Id., t. LXVI
la confondre. Elle n'offre pas de trace de cristallisation; Taimant Fattire fortemeot et lui communique une polarité durable; enfin, elle est inattaquable par Tacide chlorhydrique. D'après un savant chimiste des Etats-Unis, M. le professeur Lawrence Smith, qui a beaucoup insisté sur le rôle important et caractéristique de ce minéral exclusivement cosmique, sa formule atomique serait Ni'Fe^Ph. C'est à la schreibersite seule qu'il faut attribuer le phosphore des météorites. Notre savant confrère, M. H. Deville, à qui j'ai fait part de mon désir de tenter la reproduction.de ce minéral, a bien voulu mettre son laboratoire à ma disposition et m'aider de ses conseils. L'opération consistait à réduire par le charbon une quantité déterminée d'oxyde de nickel et de sesquioxyde de fer intimement mêlée avec on phosphate à base de soude et de la silice. Voici les quantités adoptées conformément à la formule ci -dessus :
Grammes
Sesquioxyde de fer 8
Oxyde de nickel 3,7
Pyrophosphate de soude JO,i
Silice 6
Charbon 2
Ce mélange, placé dans un creuset de charbon protégé par un creuset de terre, a été porté et maintenu quelque temps à la chaleur blanche. On a obtenu un verre noir contenant un culot métallique, plus une croûte très distincte, placée entre le ▼erre et le eu lot, un peu adhérente au premier, mais nullement au second. Le culot parait être un alliage ou un mélange intime de fer et de nickel, souillé superficiellenicnt par un peu de sulfure dont le soufre vient probablement de l'oxyde de fer dont je me suis servi. Attaqué vivement par l'acide chlorhydrique, le culot dé^^a^e, on effet, d'abord un peu d'hydrogène sulfuré, puis de l'hydrogène pur. MaiH la zoik! inlermédiairc entre le fondant et le culot, où se serait concentrée pi'ndnnt la fusion la partie du phosphure non volatilisée tout d'abord, est formée de paillettes jaunes, d'un éclat métallique très vif, fortement attirables à l'aimant et complèteni(;nt inatlaijuables à froid ou à chaud par l'acide chlorhydrique. Cette substance possède donc les caractères de la schreibersite. »