TEMPÊTES DE POUSSIÈRE
de longueur et émettent un sourd craquement; son intensité varie avec la force de la tempête et, ainsi qu'on Ta dit précédemment, est plus forte pendant les rafales.
« L'une de ces tempêtes, arrivée l'année dernière au mois d'août, semblait venir de la direction de Lica sur rindus, à l'ouest de Lahore. Un officier en marche, à vingt milles de distance de Lica, en fut soudain enveloppé : sa tente fut emportée et il fut lui-même renversé et presque suffoqué par le sable. A Lica, le tourbillon lézarda les murs d'une solide habitation en briques, dans laquelle cet officier avait récemment logé, et déracina quelques arbres aux environs.
« J'ai quelquefois essayé de déterminer le genre de l'électricité, et j'ai trouvé qu'elle n'est pas invariablement de même espèce : quelquefois elle paraît positive, d'autres fois négative : elle change pendant les tempêtes. »
Trombes de mer.
Les effets extraordinaires produits par les trombes, leur étrange puissance de destruction, la singularité de leurs formes, font comprendre qu'on ait pu jadis les regarder comme des mauvais esprits qui, sous ce prodigieux déguisement, se plaisaient àravager les campagnes en y répandant la terreur. La superstition attribue encore quelquefois une sorte de personnalité à ces météores destrucieurs, dont le monstrueux aspect et la marche capricieuse frappent vivement l'imagination, qui, l'ignorance aidant, peut enfanter les plus bizarres croyances, heureusement bientôt détruites aujourd'hui par les lumières de la science et de la raison.
Peltier a reproduit la relation suivante d'une trombe vue par le docteur Leymerie, le 2 septembre 1804, à bord du cutter le Vautour :
« Ce bâtiment venait de Gayenne, se dirigeant vers les côtes d'Afrique ; il n'était plus éloigné de la rivière de Gambie, lorsque la trombe se forma. Avant sa formation, il régnait un calme plat; les journées précédentes avaient été très-chaudes et, depuis le matin, le ciel s'était couvert de nuages épais. Le cutter poursuivait un négrier anglais, lorsque tout à coup on vit s'élever de la mer une colonne d'eau de cent màtres environ, qui alla se joindre à une colonne de vapeur descendant de la nue. C'est à cet instant que le calme cessa et que la tempête commença à sévir avec violence; La colonne n'était pas formée par de l'eau à l'état liquide, mais à l'état de vapeur très-dense, comme on l'a constaté un grand nombre de fois. Cette colonne était lumineuse dans toute son épaisseur; elle avait une apparence phosphorescente et un peu jaunâtre ou fauve. La mer était elle-même resplendissante de lumière, et le vaisseau laissait derrière lui un long sillage de feu. La tempête dura quatorze heures et causa de nombreux sinistres dans ces parages. »
Les marins ont souvent recours au canon pour rompre les trombes. Lorsque le boulet les traverse,' on les voit quelquefois se séparer en deux parties, qui, le plus souvent, ne tardent pas à se réunir encore. H arrive aussi que le boulet fait jaillir l'eau des deux côtés, sans rien changer pourtant au phénomène.
Les trombes, ainsi que le fait observer Peltier, présentent assez fréquemment un fait remarquable, qui paraît inconciliable avec la théorie des tourbillons de vent comme cause de ce phénomène : plusieurs origines
THE l'EV>' ÏOKK