‹ Les météoresChapitre 61 sur 117 · TROMBES DE MER · texte numérisé non relu

TROMBES DE MER

sortent de la nue et se réunissent bientôt en un même cylindre. Il est difficile de démontrer que divers tourbillons viennent ainsi se réunir à un seul, tandis que les attractions électriques peuvent déterminer ce mode d'union. On voit de même le cône nuageux se diviser en plusieurs spirales qui se réunissent et se redivisent encore, ce qui doit écarter Tidée d'une impulsion due aux tourbillons de vent.

Trombes terrestres*

Nous reproduirons maintenant deux relations de trombes terrestres, qui donneront une juste idée de ce terrible météore. La première a été observée et décrite par un savant météorologiste, le professeur Grossmann :

« Le 25 juin 1829, vers deux heures de l'après-midi, à une lieue au-dessous de Trêves, à l'est-nord-est de Ruwer et de Pfalzel, à environ 29 degrés au-dessus de l'horizon, un phénomène se montra, qui frappa d'étonnement et mit pendant une demi-heure dans une attente inquiète un grand nombre d'hommes qui étaient occupés au dehors.

« Le ciel, à la suite de la pluie qui venait d'avoir lieu, était encore couvert, lorsque tout à coup, du milieu d'un nuage noir qui s'élevait de Test- nord-est, une masse lumineuse commença à se mouvoir en sens contraire et à le déchirer violemment. Le nuage prit bientôt, vers le haut, la forme d'une cheminée, de laquelle se serait échappée ime fumée d'un gris blanchâtre , mélangée par intervalles de jets de flamme, et s'élevant par plusieurs ouvertures avec autant de force, ainsi s'exprimèrent un certain nombre de témoins, que si

elle avait été chassée avec la plus grande vivacité par plusieurs soufflets.

« Le météore était arrivé au-dessus des vignes de Disburg et vis-à-vis Ruwez, lorsque, à quelque distance plus au sud, sur la rive droite de la Moselle, tout à fait en contact avec le sol, un nouveau météore apparut subitement. Il dispersa des masses de charbon entassées autour d'un arbre, renversa un ouvrier d'un four à chaux, et se précipita à travers la Moselle avec un fracas épouvantable, comme si un grand nombre de pierres se heurtaient ensemble. L'eau s*élança en une haute colonne.

« Continuant à rouler avec le même fracas, le météore, toujours à terre, se dirigea à travers les campagnes de Pfalzel, laissant partout des traces évidentes de sa route en zigzag dans les champs de blé et de lé* gumes. Une partie des récoltes fut entièrement détruite, une autre partie couchée et hachée, le reste enlevé au loin dans les airs.

a Plusieurs femmes, près desquelles passa le météore, s'évanouirent; d'autres plus éloignées se cachèrent ou s'enfuirent en criant : « Tous les champs sont en feu. » Deux ouvriers, qui étaient montés sur un arbre, observèrent le météore dans tout son trajet; un autre eut même la pensée courageuse de le suivre, et cela était facile en marchant d'un pas ordinaire. Dans un des zigzags qu'il décrivait, le météore l'enveloppa tout à coup. Il se sentit tantôt tiré en avant, tantôt violemment soulevé. Il se pencha en s'appuyant fortement à terre avec ses outils ; mais il n'en fut pas moins jeté à la renverse. Le tourbillon cependant l'abandonna et continua sa route. Cet ouvrier ne se souvient d'aucune impression particulière qui aurait affecté soit

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