Sitliman'e American Journal^ 2« série, t. XXIV, p
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On n*a pas attaché à ce fait toute TimportaDce qu'il me paratt aToir. Il convient avant tout, en effet, de bien remarquer que cette passivité est d'une espèce absolument différente de celle que peuvent présenter les divers fers terrestres à la suite de certaines préparations. Celle-ci est essentiellement ntperficielle et due, à n*en pas douter, à la présence d*une couche extrêmement mince, d'une substance protectrice; aussi, suflit-il d*une simple écorchure pour voir la passivité cesser. Au contraire, la passivité des fers météoriques vis4-visdu sulfate de cuivre est tit/ern^; elle appartient en quelque sorte à chaque molécule et par conséquent les sections, les polissages et autres opérations mécaniques ne peuvent lui porter aucune atteinte.
Une lame du fer météorique de Charcas étant bien lavée à Talcool puis à Téther, de façon à enlever tout corps gras, reçoit une goutte de sulfate de cuivre : on n'observe aucune précipitation métallique. Au bout de quelques heures tout le liquide est évaporé et le fer porte des cristaux bleus de sulfate de cuivre.
J*ai obtenu les mêmes résultats avec le nitrate de cuivre, le nitrate d'argent et le nitrate de mercure.
Au contraire, on a observé une précipitation instantanée avec le chlorure de platine, le chlorure d*or, le bichlorure de mercure, le chlorure de cuivre, etc. Je reviendrai sur les résultats obtenus dans ces expériences.
A chaud le sulfate de cuivre dépose du cuivre sur le fer de Charcas.
A côté de la passivité vis-à-vis des sels métalliques doit se placer la passivité visà-vis des acides. Comme les fers terrestres, les fers météoriques deviennent passifs quand on les plonge dans l'acide azotique fumant, et cela à la suite d'uue légère attaque superficielle rendue ici bien plus nettement sensible que dans le cas des fers terrestres par suite de l'apparition des ligures de Widmanslœtten dont il va être question.
11 n'y a pas lieu de revenir sur les causes probables de la passivité du fer, mais j'insisterai sur ce fait, qu'il existe au point de vue de la passivité, mais bien entendu à ce point de vue seulement, une grande analogie entre les fers météoriques et les aciers terrestres.
M. Saint-Edme, dans un intéressant travail sur la passivité de l'acier, disait^ : « Quand on plonge une tige d'acier dans de Tncide azotique ordinaire (marquant 56^ Baume, ayant une densité de i.54), il se maniteste autour du métal un bouillonnement rapide et tumultueux, indiquant une première action très vive de la part de l'acide, mais au bout d'un temps très court, en général de 20 secondes, le dégagement de gaz cesse subitement, l'acier devient passif. Une tige de fer placée dans les mêmes conditions est attaquée d'une manière continue. Tous les aciers anglais, allemands, fondus, forgés, etc., donnent lieu au même phénomène et la réaction est si nette qu'on peut l'invoquer comme un caractère distinctif parfaitement rigoureux de Tacier. » A ce compte et en employant la méthode de M. Saint-Edme, le fer de Charcas serait, comme on va voir, rangé d'emblée parmi les aciers.
La plupart de mes expériences ont été faites avec de très minces copeaux de fer obtenus en tournant un petit bloc qui fut ainsi transformé en sphère. Ces
1. Comptes rendus ffe V Académie des Srienre*. t. LU, d. 030 1861.
copetttx sont habituellement contournes en Iiëlîce ; leur surface est très nette et se prête parfaitement aux expériences. Un pareil copeau placé dans Tacide azotique à36*deTient presque instantanément passif. Si Ton vient à le toucher arec un fil «le fer ordinaire, lattaque se manifeste aussitôt, ainsi qu*on devait s*y attendre.
Toutefois, le phénomène de passivité n*a lieu qu*autant que le copeau est bien net, c'est-à-dire bien exempt de toute partie oxydée. Dans le cas contraire, ou pbscrve la dissolution totale comme s*il s'agissait de fer ordinaire. J*ai d'ailleurs constaté des faits identiques pour l'acier terrestre. Ayant plongé dans Tacide azotique à 36* un fragment d'aimant d'acier fibreux et fendilié dont les fentes contenaient un peu d'oxyde, je l'ai vu se dissoudre rapidement d'une manière totale. De même une lame du fer de Charcas contenant des parties oxydées s'est complètement dissoute dans l'acide ordinaire.
Pendant cette dissolution et surtout pendant celle du fer de Caille placé dans les mêmes conditions, j'ai observé un phénomène remarquable. La surface du fer se montrait alternativement nette et brillante ou bien enduite d'une couche sirupeuse brone qui s'étendait sur elle à la façon d'un voile et disparaissait de même. Ces alternatives régulières, donnant l'idée d'oscillations isochrones, ne me paraissent pas avoir été signalées et mériteraient sans doute d'être étudiées d'une manière spéciale.
L'inllnence des parties oxydées s'est montrée d'une manière bien nette dans l'expérience suivante : Dans de l'acide azotique à 36* on met un morceau de fer ordinaire; l'attaque a lieu très vive, comme d'habitude. Après un certain temps, on retire le fer et on le remplace par un copeau météorique. Celui-ci, contrairement i ce qu'on avait vu d'abord, est violemment attaqué et se dissout intégralement.
Yoici, je crois, l'explication de ce fait : pendant que le fer se dissout dans l'acide azotique, il se désagrège, et certaines portions sont entraînées dans le liquide ou elles flottent sous l'influence des courants gazeux et liquides. Si ces petits grains métalliques viennent à toucher le fragment de fer passif, ils lui font, d'après le résultat d'une expérience bien connue, perdre instantanément sa passivité et déterminent par conséquent sa dissolution.
A l'appui de cette manière de voir, je me suis assuré que la dissolution ferrugineuse dont je viens de parler, perd au bout de peu de temps la faculté de dissoudre à froid le fer météorique : c'est lorsque les dernières parcelles métalliques se sont enfin dissoutes.
Il faut admettre aussi que l'oxydation détermine une désagrégation de même genre et que des grains oxydés peuvent dans certains cas, par le fait seul de leur eoDtact, rendre la passivité impossible, et c'est ainsi que j'explique la dissolution dans l'acide azotique à 36^ de l'acier et des copeaux météoriques partiellement oxydés.
Cette analogie, intime sous le rapport de la passivité, entre le fer météorique et Tacier terrestre, m'a conduit à penser que la passivité spéciale qu'ils présentent est due à une même cause, et je crois devoir dire un mot des expériences que j'ai tentées en vue de trouver l'explication du phénomène, bien que mes prévisions n'aient point été réalisées.
Frappé de ce fait que le fer de Lenarto renferme, d'après M. Graham, les mêmes
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gaz, retenus par occlusion^ que les aciers terrestres, et influencé par l*idée que f ai développée ailleurs^ que la passivité est due à une influence réductrice» j*s: remarqué que les gaz des métaux en question sont des gaz réducteurs, et je me suis demandé s'ils ne sont pas précisément cause de la passivité spéciale de Tacier.
J*ai donc pris des barreaux d*acier et j*ai privé ces barreaux des gaz qu'ils renfermaient en les chauffant, suivant la méthode de M. Graham, dans un tube en rapport avec une machine pneumatique. Contre mon attente, les barreaux n'étaient pas modifiés après Texpérience et possédaient le même degré de passivité. Malgré cet insuccès, je pense qu'il y aurait lieu de revenir sur cette question.
Il faut ajouter que la ressemblance qui vient d'être signalée entre le fer de Charcas et l'acier ne se soutient pas relativement à la force coercitive. Le fer météorique dont il s'agit n'a guère plus de force coercitive que le fer doux. Il faut, pour l'aimanter* faire usage d*un aimant ou d'un électro-aimant très énergique : encore a-t-on quelquefois de la peine à y reconnaître des pôles. Dans de premières expériences, j'avais conclu à l'absence de toute force coercitive chez ce fer '.
Avant de quitter ce sujet, je veux indiquer une expérience qui montre bien jusqu'à quel point la passivité vis-à-vis les acides et la passivité vis-à-vis les sels métalliques sont différentes. On mouille une lame de fer météorique avec une 'dissolution de sulfate de cuivre, et aucune précipitation n'a lieu. Cela fait, et sans essuyer le métal, on le plonge dans l'acide azotique fumant : à l'instant on observe un cuivrage très adhérent. C'est peut-être sons l'influence de l'acide sulfurique mis en liberté que la passivité a cessé un instant.
Analyse des fers nickelés, — En ce qui concerne Vanalyse chimique des fers météoriques, il convient de reproduire ici le procédé mis en pratique par Rivot' :
Cette analyse, dit le savant chimiste, présente de grandes difficultés, elle exige des opérations nombreuses et très longues.
Les résultats sont toujours assez incertains, d'abord parce qu'il s'agit de déterminer des quantités très faibles de différents métaux, dont les séparations ne se font pas avec netteté, ensuite et principalement parce qu'il faut diviser l'analyse en plusieurs parties, faites sur des fragments diffcrents.
11 est bien certain que les fers météoriques ne sont pas homogènes ; chacun des résultats partiels répond seulement au fragment sur lequel on a opéré.
Pour obtenir un échantillon moyen, il faudrait limer 25 ou 50 granmies du fer météorique, et s'exposer, en opérant ainsi, à mélanger une proportion appréciable d'acier provenant de la lime, avec la matière dont il s'agit de déterminer la composition. On doit peut-être attribuer à l'emploi de la lime la petite quantité de carbone qui a été signalée dans le fer météorique de Zacatecas et dans quelques autres masses analogues.
A l'aide d'un ciseau tremoé très dur, on détache un très grand nombre de très