TORNADES
téores précèdent la saison des pluies et sont plus ou moins violents selon Tétat de Tatmosphère. Ordinairement ils ne durent guère, et ils se terminent toujours par une forte averse, qui ranime la végétation et rafraîchit Tair échauffe par une ardente chaleur. Aussi éprouve-t-on, après leur passage, une vivifiante sensation de bien-être.
Cyclones. — Ouragans.
Piddington cite une rencontre de deux tornades, qui par leur violence, peuvent être comparées aux cyclones. Le phénomène fut observé à Charleston, dans la Caroline du Sud, le 2 mai 1761, à deux heures de Taprèsmidi.
a .... La tornade traversa la rivière Ashley et tomba sur les navires, au mouillage de la Rébellion, avec assez de furie pour menacer de destruction la flotte entière. On la vit, de la ville, venir d'abord rapidement vers la crique Wappo, semblable à une colonne de fumée, dont le mouvement était très-irrégulier et tumultueux. La quantité de vapeur qui composait cette colonne et sa prodigieuse vitesse produisirent une action tellement vive, qu'elle agita la rivière Ashley jusqu'au fond, et laissa le chenal à découvert. Le flux et le reflux firent flotter à grande distance les embarcations. Quand elle atteignit la rivière, elle fit un bruit pareil au tonnerre continu ; son diamètre, à ce moment, fut estimé à 3U0 brasses (1500 pieds), et sa hauteur, vue de Charleston, à 25 degrés. Elle fut rencontrée à la pointe Blanche par un autre tourbillon, qui descendait de la rivière Gooper, mais n'était pas égal au premier. A leur rencontre, l'agitation tumul-
tueuse de l'air fut beaucoup plus grande; récume et la vapeur paraissaient jetées à la hauteur de quarante degrés, pendant que les nuages, qui couraient dans toutes les directions vers cet endroit, semblaient s'y précipiter et tourbillonner en même temps avec une incroyable rapidité. Le météore tomba ensuite sur les navires en rade et mit trois minutes à les atteindre, quoique la distance fût de près de deux lieues. Sur quarante-cinq navires, cinq furent coulés bas sur-lechamp ; le navire de TÊtat Dolphin^ et onze autres, furent démâtés. Le dommage, évalué à plus de 5 millions, fut fait instantanément, et même les navires coulés furent engloutis si rapidement, que les personnes qui étaient en bas eurent à peine le temps de monter sur le pont. Le tourbillon de la rivière Cooper changea la marche de la tornade de la crique Wappo, qui sans cela aurait, en continuant sa route, emporté devant elle, comme de la paille, la ville de Charleston.
u Cette terrible colonne fut aperçue d'abord vers midi à plus de 50 milles ouest-sud-ouest de la rade; elle détruisit tout sur sa route, faisant avenue complète quand elle passait dans les arbres. La perte des cinq navires fut si soudaine, qu'on ne sait si ce fut le poids de la colonne qui la produisit, ou bien si ce fut la masse d'eau chassée sous eux qui les fit sombrer, »
C'est aux Antilles, dans le golfe du Mexique, dans la mer des Indes, qu'éclatent les ouragans les plus désastreux , les formidables cyclones pendant lesquels la nature semble revenir au chaos primitif. « Quelquefois, dit un ancien auteur*, vers le côté de l'horizon d'où