Lfi Lune et t' Auvergne
chemenU remarquables entre la surface de la Lune et diverses régions de la Terrée f M. Charles Sainte-CKiire Deville, dit-il, trouverait certainement de Tanalogie entre les cirques et les pitons de la Lune et ceux qu'il a si nettement tracés sur sa belle carte de la Guadeloupe. Quand on examine Tadmirable plan de TEtna dessiné par M. P. de Waltershausen, et gravé avec une rare perfection par Gavallari, on se croit transporté aux environs du grand cratère Tycho, sur la Lune. Une foule de détails et de petits accidents lunaires se retrouvent sur la fidèle image du grand volcan de Sicile. Les volcans de Bolivie, en Amérique, et les restes de Tancien lac qui occu|)ait le cirque allongé autour duquel ils ont surgi , ont aussi leurs analogues sur la Lune. L*lslande peut être comparée à plusieurs groupes de ses petits cratères. Santorin et les îles voisines ont encore la forme d*un do ses grands soulèvements. Le cirque des îles Barren, avec son piton en activité, semble avoir été copié sur notre satellite. L*lle de Palma, aux Canaries, est un véritable cratère lunaire. La grande Caldera de Ténériffe, son pic gigantesque et les pustules volcaniques qui Tentonrent, semblent aussi appartenir aux régions les plus bouleversées de la Lune. »
Les phénomènes de soulèvement sont très fréquents dans presque toutes les r^ons de notre globe, et c'est à eux que doivent leur constitution la plupart des chaînes de montagnes caractérisées. On sait que les deux versants de ces chaînes consistent chacun en une série identique de terrains d'âges diffiTents, superposés et relevés de part et d'autre de la crête, et que Taxe de la chaîne est formé par des roches cristallines. Cette disposition ne peut s'expliquer qu'en admettant que les couches contemporaines, actuellement séparées sur les deux versants, se rejoignaient de manière à ne former qu'un dépôt horizontal produit sur un fond de mer, et que leur séparation et leur redressement en sens inverse sont dus ù une fracture suivie d'un soulèvement. Quant à la cause de celui-ci et des ruptures qui ont dû nécessairement le précéder, on l'altribue généralement à l'inégale contraction que le refroidissement a fait subir, dans les temps géologiques, ù la masse fluide intérieure et à la croûte solide, qui ne formait à sa surface qu'une mince enveloppe. On suppose que cette croûte se contractait moins que la masse lluide et que, à diverses reprises, il a dû se faire entre ces deux parties du globe terrestre des vides qui ont amené la fracture et le plissement de la croûte; celle-ci venant alors à s'appuyer sur la masse intérieure, il en est résulté une pression qui a déterminé une partie des matières en fusion à monter et à remplir les fentes où elles se sont ensuite consolidées, et souvent ont cristallisé, servant ainsi de base et d'appui aux terrains stratifiés, inclinés de part et d'autœ en sens inverse.
Dans un travail qui fait époque , Élie de Beaumont a cherché à démontrer que les soulèvements affectent à la surface de la Terre une certaine svmétrie; ils se seraient effectués suivant des arcs de grands cercles de la sphère, et dessineraient à sa surface, pour employer le terme consacré, un réseau pentagonal. On observe d'ailleurs, suivant lui, que généralement les chaînes de montagnes du même âge géologique sont parallèles et que celles qui offrent des directions différentes appartiennent à des époques distinctes.
En dehors de notre globe, c'est sur la Lune qu'on observe les faits les plus nets