‹ Les météoresChapitre 59 sur 117 · TEMPÊTES DE POUSSIÈRE · texte numérisé non relu

TEMPÊTES DE POUSSIÈRE

due de poussière, la plupart de ces colonnes se meuvent ensemble dans la même direction et que, pendant la durée de la tempête, des rafales soudaines et nom breuses ont lieu à des intervalles dans lesquels la tension électrique est à son maximum.

« On peut observer les mêmes phénomènes dans tous les cas de tempêtes de poussière ; depuis celles de quelques pouces de .diamètre jusqu'à celles qui ont cinquante milles d'étendue et au delà, les phénomènes sont identiques.

a C'est un fait curieux que quelques-unes des plus petites tempêtes- de poussière qu'on voit, par occasion, dans les grandes plaines arides de ce pays et dans l'Afghanistan au-dessus du Bolan-Pass, et qu'on appelle diables dans le langage vulgaire, sont longtemps stationnaires, c'est-à-dire plus d'une heure ou presque autant; et, pendant tout ce temps, la poussière et les corps légers du sol conservent en l'air leur mouvement tourbillonnant. Dans d'autres cas, on voit les petites tempêtes de poussière avancer lentement, et quand elles sont nombreuses elles marchent ordinairement dans la même direction. Souvent des oiseaux, les milans et les vautours, planent au-dessus de ces endroits et suivent évidemment la direction de k colonne comme s'ils s'en réjouissaient. Je pense que les phénomènes liés aux tempêtes de poussière sont indentiques à ceux qui se présentent dans les trombes, dans les grains blancs à la mer, dans les tempêtes tournantes et dans les tornades de toute espèce, et qu'ils naissent de la même cause, c'est-à-dire de colonnes mobiles d'électricité.

« En 1847, à Lahore, désireux de m' assurer de la nature des tempêtes de poussière, je plaçai en l'air un

fil de cuivre, isolé sur un bambou^ au sommet de ma maison ; j'amenai une extrémité du fil dans ma chambre, et je le fis communiquer avec un électromètre' à lame d'or et un fil détaché comuniquant avec la terre. Un jour ou deux après, pendant le passage d'une petite tempête de poussière, j'eus le plaisir d'observer le fluide électrique passant par vives étincelles d'un fil à l'autre, et affectant fortement T électromètre. Le fait était désormais expliqué; et depuis lors j'ai observé, par le même moyen, au moins soixante tempêtes de poussière de diverses grandeurs; elles présentaient toutes le même phénomène.

« J'ai obervé que, communément, vers la fin d'une tempête de cette espèce, la pluie tombe soudain, et qu'instantanément le courant d'électricité cesse ou diminue beaucoup ; quand il continue, il semble que c'est seulement dans les cas où la tempête est forte et doit encore avoir une certaine durée. »

L'auteur s'arrête ensuite sur sa manière d'observer ; puis il continue à décrire les tourbillons :

« Le ciel est clair ; pas un souffle d'air en mouvement ; vous voyez bientôt un banc de nuages très-bas à l'horizon, que vous vous étonnez de n'avoir pas observé auparavant: quelques secondes se sont passées, et le nuage a couvert un demi-hémisphère ; il n'y a pas de temps à perdre : c'est une tempête de poussière, et chacun à la hâte se précipite dans sa maison pour éviter d'y être enveloppé.

a Le fluide électrique continue sans cesse à descendre par le fil conducteur pendant la durée de la tempête; les étincelles ont souvent plus d'un pouce

Page 1