Voyage de la Véga, t. I, p
MÉTÉORITES. 3i7
ment un noaveau carbonate hydrate de chaux formé par crislallisation de l'eau de mer sous Tinfluence du froid intense de 10 ou 2G degrés au-dessous de zéro. Mais dans œ cas on de?rait les rencontrer non point sur la neige mais dans Tépaisseur de h glace.
Malgré leur nature qui n'offre aucune analogie avec les matériaux météoritiques, l'auteur émet Topinion qu'ils ont dû tomber des espaces interplanétaires.
Bien que cette conclusion doive nécessairement être considérée comme très hasardée* nous y joindrons la traduction des lignes suivantes, dont M. Nordenskjôld les accompagne : « Il peut paraître indigne de la science de se préoccuper d'une afEûre aussi peu importante que la chute d'une petite quantité de poussière ; mais ee n'est pas le cas. Car il est reconnu que la quantité de poussière répandue sur la ghce du Spilzberg est de O""*,! à 1 milligramme par mètre carré et probablement la chute totale annuelle de poussière dépasse cette dernière quantité. Mais 1 millipamme sur chaque mètre carré donne pour la surface totale de la Terre la somme SOO millions de kilogrammes (un demi-million de tonnes). Une pareille masse recueillie après une année, pendant les âges géologiques dont la durée dépasse notre compréhension y forme un facteur trop important pour être négligé dans l'énumération des faits fondamentaux de Thistoire géologique de notre planète. La suite des recherches montrera peut-être que notre terre s'est accrue graduellement depuis un faible commencement jusqu'à la dimension qu'elle possède actuellement; qu'une portion considérablement des éléments constituants de nos couches stratiféesy spécialement de ceux qui ont été déposés dans la pleine mer, loin des côtes, sont d'origine cosmique. On verra aussi une lumière inespérée éclairer la cause de ractivilé volcanique et la ressemblance qui existe si évidemment entre les roches platoniques et les pierres météoriques. »
On nous permettra de laisser à l'illustre auteur la responsabilité entière de cette opinion.
Boue9 météoriques, — Il parait bien démontré qu'il tombe aussi quelquefois, à la suite de l'explosion des bolides, des matières pâteuses ou visqueuses, ou plus généralement des boues.
Spangenberg raconte que le 6 novembre 1548, à Mansfield, en Thuringe, on vit arriver dans l'air un gros globe de feu qui, après son explosion, laissa tomber sur le sol une substance rougeâtre ayant les caractères du sang coagulé. Il tomba en Styrie, en août 1618, en même temps que des pierres, une matière que de liammer compare aussi à du sang coagulé. On trouve dans les Miscellanea Academ. Naturœ atriosorum pour 1690, qu'en mai 1652 on ramassa entre Sienne et Rome, à la suite d'un météore lumineux, une masse visqueuse. Un bolide ayant éclaté dans l'île de Litby, aux ludes, le 24 mars 1718, on trouva, d'après RarchewitZy une matière gélatineuse qui en était tombée. Un trouva en Lusace, le 8 mars 1796, après la chute d'un globe de feu, une matière visqueuse ayant la consistance, la couleur et l'odeur d'un vernis bleuâtre desséchée En juillet 1811, il tomba à Heidelberg une substance gélatineuse à la suite de l'explosion d'un bolide*. Citons enûn la chute d'une masse gélatineuse et puante qui tomba à