avec le sol. Dans un terrain humide, Técoulement de Télectricité se fait facilement, mais le fer se rouille et se détruit très-vite. Dans un terrain sec, il y aurait isolement, et de grands accidents seraient h, redouter; on fait arriver alors le conducteur dans un puits rempli de braise de boulanger, le charbon, quand il a été rougi, étant une matière très-conductrice et qui n'attaque pas le fer. Quand on a dans le voisinage une nappe d'eau naturelle, on y fait plonger le conducteur, en le ramifiant en plusieurs branches. On ne saurait assimiler un réservoir ou citerne à un puits proprement dit, car les dalles et le ciment formant le fond et les côtés n'offrent qu'un passage difficile à Télectricité ; il n'y a pas d'écoulement, et un cas fulminant peut en résulter.

La différence de conductibilité des terrains et des corps qui s'y trouvent placés doit, aussi bien que leur forme, diriger le choix des lieux dans lesquels on est le moins exposé à être frappé de la foudre. D'après les considérations précédentes, il faut éviter de séjourner sous les arbres, de s'approcher de ^grandes masses métalliques ou de constructions élevées.

On a vu des hommes, des animaux, tués sous un nuage orageux, sans avoir été frappés d'un coup de foudre direct. Ce phénomène, appelé choc en retour par les physiciens, s'explique pas l'influence d'un nuage électrisé très-étendu et déchargé par un éclair à l'une de ses extrémités. Si alors, sous l'extrémité opposée, des corps fortement influencés rentrent subitement dans l'état naturel, ils peuvent subir une commotion extrêmement violente.

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