AÉROLITHES
ture, dontrorigine céleste soit bien constatée, est tombé près d'Agram, en Dalmatie, le 26 mai 1751.
L'aérolithe le plus remarcpiable que possèdent les galeries minéralogiques du Muséum est celui de Privas (Ardèche), tombé le 5 juin 1821. H pèse 92 kilogr., et il s'était enfoncé dans la terre de deux décimètres.
On retire ordinairement les aérolithes d'une assez grande profondeur du sol. Un calcul approximatif fait sur les données recueillies depuis qu'on les observe avec plus de soin, évalue à environ six cents le nombre annuel de chutes.
Les rochers de fer natif qui gisent à la surface du sol, dans différentes parties du globe, sans connexion avec les terrains environnants, sont probablement aussi des aérolithes.
En général, les aérolithes qu'on a pu toucher au moment de leur chute étaient très-chauds; mais on a récemment observé, au Pendjab, un aérolithe terreux gelant les mains des personnes qui voulaient le relever. Il est facile d'expliquer cette basse température , si l'on admet que ces corps ont traversé les espaces interplanétaires, où la température s'abaisse, selon quelques physiciens, jusqu'à 140 degrés. Le passage dans l'atmosphère n'échauffe, comme nous l'avons déjà vu, que la surface de la masse météorique qui, en se brisant, laisse tomber des fragments de la partie centrale ayant gardé leur basse température. Dans les aérolithes métalliques, la transmission de l'énorme chaleur extérieure est très-rapide, et ils arrivent souvent à la terre comme des boulets rouges.
On doit à l'éminent géologue français, M. Daubrée, la production synthétique de plusieurs sortes de météorites. Les fers météoriques ont pu être imités faci-
lement quant à la composition : il suffisait d'introduire dans du fer ordinaire, du nickel, du cobalt, du soufre, du phosphore, etc., dans des proportions convenables. Mais ce n'est qu'après l'essai de plusieurs méthodes différentes que l'expérimentateur est parvenu à leur donner la structure révélée par les figures régulières si caractéristiques appelées /î^fure^ de Wildmannstaetten^ du nom du savant qui le premier les a fait apparaître sur des fers météoriques naturels, en soumettant à l'action des acides la surface d'une section plane et en la polissant ensuite.
D'autres types furent obtenus en chauffant assez fort des mélanges appropriés pour les convertir sous l'action de l'oxygène en scorifications ; l'analogie d'un grand nombre de météorites avec certaines laves fut mise en évidence ; celles de ces météorites dont la chute est la plus fréquente sont composées du silicate magnésien appelé péridot, renfermant outre le fer et le sulfure de fer de petits globules pierreux. On en fait une imitation en chauffant au chalumeau à gaz, du silicium de fer dans une brasque de magnésie et en y ajoutant du nickel, du phosphore, etc.
Les météorites rangées en série sous le rapport de la densité parallèlement aux rochers qui composent la croûte du globe terrestre, suggèrent d'intéressantes idées sur la formation de celui-ci. Les roches éruptives les plus' profondes (la cherzolithe et roches semblables) paraissent tout à fait comparables aux pierres du type commun que nous avons signalé, tandis que les couches plus centrales encore sont semblables aux météorites très-riches en fer, aux fers à péridot et aux fers météoriques proprement dits.
Diverses considérations portent à penser que l'en-