Combinaison de soufre avec le fer ou le cuivre
AÉROLITHES. 2j1
conducteur du calorique. Dans le cas qui nous occupe, la chaleur aurait dû être en quelque sorte instantanée, et cependant d'une intensité considérable, car il n'a pas fallu moins de la chaleur rouge blanc du chalumeau pour reproduire artificiellement ce vernis de fusion. Non-seulement la partie intérieure de la météorite est tendre et friable, mais elle se réduit en poudre impalpable aussitôt qu'elle prend le contact de l'eau, et que le sel soluble qui lui sert de ciment se trouve dissous. »
Composition des aérolithes.
En étudiant les aérolithes et en les comparant aux autres minéraux, les savants sont arrivés à cette conclusion qu^ils sont bien composés des mêmes éléments (à peu près le tiers des corps simples connus), mais que par le mode d'agrégation ils sont tout différents et doivent être regardés comme étrangers à notre globe. Quelle que soit la date de leur chute, en quelque lieu qu'on les ait trouvés, ils ont des caractères communs bien évidents, et ce rapport est si frappant qu'on avait pu les regarder comme provenant d'un même rocher. A l'extérieur, une croûte noire, un émail brillant produit par des températures très-élevées, niais qui ne pénètre qu'à quelques millimètres; à l'intérieur, une singulière structure granuleuse, présentant sous le polissoir des traits bizarres, qu'on a pu comparer à des hiéroglyphes. Un aérolithe ressemble souvent à une pierre dans laquelle on aurait tiré des plombs de chasse. Les grariules sont tantôt très-menus, comme dans l'échantillon qui a été décrit plus haut, tantôt gros comme du mil,
des pois ou même des noisettes. Ils sont durs, et quand on les casse, on y aperçoit une cristallisation. La matière dans laquelle ils sont incrustés est de nature terreuse, plus ou moins consistante, grise d^ordinaire. Les substances qui la composent sont pour la plupart mélangées mécaniquement et non point combinées chimiquement. On met dans une classe à part les aérolîthes presque entièrement formés de fer. Il faut remarquer que ce fer n'est nullement oxydé, qu'il est, comme disent les minéralogistes , à l'état natifs et qu'avec le nickel % qu'il tient le plus souvent en combinaison, il imprime aux aérolithes im cachet tout à fait spécial.
Les aérolithes pierreux, formés par le mélange de différentes substances minérales, ont constamment l'aspect de fragments, et on ne les trouve p§LS en grandes masses, comme ceux qui sont presque entièrement composés de fer. Il y en a de vraiment énormes parmi ces derniers. La masse météorique , observée par Pallas dans les plaines de la Sibérie, pesait 700 kilogrammes. Elle était tenue en vénération par les Tartares, et regardée par eux comme tombée du ciel. Une masse trouvée au Brésil pèse 6000 kilogrammes. D'après M. Beudant, il y a une masse semblable de 14 000kilogr. àOlimpa, dans le Tucuman, et une de 19 000 kilogr. aux environs de Duranzo, dans le Mexique. Dans la partie orientale de TAsie, non loin de la source de la rivière Jaune, se trouve, d'après Abel Rémusat, une masse d'environ quarante pieds de hauteur. Les Mongols l'appellent Roche du pôle et disent qu'elle tomba à la suite d'un météore. Le seul aérolithe de cette na-