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SYNTHÈSE DE LA PYRRHOTINE

Ou a hésité longtemps, comino on Ta vu, avant d'être fixé sur la nature du sulfuHî ni(Ualli(pie (troïlite) qui se présente dans un très grand nombre de météorites. A la suite de M. Lawrence Smith, la plupart des chimistes pensaient que cette sub- «trtiKu; (consiste en pii)losulfure de fer. Des analyses directes et des expériences sur V'àvXïim inluctrice exercée par les sulfures sur les dissolutions métalliques m'ont prouvé, il y a plus de dix ans, que la troïlite a en réalité la même composition que la pyrrhotine nickélifèrc terrestre *.

i/j fer de Sainte-Catherine, en fouinissant de la troïlite en quantité inconnue

\. .St^iblaf Meunier : Cotmos, livraison du 18 janvier 1868 et Compter rendue du 16 mars 1874.

josqae U, est Tenu lever tous les doutes et donner raison complète aux résultats que favais publiés '.

Or* c'est par Tétude de ce même fer que j*ai été conduit à réaliser la reproductioo synthétique de la pyrrhotinc météorique. Un coupe polie au travers de la masse brésilienne fait voir qu'elle consiste en une lirècbe métallique cimentée après coup par le sulfure. Il est même légitime de supposer que le sulfure a été produit par on agent convenable aux dépens du fer lui-même, dont Tétat corrodé est manifeste ï première vue.

L*agent de corrosion qui paraît le plus propre à produire ce résultat est Thydiogène sulfuré à haute température : de petits fragments de fer pur ou allié de nickel ont été placés dans une cornue de terre et soumis pendant plusieurs heures à Taction simultanée de la température rouge et d*un courant contenu dliydrogène sulfuré. Après refroidissement, les fragments métalliques étaient incrustés de pyrrhotine et plusieurs d*entre eux étaient même cimentés ensemble par cette substance La pyrrhotine ainsi produites toutes les propriétés physiijues et chimiques du composé naturel.

Des observations et des expériences plus récentes, assignent une origine également qpigène à la pyrrothine contenue en petits grains dans certaines sporadosidèrcs et tout spécialement dans celle de Knyahinya. On s*assure, en effet, que ces grains de pyrrhotine résultent d'une altération par Thydrogène sulfuré de granules originairement constitués par des fers nickelés : outre que la forme et la saturation sont les mêmes, je regarde comme parfaitement probant le fait présenté par divers échantillons de Knyahinya de contenir des granules dont une moitié est transformée en pprothine, tandis que Tautre moitié est restée à Tétat de fer nickelé.

On s*en aperçoit facilement à Tœil nu et le cuivrage rend le fait encore plus évident. Ces granules rappellent les pépites cuivre et argent du lac Supérieur, et peuvent être imités enchauflant des sporadosidèrcs dans un courant d*hydrogène sulfuré.

SYITNÉSE DES FERS NICKELËS.

En fondant ensemble le fer et le nickel dans les diverses proportions oi^ ils sont combinés dans les alliages précédemment décrits : taenite, kamacite, plessite, etc., on obtient des masses dont la composition élémentaire est celle de ces alliages. Cependant on reconnaît qu*en général la reproduction n'a pas réellement été opérée ; les acides faibles révèlent la nature complexe du produit dont les divers éléments sont très inégalement solubles.

Dans le cours d'expériences qui sont décrites un peu plus loin, j'ai obtenu» au contraire, des résultats absolument conformes aux minéraux à produire.

Les manipulations auxquelles les fers météoriques ont été soumis par divers expérimentateurs n'ont pas tardé à montrer que ces roches cosmiques sont profondànent désorganisées par le fait d'une fusion pure et simple, quelle que soit la lenteur du refroidissement subséquent. Cette opération y fait naître la structure

1. Voir le Mémoire de M. liauhrée,\Comple$ rendus, t. LXXXXIV, p. 482 (1877).

oonfuse caractéristique des masses qui ayant ëté, comme la syssidère de Deesa, injeciées par fusion au travers de roches superposées, ont reçu la qualification géoërique de météorites éruptives.

Il était donc nécessaire de rechercher une méthode propre à fournir» autrement que par fusion, des alliages de fer et de nickel semblables à ceux des météorites. Comme on voit, c'est exactement l'obligation où Ton se trouve lorsqu'on veut imiter les minéraux renfermés dans les filons métallifères, et j'aurai à diverses reprises l'occasion de signaler un véritable caractère filonien chez des météorites de types très variés.

En conséquence, il m*a paru que pour résoudre le problème qui nous occupe, il fallait s'inspirer de la méthode qui a si efficacement servi à dévoiler les conditions de formation de certains filons terrestres et en première ligne des filons stannifères. En d'autres termes, il fallait rechercher, parmi les agents volatils capables de donner lieu à des concrétions métalliques, ceux dont les caractères intimes des masses à reproduire peuvent trahir l'ancienne activité. On sait en effet que, dans ses études sur les amas de minerai d'étain, H. Daubrée ' a conclu de la présence constante de composés fluorés, tourmaline, topaze, mica, à Tintervention primitiire du fluor comme moteur de l'étain lui-même; et je n'ai pas à rappeler comment il a su tirer de l'expérimentation synthétique la conûrmation de ces vues.

Or, cela étant posé, on reconnaît parmi les nombreuses substances signalées par l'analyse dans la composition des fers météoriques, des corps auxquels il est naturel d'attribuer un rôle minéralisateur et qui apparaissent comme de simples résidas affirmant l'existence passée d'agents qui ont à peu près disparu. Je fais allusion à l'hydrogène et au protochlorurc de fer. L'hydrogène existe, comme on sait, à l'état d'occlusion dans la plupart des fers météoriques. C'est Graham qui, dans le fer de Leuarlo, l'a décelé pour la première fois', et la découverte du savant anglais a été confirmée depuis par un grand nombre de chimistes et pour un très grand nombre de fers différents.

Le protochlorure de fer a été signalé sous la forme cristalline au milieu même de deux masses de fer par Lawrence Smith*, et il est très ordinaire de trouver le chlore dans le métal cosmique.

D'après ce que nous savons à l'égard de l'occlusion, on est autorisé à penser que l'hydrogène représente un témoin de l'atmosphère même au sein de laquelle le fer s'est constitué. D'un autre côté, le protochlorure de fer étant décomposé au rouge par l'hydrogène, on peut admettre que ce qu'on en trouve a simplement échappé à la décomposition et représente la combinaison même d'oîi le fer a été tiré pour prendre l'état métallique. Il importe à ce point de vue de bien remarquer que le chlorure ferreux n'a pu être introduit dans les météorites postérieurement à leur formation : outre qu'il ne saurait exister sur la terre, où des actions oxydantes le détruiraient immédiatement, le gisement des cristaux découverts par M Smith ne laisse aucunement douter de leur contemporanéité avec la consolidation du métal lui-même.

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