TROMBES
source de ces forces, lorsqu'après une évaporation rapide, par des temps chauds et calmes, ils ont conservé l'électricité que les vapeurs contiennent et qui, le plus souvent, s'écoule dans le sol à travers l'atmophère humide. Lorsque des nuages ainsi chargés d'électricité, et souvent accumulés en masses énormes, viennent concourir aux perturbations atmosphériques, ils agissent avec les forces qui leur sont propres, et ajoutent de puissantes influences d'attraction et de répulsion aux violentes impulsions de Tair. Toutes les observations relatives aux trombes tendent à prouver qu'elles sont le résultat d'une transformation de ces nuages électriques.
Avant l'apparition des trombes, qui sont beaucoup plus fréquentes sur mer que sur terre, des nuages noirs, orageux, s'agglomèrent, et on voit le nuage le plus inférieur s'abaisser, sous forme d'un cône renversé, dont le sommet s'approche plus ou moins du sol ou de la surface de la mer. Au-dessous de ce nuage qui descend, les eaux paraissent en ébuUition, et la vapeur qui en sort s'élève comme une fumée. Sur la terre, les corps légers, la poussière, sont enlevés et forment des tourbillons. Quelquefois la pointe du cône touche la mer et y creuse une grande dépression circulaire, comme si un violent courant d'air en sortait. Plus rarement les eaux sont soulevées en forme de colonne ou de cône ascendant. Au milieu des nuages de vapeurs qui entourent la partie inférieure de la trombe, des gerbes d'eau s'élancent et retombent à l'extérieur. « Cet amas d'eau, dit Peltier, élevé en fumée tourbillonnante, ces jets ascendants et descendants, vus de loin, ont l'apparence d'un bosquet ou d'une charmille, que les navigateurs anglais ont nommé bush^ buisson. »
Les trombes font presque toujours entendre un bruit assourdissant, un sifflement étrange, qui augmente ou diminue suivant que le terrain au-dessus duquel elles passent est plus ou moins humide. Elles sont fréquemment accompagnées de tourbillons de vent, d^éclairs, de tonnerre, de grêle et de pluie.
TourbUlons électriques. — Tempêtes de poussière.
On a VU des trombes sèches ou trombes de vent causer de très-grands ravages sans avoir été précédées par Tagglomération de nuages opaques. Peltier admet que les vapeurs invisibles se groupent en nuages transparents, qui peuvent être chargés d'électricité comme les nuages opaques, et reproduire les mêmes phénomènes. On voit aussi dans les déserts, pendalit les grands calmes et sous un soleil ardent, le sable s'élever au milieu de tourbillons électriques qui rappellent les trombes. Piddington* cite à ce sujet un très-intéressant résumé des observations faites dans l'Inde, par le docteur P. Baddeley :
« Mes observations se sont étendues depuis la saison chaude de 1847, époque de ma venue à Lahore pour la première fois, jusqu'en i 850 ; en voici le résultat:
« Les tempêtes de poussière sont causées par des colonnes spirales de fluide électrique passant de l'atmosphère à la terre; elles ont un mouvement en avant, un mouvement rotatoire comme les tempêtes tournantes à la mer, et un mouvement spiral particulier de haut en bas. Il paraît probable que , dans une tempête éten-
1. Loi des tempêtes. Traduction de M. Ghardonneau, lieutenant de vaisseau.