ASTÉROÏDES
répoque de la fatale bataille de Mûhlberg, et dura trois jours. Kepler voulut en chercher la cause dans Tinterposition d^une materia cometica^ puis dans un nuage noir que des émanations fuligineuses, sorties du soleil, auraient contribué à former. Ghladni et Schnurrer attribuaient au passage de masses météoriques devant le disque du soleil les phénomènes analogues des années 1090 et 1208, qui durèrent moins longtemps, le premier pendant trois heures, le second pendant six heures.
« Messier rapporte que le 17 juin 1777, vers midi, il vit passer sur le soleil, pendant cinq minutes, un nombre prodigieux de globules noirs. Ces globules ne faisaient-ils pas partie de Pun des anneaux d'astéroïdes dont toutes les observations des météores cosmiques tendent à faire admettre l'existence? Deux autres obscurcissements du Soleil, celui du commencement de février 1106 et celui du 12 mai 1706, pendant lequel, vers dix heures du matin, la nuit devint telle qiie les chauves -souris se mirent à voler, ne paraissent pas pouvoir s'expliquer autrement. »
Anneanz de météorites.
Selon M. Le Verrier, la pluie d'étoiles filantes de novembre est due au passage d'un essaim de météorites parcourant autour du soleil une vaste orbite dans un sens inverse de celui du mouvement de la Terre et de tous les autres grands corps de notre système planétaire. Cet essaim n'appartiendrait donc pas au même ordre de formation que ces corps, il serait d'une épaque cosmique postérieure. Les apparitions périodiqiies ont été constatées depuis 902, et comme depuis lors la
distance de la Terre au Soleil a varié, on en conclut que Tessaim est fort large. De plus, par suite de Tindépendance de ses particules leurs vitesses diverses ont tendu à les répandre peu à peu le long de Tanneau. Si elles n'en occupent encore qu un nombre limité de degrés, c'est que le travail de dislocation de l'essaim, dont la forme était sphérique au début, n a commencé qu'il y a peu de siècles.
Un astronome anglais, en compulsant les annales chinoises où les pluies d'étoiles sont très-exactement enregistrées, a trouvé que le maximum d'éclat du phénomène revient après 33 ans environ, ce qui donne à l'orbite de l'essaim un grand axe égal à 20 rayons de l'orbite terrestre et une inclinaison de 14 degrés sur l'écliptique. En la traçant, M. Le Verrier a remarqué qu'elle est rencontrée vers les limites de sa partie supérieure par l'orbite d'Uranus, et admettant l'existence d'une foule d'essaims parcourant les espaces célestes, il pense que celui-ci a été jeté dans son orbite actuelle par l'action de la planète. L'événement aurait eu lieu dans Tannée 126 de notre ère.
C'est parce que le phénomène est relativement nouveau que la distribution de la matière le long de Torbite n'embrasse qu'un petit arc. Dans la suite des temps, on aura les apparitions pendant un nombre croissant d'années consécutives, mais elles s'affaibliront en intensité. Cette diminution proviendra non- ' seulement de Texpansion de l'essaim, mais en outre de ce que la Terre en dévie à chaque passage une notable partie qui donnent ensuite naissance aux étoiles irrégulières dont le ciel est sans cesse illuminé.
Une explication pareille peut être donnée pour les étoiles périodiques du 10 août, seulement le phéno-