‹ Les météoritesChapitre 177 sur 208 · PHÉNOMÈNES ACCOMPAGNANT U CHUTE DES MÉTÉORITES · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES ACCOMPAGNANT U CHUTE DES MÉTÉORITES

Les météorites diffèrent essentiellement et sous plusieurs rapports des autres corps tombant de Tatmosphère. Les circonstances remarquables dont s*entoure constamment leur chute suffiraient pour les en distinguer d*une manière complète si l'on ne trouvait ailleurs, comme on Ta vu déjà, bien d'autres caractères distinctifs.

Il est, en effet, très digne d'attention que les circonstances qui accompagnent la chute des météorites soient toujours les mêmes. Nous pouvons les décrire d'une manière générale, et la description s'appliquera presque sans changement à chaque chute prise en particulier.

g i. — Bolides.

La première phase du phénomène consiste dans l'arrivée, dans les hautes régions de l'atmosphère, d'un globe de feu ou bolide (fig. 120).

Dans certains cas, ce météore n'a pas été aperçu, mais on peut croire que sa présence était simplement dissimulée soit par l'interposition d'une couche de nuages, soit par le voisinage du soleil qui en éteignait l'éclat. Dans les conditions favorables, c'est-à-dire par de belles nuits, l'éclat des globes de feu est souvent remarquable. Ainsi, il n'est pas rare que la lumière de la Lune dans son plein soit complètement effacée par la leur. C'est, pour citer quelques exemples entre mille, ce qui a eu lieu le 24 juillet 1790 lors du bolide de Barbotan (Gers), le 19 décembre 1798 pour celui de Bénarès (Inde), le 14 mai 1864 pour celui d'Orgueil (Tarnet-Garonne), etc.

Couleur des bolides. — Loin de présenter tous rigoureusement la même couleur, les bolides varient sous ce rapport à peu près comme les étoiles Giantes.

Ainsi, le bolide de Barbotan, que nous venons de citer, était d'un blanc mat et blafard; celui de Saint-Mesmin, Aube (30 mai 1866), était rougeAtrc; celui d'Orgueil, déjà mentionné, d'abord rouge, passa au blanc.

Grosseur des bolides, — Divers observateurs ont estimé la grosseur des bolides et, comme il serait facile de le prévoir, ces estimations ont été très diverses, même pour un même météore.

m BICYCLOPtolB omoDE.

En effet, il s'agit là d'une aimple ippirenoe, d^nrvue de tout point de repire et Tuiible naturellement avec la situation d'ob <h) l'obseire.

Il y a nëininoini de Tintërèt à âter quelque! éraluationa extrêmes. En génënl,

ï\g. 120. — Lct>oljde de Knyihin:

a llaidinger.

il de aou ealrce duu l'iluioiphère.

comme pour Barbotan, le diamèti-e apparent du <,'lnbe parait plus grand que cdu de h Lune; quelquefois cepeadaut, comme à Weslon (Connecticiit). 14 déc. 1807, il ne semblait avoir que la moitié ou les deux tiers de celui de notre satellite. On en voit de beaucoup plus petits, mais d'ordinaire ils s'éteignent sans donner lieu noi phénomènes que présentent les bolides d'où dérivent les météorites.

D'ailleurs, l'cclat du météore dispose l'observateur à se faire illusion quant à sa dimension véritable, par suite du phénomène bien connu de l'irradiation. 11 est possible que les bolides soient en réalité beaucoup plus petits qu'ils ne paraissent, et c'est ce qui ressortira pleinement des eipériences suivantes, exécutées par Lawrence Smith'.

Opérant par une belle nuit éclairée par la pleine lune qui devait servir de terme de comparaison, Smith fit choix de trois centres lumineux très intenses, savoir : les rayons du charbon d'une lanterne électrique, le bâton de chaux de la lampe oxhydrique du Drummond et entin l'extrémité incandescente d'un fil d'acier brûlant dans l'oxygène pur. Évaluant le diamètre de ces sources lumineuses i

t. SillimiiH'ii Amtrican journal , i'sént, t. XIX, i

METEORITES.

XUX*

Sud

Fig. 121. — Trajectoire du bolide de Knyuiiinya. D'apK>s Hitdinger.

UA X&TtoRITES.

10 |Miic«s Je disUnœ* il trouva que la lumière du charbon avait 3/10 de pouce, %jMc àf la chaux 4/10 de pouce et celle de Tacier 2/iO de pouce seulement.

Cda Tait* il les observa d*abord à 200 yards, puis à i/4 de mille et enfin à \Ji mille; dans chaque cas, il en mesura le diamètre apparent.

hd charbon donna îf^ diamètre, 3 diamètres et enfin 3 diamètres i/3 de Lune.

La Imnière Drummood, 1 o de diamètre, S diamètres et encore S diamètres de la hme*

Enfin rader. i/4 de diamètre de la Lune à 200 pirds et 1 diamètre à 1/4 de ■aille eomme à I 2 mille.

€Nr, si du diamètre apparent è 1.3 mille, par exemple, on concluait le volume, «i trouverùl :

Pour le charlMn : 80 pieds au lieu dé 3/10 de pouce.

FMf la chaAi : 50 pieds au lieu de 4/10 de pouce.

Pour r»ner : 25 pieds au lieu de 2/10 de pouce.

L*applîcalMa de ces résultats à l'observation des bolides se fait dVUe-mèmey et le faiUe i«Jume de pierre que fournit ordinairement chaque chute conduit également à bire adaa«ttre que le foyer lumineux n*est pas aussi considérable qu*il le parait.

rwyftpirr d!es hoUdes. — Les bolides ne sont pas immobiles : ik parcourent am< ninw une très grande étendue du ciel. La trajectoire qu'ils décrivent est très pn i»:tii:r sur llioriion, au point de paraître même quelquefois sensiblement iMVWtttde* Cesl, entre autres, ce qui a été parfaitement constaté pour le bolide

drUt^euMl*

ûrtie Inyectoire est du reste dirigée d'une- manière très variable relativement aux MMts cardinaux : ainsi le bolide d'Orgueil se mouvait sensiblement du nord-ouest a«>ttJ'<:>t; celui de Charsonville, Loiret (23 novembre 1820), du sud au nord; celui 4e WostoiK Connoclicut (14 décembre 1807), de Test à l'ouest; celui de l'Aigle, i^tK* v-^* i^^***^ 1803), (lu sud-csl au nord-ouest; celui de Bénarès, Indes (19 décembre 179^). de l'ouest à Test; celui de Ikrbolan, Gers (24 juillet 1790), du sud au iteM^L elo.; ivlui do Knyahinya, du nord-est au sud-ouest (ùg, 121).

Vitm*" ih* hoUdes. — La vitesse avec laquelle les bolides décrivent leur trajecli^r\> a pu (Hre mesurée dans quelques cas, et alors on a trouvé qu'elle est en dispi^^IKUliou tM»niplèle avec les vitesses (jue peuvent prendre les corps terrestres :

Ku olTot, tandis que

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