MÈTRES PAR SECONDE
Mercure parcourt . . * 48 920
Vénus 55 780
La Terre 30 430
Mars 24 650
Ce fait suffirait pour faire pressentir que les bolides n ont pas une origine ter* reslre.
Hauteur des bolides. — On conçoit que leur hauteur ne soit pas très facile à mesurer. Cependant on y est parvenu plusieurs fois, et les résultats obtenus doivent être pris en haute considération, puisqu'ils fourniront peut-être, en outre de renseignements sur les bolides eux-mêmes, quelques données positives sur la hauteur de notre atmosphère.
Le nombre ti ouvé est en moyenne égal h 65 kilomètres.
M. le colonel Laussedat a fait usage, au sujet du bolide du 14 mai 1864 (Orgueil), d'une méthode ingénieuse pour évaluer d*unc manière approchée la hauteur d'un bolide^. Voici sommairement en quoi elle* consiste : On sait qu'en général les directions des points de la trajectoire apparente d'un corps qui traverse rapidement l'espace sont rapportées, par les observateurs, aux constellations les plus connues ou aux planètes qui se trouvent au-dessus de l'horizon. M. Laussedat pense que la précision de ce genre de déterminatien ne dépasse guère \ degré, surtout quand les observations sont faites à l'improviste. Cela ét;mt, au moyen d'un globe céleste de 20 à 25 centimètres de diamètre disposé d'après la latitude du lieu et l'heure de TobseiTation, l'auteur détermine l'azimut et la hauteur apparente de chacun des points du ciel qui ont servi de repères. Cette opération est répelée pour les différentes stations d'où le phénomène a été observé. Les résultats en sont ensuite rapportés sur une carte géographique à grande échelle, sur laquelle les stations sont elles-mêmes marquées d'après leur longitude et d'après leur latitude. On exécute alors, sur le dessin ainsi préparé et par la méthode ordinaire des projections cotées, toutes les constructions nécessaires. Les différents problèmes relatifs au mouvement des corps dont on a obtenu la trajectoire, d'une part en projection horizontale, et d'autre part en projection verticale par le;* cotes de quelques-uns de ces points, se résolvent ensuite avec la plus grande facilité. Cette méthode, purement graphique, a encore le très grand avantage que chacun des observateurs peut, en la retournant, apprécier le degré d'exactitude de la trajectoire et indiquer, au besoin, les rectifications qu'il pourrait y avoir lieu de lui faire subir. On peut en effet déduire, inversement, du tracé de sa trajectoire sa perspective sur la sphère céleste pour une station quelconque, et reconnaître les écarts plus ou moins considérables de cette perspective comparée à celle qui a été observée.
Cette méthode a montré que le bolide d'Orgueil était, durant sa trajectoire, à des hauteurs qui ont varié de 90 kilomètres à 45 kilomètres.
1. Comptes rendus de l' Académie des sciences^ t. LYIII, p. 1100-1804.
a» ERaCLOPfiDIB CHIMIOIIE.
Griee à leur éclat et k leur hauteur, tes bolidei lODt m* en fénénl sur une trtt grande étendue de pays. Celui qui vient d'être cité a été vn de &»an (Eure) par Adolphe Brongniart, i une distance de 600 kilomètres'. De même, le bolide da 50 mai 1866, qui a écbté dans l'Aube, arépaiido sa lumière i 85 kilomètres à la
Trabu'a da bolida. — En progressant à trafers l'atmosphère, le globe laisse derrière lui un ullage en fonnedeq[ieiiequi,'danscerlaiiucas, estdooé d'un éclat remarquable. Des traînées de ce genre ont présenté le cnrieox earaoUn de per-
Fig. \ti. — Traînée du boIMcde iUitiie (Croitîc). SI mi 1868. sitler pendant plusieurs minutes et même pendant un temps beanconp plu long.
Fi|;. lïS. — Eiploeion du bolide de Krijahinja. D'iprès lliidin^r. Ces traînées sont douées de colorations diverses et leur forme Tarie, non e 1-S. Compte! rendu; etc., 1. LVllI, p. 93!.
METEORITES. 449
ment à chaque apparition, mais encore pendant la durée d*un même phénomène. D'ordinaire, c*est une simple queue plus ou moins allongée et grossièrement triangulaire (fig. 120), ou globuleuse (fig. 122), mais parfois c*est une nébulosité d'une forme très compliquée.
Le bolide apparu à Boulogue-sur-Her, le 20 juin 1866, était suivi, d'après quelques témoins, d'une bande lumineuse parsemée de nœuds plus brillants et contournés en hélice à la manière d'un gigantesque tire-bouchon.
Explosion des bolides, — Après avoir parcouru une trajectoire plus ou moins étendue, le globe fait explosion et on le voit, tout à coup, se diviser en plusieurs éclats qui se précipitent dans diverses directions (fig. 125). Il faut souvent plusieurs minutes pour que le bruit parvienne aux spectateurs : il est alors formidable.
Si l'on réfléchit que ce bruit se produit dans des régions de l'atmosphère où l'air, extrêmement raréfié, se prête très mal à la propagation du son, on reste convaincu qu'il doit prodigieusement dépasser en intensité les divers bruits, même les plus forts, qui viennent habituellcniont frapper nos oreilles.
En général, l'explosion peut étie entendue sur une grande étendue de pays. Ainsi, celle de l'Aigle a retenti à |)lus de 120 kilomètres, celle de Saint-ftiesmin à plus de 85 kilomètres, celle d'Orgueil à plus de 560, etc.
Il est bien rare que re\|»l()sion soit simple; en général, elle se compose d'un nombre plus ou moins grand de détonations qui font penser à des décharges successives de batteries d'artillerie. IjC nonibre Irois se reproduit d'une manière très remarquable. 11 fut entre autres constaté lors des bolides de Charsonyille (25 novembre 1820), de Saint-Mesmin (50 mai 1866), d'Orgueil (14 mai 1864), etc.
Ces détonations sont habituellement accompagnées ou suivies d^un roulement simulant un feu de peloton parfois très prolongé et qui subit des renforcements et des affaiblissements successifs. Ce roulement a été souvent comparé à celui d'une voiture pesanmiient chargée.
Cause de V incandescence et du bruit des bolides, — A première vue, il est évident que la cause des diverses manifestations lumineuses et sonores des bolides réside dans réchauffement qu'ils subissent en pénétrant dans l'air avec la formidable vitesse que nous connaissons. Tout d'abord, on pensa que cet échauffement était dil à leur frottement contre l'air. Mais l'explication fut bientôt abandonnée. Regnault*, et à sa suite M. Govi, de Turin*, ont en effet montré que le frottement des gaz contre les bolides, même dans les conditions les plus favorables, ne développe pas de chaleur sensible.
Delaunay^ adopta l'idée déjà émise par Ilaidinger*, que réchauffement résulte de la compression que le bolide fait subir aux particules d'air et, suivant cette idée, il donna de toutes les circonstances du phénomène une interprétation très