BRUME ROUSSE
OÙ la poussière est tombée. Il admet qu'on peut confondre avec ce phénomène les pluies de sang rapportées par rhistoire, ce liquide étant trop bien figuré par la substance rouge mouillée, pour qu'on ne doive pas expliquer ainsi le fait légendaire.
L'intéressante question de Torigine de ces poussières Ta ensuite occupé, et amené à analyser un grand nombre d'échantillons du sol recueillis sur différents points de l'Afrique et de l'Amérique du Sud. Le résultat de ces recherches a été que nulle part, dans le premier de ces continents, ne se rencontrent les espèces d'infusoires reconnues dans les poussières, tandis que dans le second elles se trouvent sur les bords de l'Orénoquo et de l'Amazone.
Cette circonstance a vivement frappé le commandant Maury, qui a vu que les poussières peuvent servir à^ étiquettes pour indiquer les circuits faits par les courants aériens, comme les bouteilles jetées à la mer par les navigateurs marquent le trajet des courants de l'Océan.
La périodicité indiquée pour l'apparition des poussières au cap Vert doit tenir, selon Maury, au mouvement d'oscillation nord et sud de la zone des calmes équatoriaux, mouvement qui transporte la saison des pluies sur une certaine étendue de la surface de l'Amérique : « A l'époque de Téquinoxe du printemps , dit-il, la vallée du bas Orénoque est dans la saison sèche; les marais et les plaines y sont convertis en déserts arides ; l'eau y a pour ainsi dire disparu et les alizés peuvent facilement entraîner la poussière qui tourbillonne dans ces savanes desséchées. Six mois plus tard, à l'équinoxe d'automne, la position des zo<nés de calmes et d'alizés a changé; c'est une grande
partie du bassin de rAmazone qui est en proie à la sécheresse, et qui, à son tour, fournira aux grandes brises de cette époque de l'année la poussière organique que nous retrouvons dans l'autre hémisphère. » Humboldt fait bien comprendre comment la poussière est soulevée dans ces ardentes plaines : « Quand par un soleil vertical, sous un ciel sans nuages, le tapis d'herbe se carbonise et se réduit en poussière, on voit le sol durci se crevasser comme sous la secousse de violents tremblements de terre. Si, dans ce moment, des courants d'air opposés viennent à s'entre-choquer, déterminant par leur lutte un mouvement giratoire, la plaine offre un spectacle étrange. Pareil à un nuage conique dont la pointe rase le sol, le sable s'élève au milieu du tourbillon chargé de fluide électrique; on dirait une de ces trombes bruyantes que redoute le navigateur expérimenté. La voûte du ciel qui paraît abaissée ne reflète sur la plaine désolée qu'une lumière trouble et opaline. Tout à coup l'horizon se rapproche et resserre l'espace. Suspendue dans l'atmosphère nuageuse , la poussière embrasée augmente encore la chaleur suffocante de l'air. Au lieu de la fraîcheur, le vent d'est, balayant le sol embrasé, apporte une chaleur plus ardente. »
Pluies d'engrais.
Nous avons encore à parler des poussières qui flottent habituellement autour de nous, et que le rayon lumineux fait apparaître dans un espace obscur en tourbillons d'étincelles.
A la poudre des chemins se mêlent les débris de tout