‹ Les météoresChapitre 54 sur 117 · GÉOGRAPHIE DES ORAGES · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE DES ORAGES

îndant plusieurs jours, et dont Tissue détermine Tétat a temps. Avec les vents du sud, Tair est lourd, tiède, iimide ; d*épais nuages montent de T horizon. Mais mdain la rafale du nord arrive, accompagnée d^ex- Losions électriques. Les fluctuations des courants font Giitre plusieurs orages consécutifs, dans lesquels ne se lanifeste aucune périodicité et dont l'étendue est trèsiriable. Si le vent polaire domine, toutes les vapeurs 3 résolvent en pluie ou sont emportées au loin et le ]el se rassérène. D'autres fois, c'est le vent du nord ui règne au début avec un temps clair, sec et froid ue le courant du sud vient changer. Ce courant est idiqué dans les hautes régions par les cirrus, qui épaississent rapidement, se transforment en cumulus i couvrent le ciel d'une couche sombre d'où jaillit ientôt l'éclair. Quand le vent du nord cède, l'orage se îrmine par un temps doux et par ces longues pluies ui sont pour nos contrées un si puissant élément de icondité.

Influence du sol. ~ Orages volcaniques,

Suivant quelques météorologistes, la nature des terlins peut contribuer à rendre les orages plus fréquents.

Dans le département de la Mayenne, dit M. Blavier, igénieur des mines, il existe des masses de diorite^ ui renferment une proportion notable de fer et qui gissent sur Taiguille aimantée. Il nous a été assuré ue certaines communes, celle de Niort, par exemple, oyaient toujours les orages les plus menaçants se disiperà leur approche, ou les tourner dans certaines di-

1. Espèce de roche dans laquelle se ^encontre quelquefois le fer imantô.

rections. Nous pensons que c'est dans l'action conductrice de plusieurs masses considérables de diorite qu'il convient de chercher l'explication de ce fait. » Le savant Vicat rapporte l'observation suivante, recueillie à Grondone, village situé dans les Apennins, près d'une très riche mine de fer qui s'élève sous la forme d*un pic isolé. Presque tous les jours, dans les mois de juillet et d'août, on voit se former un nuage électrique au-dessus du territoire ; ce nuage, grossissant insensiblement, re§te pendant quelques heures suspendu sur la mine, puis éclate en se déchargeant vers le pic, presque entièrement métallique. «Les ouvriers mineurs, ajoute Vicat, avertis par l'expérience, jugent quand il est temps de quitter la place ; ils se retirent alors à quelque distance, puis reviennent à leur travail après Texplosion. J'ai vu maintes fois le grand nuage de Grondone se former vers midi et tenir bon jusqu'à quatre ou cinq heures du soir, puis donner lieu, après quelques coups de tonnerre, à un petit orage. »

Nous trouvons encore la curieuse observation suivante, dans une récente description des grottes de la Norwége • : « Un promontoire du Lyse-Fjord offre une caverne vraiment effrayante par les phénomènes météorologiques dont elle est le théâtre. On sait qu'il n'est pas de rochers d'un aspect plus sinistre que celui de Lyse-Fjord. C'est vers le 59' degré de latitude, à une petite distance à l'est du port de Stavanger, que s'ouvre ce bras de mer, prodigieux fossé de 40 kilomètres de long, encaissé entre deux murailles à pic, hautes d'un kilomètre en moyenne. Sans doute le premier marin qui vogua sur les eaux tranquilles et noires de

Page 1