‹ Les météoresChapitre 81 sur 117 · AÉROLITHES · texte numérisé non relu

AÉROLITHES

semble des parties centrales du globe est composé de ces derniers minéraux, et il est bien curieux de voir l'étude des pierres tombées du ciel donner les notions les plus exactes sur ces mystérieuses profondeurs. La densité, en effet, que l'astronomie assigne à la planète est celle du fer (5,5). Le fer a été reconnu dans les roches volcaniques de la chaussée des Géants et de plusieurs autres localités. Le platine est quelquefois accompagné de fer natif provenant évidemment de trèsgrandes profondeurs; c'est grâce au dixième de fer auquel il est allié que le platine de l'Oural a des propriétés magnétiques.

Les roches de péridot, si rares à la surface, mais dont les basaltes ont apporté des cristaux certainement arrachés aux masses profondes, ont joué, d'après M. Daubrée, un rôle de premier ordre dans l'économie du globe. «Leur importance, dit-il, s'étend au système planétaire entier, autant du moins qu'on peut juger de ce dernier par les échantillons qui nous en arrivent ; les roches à base de péridot méritent par suite de prendre dorénavant un rang particulier et considérable dans la classification générale de lithologiç, où, en leur annexant la serpentine (qui paraît du reste être une altération du péridot), on pourrait les comprendre sous le nom de Famille péridotiqvs ou de Roches cosmiques^, »

Apparitions périodicnies.

Dès qu'on eut reconnu l'origine céleste de ces corps, on pensa qu'ils pouvaient provenir de la lune, et qu'ils

1. Voyez pour plus de détail un intéressant article de M. St- Meunier dans V Annuaire scientifique Dehérain de 1869.

étaient le produit de ses volcans. On calculait que pour leur faire franchir la limite de son attraction, une force double de celle qui projette le boulet dans nos plus gros canons avait suffi. Ils seraient veniiB alors circuler autour de la terre et rencontrer quelquefois sa surface. Mais cette explication ne rendait pas compte des observations nouvelles dont nous aUôzw parler, et qui ont conduit à une hypothèse plus générale.

Il s^agit des flux de météores qui illuminent le idel à différentes époques de Tannée, et dont quelques apparitions présentent une remarquable périodicité. 01msted et Palmer ont fait une description de Ténonne essaim d'étoiles filantes, qu'ils observèrent en Amérique, dans la nuit du 12 au 13 novembre 1833. Elies tombaient comme des flocons de neige, et en neuf heures on évalua leur nombre, dans une seule station, à plus de deux cent mille. Elles brillaient de couleurs variées, des bolides de toute grandeur y étaient mêlés, pendant que sur le fond du firmament on apercevait de légères traces phosphorescentes. En 1799, à la même époque de Tannée, Humboldt avait vu un phénomène presque aussi brillant à Gumana. En 1823, en 1832, il se produisit en Europe, et on Tobserva ensuite régulièrement tous les ans jusqu'en 1842. Mais, à partir de cette date, le jour de son apparition se déplaça et s'écarta jusqu'à la fin d'octobre. En même temps, le phénomène s'était beaucoup amoindri, et avait même disparu entièrement.

Il n'en est pas ainsi pour une autre date, qui se maintient avec une grande précision. C'est celle du 10 août, ou plutôt du 9 au 11. Des documents certains établissent que les astronomes chinois ont observé, il

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