REPRODUCTION DES ROCHES MÉTÉORITIQUES
Au point de vue de la reproduction synthétique, il faut nécessairement distingue les roches hoino<<ènes, ou formées d*un seul type litbologique, et celles qui» ai contraire, consistent dans Tassociation de parties évidemment difTérentes les mie des autres, (brèches filoniennes ou autres).
On va voir que les résultats sont bien différents dans les deux cas.
BocheH homogènea, REPRODUCTION DES HOLOSIOÊRES.
La longue série de roches métalliques qu'on peut réunir sous ce titre s*est évi demment produite par des procédés très diflerents, comme on le lem. plus loin cependant on les a ordinairement confondues ensemble dans les expërienoes syn thétiques, où Ton a posé en fait qu'il n*y avait pas à se préoceupei* beaucoup d leur composition chimique. Il suffit d'introduire dans un fer terrestre du nickel du cobalt, du soufre, du phosphore, etc., dans des proportions convenables poo qu'il donne à l'analyse les mêmes résultats que les fers météoriques. Hais il étai extrêmement important de chercher à reproduire la structure des fers extn-tef restres à laquelle est due la production des figures de Widmannstxtten.
Nous avons déjà dit que les figures de Widmannstœtten sont dues non seulemec à la cristallisation, mais aussi à la non -homogénéité de la masse. Cette structur est absolument comparable à celles de la pegmatite graphique (fig. 94).
M. Daubrée, dans le cours d*expériences réalisées à une température élevée, montré comment les figures des fers météoritiques sont modifiées par le fait de 1 fusion.
Du fer météorique de Caille fut fondu dans une brasque d'alumine ; le refroidis sèment fut conduit avec lenteur, puis on pratiqua dans la masse une section qi fut polie et soumise à Taction d'un acide. Les figures avaient non seulement perd beaucoup de leur régularité primitive, mais encore leur trait le plus saillant < avaient pris un caractère éminemment dendritique.
Ce résultat indiquait que les produits d*cxpériences ne pourraient jamais présente absolument les caractères des fers naturels et donnait la mesure de ce qu'on éla en droit d'attendre des expériences par voie ignée qui ne pouvaient fournir que 1 reproduction des produits de fusion des fers météoriques.
L'auteur commença par associer le fer doux à chacune des substances principale qui raccompagnent dans les masses météoriques, c'est-à-dire au nickel, au siliciun au soufre et au phosphore.
Dans les trois premiers cas, on a obtenu des produits donnant par les acides d< dendrites indiquant leur structure éminemment cristalline; mais on n'observe pi de véritable départ comparable à celui des fers météoriques.
lorsqu'on fondît le fer avec une addition de phosphure de fer dans une proporlioD qui fut snccassivenient portée de 3 à 10 p. 100, on vit, sur la surface polie qm a subi l'action de l'acide, s'isoler une substance plus brillante et plus résistante D dessin qui rappelle celui des fers météoriques ayant tubt la fation.
Un résultat meilleur a été obteriu en introduisant du nickel, en même temps que dn phos[4iure de fer, et surtout en opérant sur une masse de 3 kilogrammes. Au milieu des dessins dendriliques d'une régularité très reinariiuable et qui, d'apris reamen qn'en a fait H. Des Cloizeaux, paraissent dis]>osés suivant la forme du dodécaèdre rhomboîdal régulier, on aperçoit alors la matière brillante isolée et comme repoussée dans les interstices sous une iorme réticulée.
Dans une autre série d'essais, l'atiteur a réduit, par fusion dans un creuset bra»qnë, certaines roches terrestres telles que le péridol, la Iherzolite, l'hyperslbène lia Labrador, les basaltes, les métaphyres. Les culots métalliques se sont montrés d'ordinaire sensiblement homogènes.
Re[H-enant ce sujet par la méthode qui a donné plus haut séparément les alliages mjtéoritiqnes. Je me suis préoccupé de préparer ceux-ci en contact les uns avec les latres, de fa;on à présenter le mode d'associntion mutuelle qu'ils afTecteiit dons In Datnre.
Dans ce but, j'ai opéré de deui manières : d'abord la réduction par l'hydrogène s'est opérée sur un mélange très inégal des deux chlorures de fer et de nickel, et il l'esl produit simultanément, suivant les points du tube, des alliages très divers
qui, dans quelques portions, se sont mélanges sans donner lieu toutefois à une association régulière comparable à celle de tant de fers météoriques.
Dans une seconde série dressais des alliages définis, obtenus tout d*abord comme il a été dit plus haut, ont été placés dans un tube où devait se produire un second alliage- et, comme il fallait s*y attendre, la superposition s*est faite d*ane manière cx)mplète. Des aiguilles de taenite ont été ainsi partiellement empâtées dans un alliage tout différent, d'une structure dendritique remarquable. L'ensemble a donné par la méthode ordinaire les linéaments d*une vraie figure de Widmannslaetten. J*ai conservé longtemps au Muséum un échantillon tràs satisfaisant de cette synthèse des liolosidères dont la destruction progressive a résulté de la présence dans son intérieur de quelques grains de chlorure.
REPRODUCTION DES ROCHES PIERREUSES DES HPES MËTÉORITIOUES LES PLUS COMUNS
H. Daubrée a fait, relativement à la reproduction synthétique des météorites des types communs, une série très longue d'expériences.
Suivant ici la même marche que pour les fers, Tauteur a commencé par examiner ce que devient une météorite du type commun après qu'elle a été soumise à la fusion.
Comme les pierres météoriques nous arrivent toujours recouvertes d'une croûte noire et vitreuse due à une fusion superficielle opérée dans leur trajet à traven l'atmosphère, on pouvait croire qu'en les fondant dans des creusets on n'obtiendrait pas autre chose que cette même matière vitreuse. Or, l'expérience est venue apprendn qu'il en est tout autrement et que ces substances possèdent au contraire une aptitude très prononcée pour la cristallisation.
En elTet, si l'on soumet à une température suffisamment élevée les météorites du type commun, la masse, après fusion, se compose d*un culot et de grenailles métalliques disséminées dans une gangue pierreuse. Celle-ci représente un mélange en proportions variables de péridot et d'enstatite.
La première espèce présente souvent des formes nettes et mesurables. Ces deu: silicates se séparent par une sorte de liquation. En général, le péridot forme à h surface une pellicule mince cristallisée, tandis que l'intérieur se compose de longue aiguilles d'enstatite.
Cependant, dans certains cas, les cristaux' d'enstatite s'étendent à la surface di la masse.
L'existence dans le produit de fusion des météorites, du péridot et de l'enstatit désignait comme matière première des expériences de reproduction les roches ter reslres caractérisées par la présence de ces deux silicates magnésiens.
On les a choisies, en effet, et les principaux essais ont porté sur la Iherzolite roche intéressante, découverte d'abord dans les Pyrénées, retrouvée ensuite dans l( Nassau et dans d'autres localités, et dont on doit l'analyse à M. Damour*. Cett roche consiste en un mélange de péridot, d'enstatite et de pyroxène auxquels se join souvent le spinelle picotite.
i. Buffet ift de !n Société géofogigue de France, 2* série, t. XIX, p. 405.
Les roches dont il s'agit ont d*abord ëtë soumises à la fusion simple, c'est-à-dire sans addition d'aucun réactif.
Le péridot s*est converti en une masse ?erte translucide, recouverte de cristaux de péridot et entièrement cristallisée à Tintérieur, ainsi qu'il résulte de son action sur la lumière polarisée.
Sa structure est souvent lamellaire comme celle du péridot des scories et contraste ainsi avec le péridot granulaire et peu cohérent que renferment souvent les roches basaltiques.
La Iherzolite fond encore plus facilement que le péridot et donne une masse qui iquroduit à s'y méprendre la roche naturelle, avec cette diflerence que l'on remarque à la surface et dans l'intérieur les aiguilles d'cnstatite que l'on ne distinguait pus avant la fusion.
Une seconde série d^expériences a'consisté à soumettre les roches en question à lu fusion en présence de substances réductives. On a surtout fait usage de charbon, disposé en brasque dans un creuset.
Les résultats sont analogues à ceux que donne la fusion simple, avec cette différence que le fer, qui était combiné dans les silicates, se réunit à l'état métallique; il se sépare en grenailles, ou reste disséminé dans le silicate non décomposé en grains microscopiques, séparables au barreau aimanté.
Comme on voit, ce produit de la réduction et de la fusion des roches péridotiques terrestres ressemble beaucoup à celui des météorites soumises à la fusion simple, et l'analogie subsiste, non seulement pour la partie pierreuse, mais aussi pour la partie métallique qui, dans les deux cas, consiste surtout en fer plus ou moins uickélifëre.
Le charbon n'a pas été seul employé dans les réductions qui nous occupent; l'hydrogène aussi a servi et les résultats ont été analogues uux précédents. La Iherloiite, le pyroxène, etc., soumis au rouge à un courant d'Iiydrogène, abandonnent à l'état de métal le fer qui s*y trouvait sous la forme de silicate de protoxyde.
La méthode dont l'auteur a fait usage duns une dernière série d'expériences, consiste à chauffer les corps dominants des météorites du type commun, autres que l'oxygène, savoir: le fer, le silicium et le magnésium, dans une atmosphère incomplètement oxydante, et à en opérer non seulement le grillage, mais aussi la fusion, e'estrà-dire la scorification. En soumettant ainsi à la température élevée du chalumeau à gaz de H. Schlœssing du siliciure de fer, contenu dans une brasque de magnésie, on voit le fer se séparer, tant à l'état métallique qu'à l'état de silicate de protoxyde, et du péridot se produire, en partie à Tétat cristallisé.
MH. Fouquë et Lévy ont pensé arriver à un résultat plus satisfaisant que par la fusion simple, en faisant intervenir le recuit dont ils ont tiré un bon parti par l'imitation de certaines roches terrestres et des eukrites.
c Les météorites artiBcielles, disent-ils, contiennent du péridot, de l'enstatite, du fer oxydulé et un pyroxène exclusivement magnésien. Tous ces minéraux, obtenus à haute température par un recuit prolongé, présentent des formes raccourcies et leur association possède une structure franchement granitoïde.
« Le pyroxène, exclusivement magnésien, est identique à celui qui a été obtenu
artificiellement par Ebelmcn et décrit par lui sous le nom de diopside magnésien.
« H est remarquable par les macles multiples, parallèles à ^S qui lui donnent
354 ENCYCLOPÉDIE CUIMIQUE.
au microscope, entre les niçois croisés, une certaine ressemblance avec les fel spaths tricliniques. Les cristaux couchés sur ^S loin de présenter des ext'mctio longitudinales comme Tenstatite, s'éteignent sous un angle de 28^. On a pu a stater la présence de ce pyroxène dans les météorites naturelles de Rittersgrûn de Kragujewatz. »
Selon nous, cependant, cette spthèse pèche radicalement par diyers points, tout spécialement en ce qui concerne les granules métalliques renfermées dans roche.
Parlant de leurs produits d'expériences, MH. Fouqué et Lévy disent:
« Le fer oxydulé est tantôt en cristaux isolés, tantôt en amas distribués dans interstices des autres minéraux. Pour le transformer en fer métallique, il su d'exposer les culots obtenus à l'action du gaz d'éclairage, au rouge sombre, pend) environ deux heures. L^oxydc se trouve ainsi réduit, et le fer métallique qui pn ainsi naissance, loin de se montrer en granules résultant de la fusion, est filaments et en amas irréguliers, paraissant mouler les silicates qui lui sont asi ciés. Une dissolution de sulfate de cuivre met aisément cette disposition on é dence. »
Or, tous ceux qui examineront ces produits yerront qu'ils n'ont avec les rod à reproduire qu'une ressemblance tout à fait superficielle.
11 n'y a pas de granule métallique météoritique, si petit qu'on le suppose, c soit homogène. Toujours, les acides, en y dessinant les figures de WidmannstAtU révèlent dans leurs masses l'existence de divers alliages superposés et r^^UèreoM ordonnés. Or, la fusion ne peut donner lieu à cette disposition. Elle est obteni au contraire, par la concrétion résultant des réactions mutuelles de vapeurs, c'est un point qui nous occupera bientôt.
J'ai fait à Tégani des météorites des types communs de longues séries d*ex] riences. Leur résultat est que ces masses sont le produit d actions successives parfois fort complexes.
Tout d'abord le procédé en vertu duquel se sont produites les sporadosidè et qui peut se résumer en affirmant que la fusion ignée n'y a point pris pa résulte également de l'observation des granules de fer nickelé qui soiitdissémii dans leur substance.
En effet, la forme même de ces grenailles conduit à la même conclusion q l'état de cristallisation confuse des silicates. On sait qu'en fondant un mélange substances pierreuses et de substances métalliques, on obtient bien des gi-enail disséminées dans une gangue pieri*euse, mais ces grenailles se présentent sous forme de sphérulcs, comparables à du plomb de chasse et d'autant plus régulièi que leur volume est plus petit. C'est ce que montrent nettement les produits fusion des météorites dont M. Daubréc a enriclû la collection du Muséum.
Loin d'être sphériques, les grains métalliques des sporadosidères sont au ce traire essentiellement anguleux et ramuleux ; dans beaucoup de cas ils form< des enveloppes plus ou moins continues autour des éléments pierreux de la roc cosmique.
Il suffit pour s'en convaincre de jeter un coup d'œil sur des spécimens pc appartenant d'ailleurs aux types lithologiques les plus variés : aumalite, chanti nite, aiglile, lucéite, parnallitc, mesminite, ménite, tadjérite, etc. Ainsi, dans
échantillons de la chute de Knyahinya, Hongrie, 9 juin 1866, qui appartient au t]pe aîglite, on trouve en abondance des grenailles anguleuses et ramifides qui, oonifestement» comblent des vides laisses entre les fragments pierreux de cette roche grësiforme et contribuent à les cimenter entre eux. Le nombre est considérable de nodules lithoïdes plus ou moins entourés d*une ceinture métallique, et l'on remarque, comme dans bien d'autres cas, que les mouclies de sulfure (troïlite) ODt les mêmes allures que les grains de fer.
D*ailleurst on ne voit jamais de grenailles dans Tintérieur des éléments pierreux, i moins qu'ils ne soient fissurés.
^ Duis on échantillon de la chute de Beuste (Basses-Pyrénées), 1859 (cliantonnite) et dans un échantillon de Claywater (Wisconsin), 26 mars 1865 (ménitc), on voit des grenailles filamenteuses sensiblement rectilignes de plus de 2 centimètres de loDgueur. Cangas de Onis (Espagne) 6 décembre 1866 (mesminite), eu a une en Ibnne de larme qu*on peut rapprocher des précédentes.
Enfin, dans une foule de pierres, les globules silicates sont enveloppés d*une couche mince de métal dont la section est pour ainsi dire capillaire. C'est ce que montrent entre autres : Harrisson County (Kentucky), et Aldsworth (Angleterre), 4 août 1835 (toutes deux du type aiglite), Mcz5-Madaras (Autriche), 4 septembre 1852 (parnallite), etc.
Les coupes transparentes préparées pour le microscope permettent d'apprécier nettement les relations mutuelles de la pierre et du métal et confirment en les [ffécîsant les remarques précédentes.
U ne faut d'ailleurs pas oublier que les sporadosidères et spécialement les polysidères peuvent contenir des fragments de fer nickelé tout différents des grenailles qui nous occupent et qui y ont été amenés comme les fragments pierreux euxmêmes. Comme ceux-ci, ces débris métalliques sont souvent enveloppés par les grenailles. C'est un fait sur lequel j*ai insisté dès 1872, à propos de la structure et du mode de formation de la logronite ^
En résumé» la disposition des grenailles est telle dans les sporadosidères, qu'il est clair qu'elles sont de formation postérieure à celle de la gangue pierreuse qu les renferme.
L'expérience est venue confirmer cette opinion d'une manière complète.
La reproduction réalisée précédemment des principaux alliages qui entrent dnns la constitution des holosidères m'a encouragé à rechercher si les métaux réduits comme il vient d'être dit, auraient de la tendance à envelopper et même à cimen^» ter entre eux des fragments de roches convenablement disposés. Or, il résulte d'expériences répétées que c'est avec la plus grande facilité qu on recouvre des gndns de péridot ou des fragments de dunite d'un enduit absolument continu d'alliages variés de fer et de nickel. En brisant ensuite les échantillons, on reconnaît que la concrétion métallique a parfois pénétré dans les fines fissures, et cette disposition reproduit exactement l'un des traits les plus intéressants de la syssidère de Biahin (échantillon catalogué au Muséum sous le signe 2. Q. 426 et représenté plus haut fig. 36, page 143).
En prolongeant suffisamment lexpérience, on arrive ainsi à empâter complètement
1* SlaniaJas Meunier : Comptes rendus, t. LtxV, p; 1547.
33» E:(C1i'CL01>ËOIE ClIIÏlULË.
les gralDS lithoides dans une masse mélalliigae, de façoa à obteoir un enKmble dont [a structure brécliiforme rappelle à première vue les syssidères concret ionnëes qui viennent d'i^tre citées. Toulefoi.^, en gênerai, la ressemblance n'est pas absolument parfaite, l'expérience de Widmannstœtten ne donnant pas de figures concentriqncs à cbaque grain pierreux.
Pour obtenir cette identité, Il faut, appliquant ce qui a été dit pour les bolosîdères, replacer à diverses reprises, dans le milieu incnistanl. alimenté lucccssivement de mélanges divers des deui chlorures, les mêmes échantillons de roches. Il se fait alors autour de ceuvci des dépôts superposés d'alliages variés. Dans ces conditions, il suiTil d'un peu de patience |x>ur obtenir des fac-similé complets des roches cocmiques.
Que l'on place dans un tube de porcelaine, de petits fragments de përidot bien lassés et qu'on détermine dans leur voisinage ta réduction par l'hydrogène d'un mélange de protochlorure de fer et de chlorure de nickel, on reconnaîtra, apris refroidissement, en polissant une surface plane, au travers de la brèche cimentée par le métal, que l'alliage s'y est insinué en grenailles impossibles à distinguer des grenailles métalliques des météorites (lig. 95].
On a vu que parmi les particularités les plus curieuses de la structure de la portion pierreuse des sporadosidères, il faut citer rexislcncc des éléments globulaires connus sous le nom de chondres. Leur imitation est des plus intéressantes.
M. Daubrée' a cherché dans quelles circonstances spéciales la tetture globulaire des météorites, telles que celles d'Ornans, a pu se former, eu lâchant de l'imiter.
Dans des expériences antérieures', il avait déjà obtenu, sous la forme globulaire, des silicates magnésiens de composition analogue à ceux des météorites, mais d'une manièi-e accidentelle-
Si l'on fond du péridot, après l'avoir mélangé de charbon, de manière à le diviser suffisamment, la substance sllicatée, en refroidissant, s'isole, sous forme de petib globules, les unsspbéroïdaui, les autres présentant des déformations comparables à celles qu'on observe dans les globules d'Ornans.
Les globules ainsi obtenus ne sont plus exclusivement formés de péridot, mais
). huUelm delà SociUé géologiqut de France, T térle, I. XXVI, |p. 05, »é»ne« du B dot. 18S8.
2. F.spériciiceÊ sijiilhrii'/iie' rclaîivn eux méUoriUt : Bulletin dt la Soc. giolog- dt France,
ib sont intimement mélangés de fer métallique, très divisé, résultant évidemment d*one réduction partielle du silicate primitif qui est, comme ou sait, à base de magnésie et de protoxyde de fer.
Par suite de cette réduction partielle, il se reproduit, aux dépens du protosilicate (péridot), du bisilicate (enstatite ou pyroxène), tel qu*en présente aussi la météorite d'Qmaiis.
Les globules artiOciels, examinés en tranclies minces à Taide de la lumière polarisée, manifestent cependant une tout autre structure que les globules de la pierre d*Omans.
il suffit de mélanger au périilot i huitième de son poids de charbon pour obtenir Bue granulation parfaitement nette.
Quant à Tétat de division du fer au milieu des silicates qui constituent la pâte, il ressemble complètement à celui sous lequel il se sépare dans une masse de pcridot que Ton réduit par l'hydrogène. La couleur d*une pareille masse est d ailleurs identique à celle de la météorite d^Ornans.
L'expérience, dit H. Daubrée, vient encore à Tappui d*une supposition antérieure, émise d*une manière générale, que les météorites se seraient formées dans une atmosphère hydrogénée.
Mais parmi les chondi*es, il en est de fort nombreux dont la structure est extrêmement remarquable. Ils consistent, comme on Ta déjà vu, eu cristaux aciculaires de pyroxène magnésien rayonnant autour d'un t)oint situé à la surface du chondre et plus ou moins incrustés de minéraux variés, lithoïdes ou métalliques.
Disséminés en petit nombre dans quelques pierres, les chondrcs composent la presque totalité des masses réunies dans les types niontrôjite, stawropolite, etc.
Leur structure tout à fait exceptionnelle diflere absolument de celle des roches globulifères terrestres; pour l'expliquer, M. Ilahn a rédigé gravement cette joyeuse élacubration qui fait des chondres le produit de la fossilisation de polypiers et des spongiaires cosmiques^ L'illustre M. Garl Yogt' a fait justice comme il convenait de ces rêveries saugrenues.
M. Cari Yogt ', par une comparaison détaillée des spongiaires vivants et fossiles avec les prétendus spongiaires des météorites, démontre qu'il n'y a aucune ressemblance dans la structure microscopique. Il prouve également par des comparaisons, que ni les coraux, ni les crinoïdes que M. Hahn croit avoir découverts dans les météorites, n'ont rien de commun, dans leur structure microscopique, avec les coraux et crinoïdes vivants ou fossiles.
Il réfute la théorie, au moins singulière, suivant laquelle les coraux ne seraient ((u'un développement évolutif des spongiaires, et les crinoïdes une évolution ultérieure des coraux.
M. Cari Yogt démontre que, pour arriver à une connaissance aussi complète que possible de la constitution des chondres, il faut avoir recours à des observations de contrôle, basées sur la dissociation des éléments, opérée par des agents chimiques (acides, potasse caustique) ou pai* l'action mécanique du polissage
1. ÙUMeteoriten undihre Or^a/tism^/i, Tubinguc, 1880. i. Lêê prétendus organismes des météorites, Genève, 1882. 5. Comptée rendus, t. XCill, p. 1106.
pousse jusqu'à sa dernière limite. Les fragments ainsi obtenus doivent être étudies, non seulement à la lumière ordinaire, mais aussi à la lumière polarisée. Les observations de contrôle démontrent, avec la dernière évidence, que les chondres sont entièrement composés de pièces cristallines, diversement agencées et groupées, et que toute conformation organique leur est complètement étrangère.
« Je passe ensuite, dit le savant professeur, à la comparaison des structures observées sur les chondres avec celles des produits artificiels dont HAf . Daubrée et Stanislas Meunier ont donné connaissance à TAcadémie.
« Je prouve, par des dessins faits à la chambre noire, que divei^ses formes cristallines que Ton peut observer dans les météorites ont été reproduites, il y a longtemps par M. Daubrée, et que les givres d'enstatite, fabriqués par M. Stanislas Meunier (fig. 96), montrent sous le microscope le même agencement rayonné et articulé que les prétendus organismes de M. Hahn. »
liCS études comparatives, appuyées par des dessins faits d*après nature, ont conduit M. Garl Yogt aux conclusions suivantes :
1. Les prétendus organismes des météorites (chondrites) n'existent pas : ce que Ton a décrit et figuré comme tel est engendré par des conformations cristallines, absolument inorganiques.
2. Aucun de ces prétendus organismes n*a la structure microscopique propre aux organismes vrais, auxquels on les a associés; en particulier, les prétendus spongiaires ne montrent pas la structure des spongiaires vivants ou fossiles, ni les soi-disant coraux celle des polypiers, des anthozoaires, ni les crinoîdes imaginaires celle des crinoîdes reconnus.
3. Les structures observées sont ou ducs à la présence d'une matière incrustante opaque, ou le résultat d'illusions d'optique, causées par une méthode incomplète de recherches microscopiques.
4e. L'étude microscopique de plaques minces obtenues par le polissage poussé seulement jusqu'à une certaine limite est insuffisante pour se rendre compte de la structure des chondres. Cette recherche doit être contrôlée par des observations faites sur des plaques réduites à la dernière limite, ainsi que par l'examen des chondres dissociées au moyen des acides et de la potasse caustique.
5. Les observations de contrôle démontrent, avec évidence, que tous les chondres sont composés (le pièces transparentes, cristallines, groupées de différentes manières, mais le plus souvent en colonnettes ou en aigrettes ramifiées et rayonnantes depuis un centre. Les interstices, les cassures et les séparations de ces pièces groupées sont remplis par une matière incrustante opaque, résistant en grande partie à l'action des acides, simulant des cloisons ayant corps et autres particularités attribuées à une structure organique.
6. Les aigrettes composant les chondres sont identiques, quant à leur forme et au groupement des pièces cristallines qui les composent, avec les aigrettes d'ensta'
lite artiQcîelles, obtenues par H. Stanislas Meunier dans ses expériences; comme aussi les boulettes de givre formées dans ces mêmes expériences sont analogues, quant à Tenserable du groupement, aux chondres à structure ramifiée et articulés.
7. Certains chondres à fin striage laissent voir un groupement colonnaire rectiligne, identique avec la structure de certaines enstatites terrestres (Schifferfek de Bach, dans le Harz).
8. La plupart des chondrites contiennent une quantité de groupes de cristaux plus gros, identiques, quant à leur groupement, leur forme et leur structure, avec les groupes de cristaux d*enstatite obtenus par M. Daubrée par la fusion du péridot avec du fer doux.
9. Abstraction fuite des masses pulvérulentes, des substances métalliques et de la matière incrustante non cristallisée, les météorites ordinaires ne sont composées que d*éléments cristallins, réunis en chondres, comme le démontre la désagrégation au moyen de l'usure ou des acides.
D'une manière plus sérieuse plusieurs hypothèses ont été proposées relativement à Torigine des cliondrcs, et nous devons faire une place à part à l'opinion de H. Tscliermak, pour qui ces globules auraient été produits « par la solidification d'une roche entraînée dans le mouvement tourbillonnaire d*un gaz ^ »
Toutefois, trompé par une apparence tout extérieure, le savant autrichien rapproche les météorites chondritiques des productions volcaniques terrestres et ne voit dans leurs éléments globuleux que des produits des triturations d*une roche cris talline. Cette supposition, reproduite cependant par divers minéralogistes, est si insoutenable que Tauteur lui-même consUite des dillérences radicales entre les météorites et les conglomérats volcaniques.
Les tufs métëoriti([ues, dit-il, sont particulièrement caractérisés par ce fait qu'ils ne renferment aucune trace de matière scoriacée ou vitreuse ; ils ne contiennent pas de cristaux complets au sein d'une pale ; en un mot, ils ne présentent aucun caractère permettant de les regarder comme issus probablement d'une lave.
On conçoit que les objections n*ont pas manqué à un pareil système ; les plus fortes sans doute, parce qu'elles ont été faites d'une façon essentiellement impartiale, résultent des études approfondies de M. Gumbel '.
« La surface des chondres ^ dit-il, n est jamais lisse comme elle devrait l'être si ces globules étaient le résultat d'une usure par roulement; elle est au contraire inégale, mamelonnée, âpre, comme la surface d'une masse taillée en facettes cristallisées... Beaucoup de ces chondres sont allongés avec un amincissement dans une direction donnée, comme cela arrive pour les grêlons. Exceptionnellement se voient des chondres jomte ensemble comme des jumeaux. »
On sera certainement frappé des expressions adoptées par le minéralogiste bavarois, car rien n'est plus éloquent que l'identité de structure des chondres avec