GÉOGRAPHIE DES ORAGES
GMographie des orages.
HumLoldt a trouvé au sommet de la montagne de Toluca, voisine de Mexico, à la hauteur de 4620 mètres au-dessus du niveau de la mer, des vitrifications fermées par la foudre. Ce fait ne prouve pas que les nuages orageux puissent atteindre cette élévation, car on cite des cas où Téclair a frappé les cimes en se dirigeant de bas^en haut. D'un autre côté les habitants de Ghamounix assurent que des orages ont passé par-dessus le mont Blanc, qui est élevé de 4800 mètres. Arago donne 70, et même 28 mètres comme la limite inférieure que, d'après des mesures exactes, on peut assigner aux orages.
Les traits principaux de la distribution géographique des orages sont en rapport avec la distribution des pluies. Presque toute la pluie des régions tropicales tombe de nuages orageux. Sous l'immense anneau équatorial, on entend presque continuellement le roulement du tonnerre. A Calcutta, on compte par an 60 orages, parmi lesquels 45 éclatent pendant la mousson du sud-ouest, c'est-à-dire d'avril en septembre. On n'en compte aucun de novembre en janvier, pendant la mousson du nord-est. Nous avons déjà signalé le régime exceptionnel du Pérou, où les habitauts n'ont ja mais entendu tonner.
Dans la zone des calmes tropicaux, les orages sont fréquents, moins cependant que sous l'équateur. L'exemple de l'Europe peut donner une idée du régime des latitudes moyennes. On a dans l'Espagne méridionale le même nombre d'orages, de 5 à 10, qu'en Angleterre et dans la Scandinavie. Lltalie, la mer Adriatique, la
Grèce, présentent le maximum du nombre des orages. Nous citerons Janina et Rome, avec une moyenne de 45 et de 40 par an. Dans les Alpes, on n'en compte qu'environ 30; de 15 à 20 en France et en Allemagne, où cependant certaines localités, comme Munster, Braunsberg, exposées à de fréquents orages, présentent des exceptions remarquables. C'est dans l'Adriatique et sur les côtes occidentales d'Europe que les orages sont les plus fréquents. A mesure qu'on avance vers Test, ils deviennent moins nombreux, et au delà des frontières d'Allemagne on n'observe que des orages d'été.
Dans les hautes latitudes, les orages sont extrêmement rares. Il se passe quelquefois une période de six ans sans qu'on entende le tonnerre au Groenland. Nous dirons plus loin comment l'orage est remplacé dans ces régions par le splendide phénomène des aurores boréales.
Entre les tropiques, les orages sont toujours causés par des courants atmosphériques ascendants, et il en est de même dans la zone tempérée pour les orages d'été. On les voit se produire chaque jour, dans l'aprèsmidi, quand la disposition du pays s'y prête. Au-dessus de quelques lacs de la Suisse apparaît un petit nuage qui va se fixer sur le flanc d'une montagne voisine, puis augmente et se décharge avec un terrible fracas. Nous avons observé, vers la fin de l'été, cette formation périodique des orages dans les baies de Naples et de Tunis.
Les orages de la zone tempérée accompagnent, pour la plupart, les fortes pluies résultant de la rencontre du courant équatorial et du courant polaire. Il y a alors entre les deux vents une lutte qui se prolonge souvent