‹ Les météoresChapitre 63 sur 117 · TROMBE DE MON VILLE · texte numérisé non relu

TROMBE DE MON VILLE

sidérables qu'elle écrasa avec tous leurs ouvriers. Les toits furent soulevés, et il ne resta pas pierre sur pierre. Les métiers étaient tordus, les fortes pièces brisées, principalement dans les endroits où il y avait de grosses masses métalliques. Les arbres, dans les environs, étaient renversés en tous sens, clivés et desséchés, sur une longueur de 2 à 7 mètres. En déblayant, pour tâcher de sauver les malheureux ensevelis sous les décombres, on remarqua que les briques étaient brûlantes. On trouva des planches carbonisées, du coton brûlé et roussi; beaucoup de pièces de fer ou d'acier se trouvèrent aimantées. Des cadavres présentaient des traces de brûlures, d'autres n'avaient pas de lésions apparentes, comme s'ils avaient été frappés de la foudre. Des ouvriers, qui furent lancés dans les prairies environnantes, s'accordèrent à dire qu'ils avaient vu de vives lueurs et senti une forte odeur de soufre. Des personnes placées sur des hauteurs, virent les usines enveloppées par la trombe, couvertes de flammes et de fumée. La largeur de la bande ravagée était de 220 mètres sur le plateau de Malaunay, à 2 kilomètres du point où les dégâts avaient commencé, de 307 mètres au miheu, et de 60 mètres près de Clères, où la trombe disparut. La longueur de la bande, à vol d'oiseau, était de 15 kilomètres.

« Un résultat très-remarquable, c'est que des débris de toute sorte, ardoises, vitres, planches, pièces de charpente mêlées de coton, sont tombés près de Dieppe, à une distance de 25 à 38 kilomètres du lieu de la catastrophe. Ces divers objets ont été aperçus dans les airs par plusieurs personnes, qui les prirent pour des feuilles d'arbres, tant ils étaient élevés. Parmi ces débris, on cite une planche de 'i",04 de longueur, de

0«,12 de largeur, et de 0",0l d'épaisseur. Heureusement toutes les trombes ne sont pas aussi formidables que celle que nous venons de décrire. »

Lorsqu'un orage se transforme en trombe, le bruit du tonnerre cesse aussitôt. Les décharges électriques ont lieu par les nuages abaissés et par les arbres qui se trouvent sur le passage du météore. Ces arbres, traversés par l'électricité, sont desséchés en un instant, et la tourmente les brise, au lieu de les arracher. L'énorme trombe qui ravagea la commune de Ghatenay, le 18 juin 1839, détruisit ainsi toutes les plantations dans la vallée située entre les collines d'Écouen et le monticule de Ghatenay. « Quinze cents pieds d'arbres, dit Peltier, ont évidemment servi de conducteurs à des masses d'électricité, à des foudres continuelles, incessantes. La température, fortement élevée par cet écoulement du fluide électrique, a vaporisé instantanément toute l'humidité de ces conducteurs végétaux, et cette vaporisation les a fait éclater tous longitudinalement. »

Tornades.

Les tempêtes-ouragans ou cyclones^ pendant lesquelles le vent souffle avec une violence extraordinaire, en sautant, plus ou moins subitement, d'un point à l'autre de l'horizon, sont aussi classées parmi les phénomènes effrayants dont le mouvement tourbillonnant paraît dû à une immense action électrique. Toutes les descriptions montrent que ces météores sont produits, comme les trombes, par des couches de nuages orageux.

Les tornades de la côte occidentale d'Afrique sont

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