CENDRES VOLCANIQUES
Les arbres d'un bois flexible ployaient sous le faix ; le bruit que les branches des autres arbres faisaient en cassant contrastait d'une manière frappante avec le calme parfait de l'atmosphère. Les cannes à sucre furent totalement renversées, et toute l'île se trouva couverte d'une couche de cendre verdâtre qui avait 3 centimètres d'épaisseur. »
L'île Saint- Vincent étant située à 170 kilomètres à l'ouest de la Barbade, Arago déduit de ce transport de cendres volcaniques une preuve de l'existence du contre-courant supérieur aux vents alizés qui, dans ces parages et particulièrement en avril et mai, soufflent uniformément de l'est avec une légère déviation vers le nord. H faut donc admettre que le volcan de Saint- Vincent avait projeté l'immense quantité de poussière qui tomba sur la Barbade et les mers voisines, jusqu'à une hauteur où non-seulement les vents alizés ne se faisaient pas sentir, mais où régnait même un courant diamétralement opposé.
Dispersées par les vents, les cendres volcaniqus parviennent quelquefois à de très -grandes distances. On a recueilli celles du Vésuve à Gonstantinople. Dans la formidable éruption du Tomboro, volcan de l'île de Sambava, qui eut lieu en avril 1815, les cendres s'étendirent sur Java, Macassar et Batavia. Elles atteignirent même Bencoolen, à Sumatra, distant de plus de 1500 kilomètres.
Sables des déserts.
Daj^s les déserts, les vents transportent de grandes masses de poussière, qui causent parfois des catastrophes terribles. Le sol est un sable léger, soulevé par
les tourmentes comme les flots de la mer. D'énormes tourbillons ensevelissent des caravanes entières, et souvent c'est aux ossements retrouvés dans le sable qu'on reconnaît le chemin dans ces vastes solitudes.
Un trait caractéristique du globe est cette ligne de déserts qui traverse l'Afrique et l'Asie formant une zone de quatre cents lieues de diamètre en quelques points, sur une longueur totale de près de trois mille lieues, du Sénégal au Nil, de TArabie à la Mongolie. Dans certaines localités du Sahara, dans le désert de Gobi, on a reconnu indistinctement le fond d'anciennes mers, et on peut se figurer une époque où la série des mers intérieures, la Méditerranée, la mer Noire, la mer Caspienne, la mer d'Aral et tous les lacs des steppes, jusqu'au lac Baïkal, se répétait sur une région parallèle plus méridionale et plus exposée au dessèchement.
« La production de la continuité entre les déserts, dit Jean Reynaud en développant cette hypothèse*, s'expliquerait tout naturellement par une des grandes lois de l'atmosphère : je veux parler du mouvement habituel de Tair, d'Occident en Orient, dans les zones tempérées. En supposant à l'origine des amas de sable distincts , et disposés , comme le désert actuel , suivant une ligne peu écartée de la parallèle à l'équateur, le sable, constamment jeté vers l'est par le vent, aurait nécessairement fini par faire partout, à partir de son point de départ, de longues traînées allant rejoindre les traînées suivantes, et par réunir ainsi tous les déserts primitifs en un seul. Ce déplacement des déserts, cette extension continuelle de leurs limites vers Test, du