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CENDRES VOLCANIQUES

Gendres des volcans.

Du sein de la terre s'élèvent aussi des poussières qui se répandent souvent dans une grande partie de l'atmosphère. Ce sont les cendres des volcans, qui tantôt sont dispersées parles vents, et tantôt s'abattent en flots épais sur le sol, ensevelissant des villes entières. L'épisode suivant de la plus grande de ces catastrophes donnera une idée du phénomène :

«En 79, sous Titus, le naturaliste Pline commandait la flotte romaine, auprès du cap Misène, à l'ouest de Naples. Sa sœur, la mère de Pline le Jeune, attira un soir son attention sur un nuage d'une grandeur et d'une forme extraordinaires. Ce nuage, après s'être élevé en colonne verticale , s'évasait à son sommet et prenait l'apparence d'un pin parasol. Pline fit préparer une barque et se dirigea rapidement vers le Vésuve, d'où, comme on le vit bientôt, sortait ce nuage ou plutôt cette fumée. L'épaisse pluie de cendre, de pierre-ponce et de fragments de roches lancée par le cratère répandait déjà la terreur dans la contrée. Le naturaliste marcha intrépidement vers le danger. Près de Stabia, il passa la nuit dans une villa, et, fatigué, s'endormit si profondément qu'on entendait sa respiration du dehors. Quand on le réveilla, il put sortir à grand' peine, la cendre ayant presque entièrement barré la porte. Au commencement du jour, que l'irruption rendait obscur comme la nuit, il voulut s'avancer pour observer et dessiner le phénomène. Les flammes et les vapeurs sulfureuses, qui faisaient reculer tout le monde, excitaient au contraire son ardeur. Mais bientôt après.

on le vit chercher à se relever du siège où il s*était placé, et tomber subitement, frappé d'asphyxie*. »

On sait que, pendant cette violente irruption du Vésuve, les villes de Pompeia, de Stabiaet d'HerciiIanum disparurent, les deux premières sous un amas de cendres et de scories, la dernière sous la lave. Elles restèrent ainsi ensevelies pendant 1700 ans, et Ton ne connaissait plus exactement leur position quand le hasard les fit découvrir.

Le capitaine Basil Hall rapporte l'observation suivante : « Le 1" mai 1812, après de violentes détonations qui épouvantèrent les habitants de la Barbade, on aperçut, au-dessus de Thorizon de la mer, un nuage noir qui bientôt couvrit tout le ciel, où commençaient à poindre les lueurs du crépuscule. L'obscurité devint telle que dans les appartements il était impossible de distinguer la place des fenêtres, et qu'en plein air plusieurs personnes ne purent voir ni les arbres à côté desquels elles passaient, ni les contours des maisons voisines, ni même des mouchoirs blancs placés à 15 centimètres des yeux. Ce phénomène était occasionné par la chute d'une énorme quantité de poussières volcaniques, provenant d'un volcan de Tîle Saint- Vincent, et qui contenait, d'après une analyse du docteur Thomson, 91 parties de silice et d'alumine, 8 de calcaire et 1 d'oxyde de fer. Cette pluie d'un nouveau genre, et l'obscurité profonde qui en était la conséquence, ne cessèrent entièrement qu'entre midi et une heure ; mais plusieurs fois, depuis le matin, on avait remarqué, en s'aidant d'une lanterne, comme des averses dans lesquelles la poussière tombait en plus grande abondance.

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