PhilMophical trantactions, t. C\L, p. G^i
o. Coiir^ (le géologie o-mparée, p. 150.
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première parait en rapport soit avec certaines grenailles métalloïdes comme celles de troïlite, soit avec des traces de minéraux feldspathiques.
Comme conclusion de celte première série d'expériences, on peut dire que les noms de croûte fondue et de vernis donnés si souvent à Técorce noire des pierres grises sont tellement exagérés qu*ils sont tout à fait impropres. A la première vue, et dans certains points, la croûte a un aspect bulleux et scoriacé, mais en regardant de très près on reconnaît qu*elle est simplement rugueuse exactement comme la cassure de la portion grise ; on croit y voir souvent des bourrelets, résultant, dit-on, de Taccumulation, sur certaines parties où elle aurait ruisselé, de la matière fondue : mais ce qui montre bien que Texplication est fausse et que ces soi-disant bourrelets sont simplement des accidents de forme de la pierre, c*est que si Ton casse celle-ci dans une direction perpendiculaire, on observe que Tépaisseur de la croûte noire n*y est pas plus grande qu*ailleurs. Quelquefois enOn, on observe à la surfaee de la croûte un fendillement qui rappelle une scorification; il doit être dû, au moins dans beaucoup de cas, à la trempe que la surface chaude a éprouvée lors de son contact subit avec les corps terrestres.
Les expériences synthétiques au moyen desquelles j*ai cherché à imiter artificiellement la croûte noire viennent confirmer cette conclusion que la croûte n'est pas le résultat d'une fusion.
Si l'on chauffe au chalumeau un éclat de météorite grise, on n'obtient, en général, rien de comparable' à l'écorce qui nous occupe; la pierre, par suite de l'action oxydante de l'air, devient d'abord d'un brun plus ou moins ocracé, puis elle fond très difficilement sur les bords très minces en un verre brunâtre. Cependant, en opérant dans la flamme réductrice et sur un très petit éclat, on peut obtenir d^abord la coloration en noir, puis la fusion en un verre à peu |)rès incolore quoique piqueté de petits grains noirs.
Cette expérience reproduit les phases que traverse la surface de la pierre pour passer de son état normal i\ cjlui de vernis. D'abord sa coloration en noir, si facile à obtenir, comme je l'ai montré dans d'autres occasions, puis sa fusion, c'est-àdire sa désorganisation complète. Seulement on voit qu'en général le phénomène d'incandescence ne dure pas assez longtemps pour que la fusion atteigne autre chose que l'épiderme en quelque sorte géométrique de la pierre.
Une observation intéressante à faire à cet égard, est celle des points, où, après une fracture accidentelle, mais avant l'arrivée sur le sol, la croûte a commencé à se reconstituer : on voit qu'il s'y est fait une sorte de demi-métamorphisme dont le résultat, comme dans les expériences de laboratoire, a été la production de marbrures noires analogues à celles de la chantonnite, et sans trace de fusion.
Enfin une dernière preuve que la partie principale de la croûte n'a rien de fondu et résulte simplement du métamorphisme de la pierre, est fournie par rexpérience suivante. On prend un petit fragment de météorite grise ayant de la croûte et on le soumet, suivant le procédé connu, au métamorphisme. Après refroidissement, on le brise perpendiculairement à la croûte, et l'on constate que celle-ci a absolument disparu ; c'est-à-dire que toute la matière de la pierre étant devenue noire, le prétendu vernis ne s'en distingue plus en aucune façon. On a réalisé alors la reproduction vigoureuse d»» la roche de Sétif (tadjérite), où l'on a
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signtlië Yabsence de vernis en croyant pouvoir rattribuer à une fusibilité plus difficile que celle des pierres grises ^
Il reste maintenant à expliquer la minceur de la croûte noire des météorites et la régularité avec laquelle elle $*est répartie sur toute la surface de chaque pierre.
Or, ces faits tiennent sans aucun doute à la température extraordinairement basse dont la matière météoritique est douée au moment de son entrée dans Tatmosphère; température qu*il a été donné une fois d*observer quoique très grossièrement*. C'est à ce même froid interne (pour le dire en passant) qu'il faut rattacher la cohésion des météorites charbonneuses qui, au moment de leur chute, peuvent rebondir sur le sol sans se briser, tandis que ramenées à nos conditions ordinaires elles se désagrègent sous le moindre choc. Hais ce que je veux faire remarquer id, c^est qu*on peut espérer de rattacher à Tétude du métamorphisme météoritique la mesure au moins ajtproximative de la température de V^face interplanétaire^ qui a été^ comme ou sait, l'objet de tant de suppositions contradictoires : en effet» Tépaisseur de la croûte métamorphiséc, indépendante de la grosseur de chaque pierre qu elle recouvre, pourra donner, à la suite de quelques expériences faciles à imaginer, une idée de la température interne des météorites soumises à l'action subite de la chaleur.
En terminant il faut remarquer que Tun des faits qui ont le plus contribué à bire voir daus la croûte des météorites le produit d*unc fusion» c'est la forme même des météorites et spécialement le contraste que présentât d'une manière si nette le côté d* avant et le cùté d'arrière. Hais les faits connus maintenant ruinent ccmiplètement, il me semble, l'idée que la matière disparue sur les arêtes devenues mousses a été fondue. La température considérable de cette fusion aurait laissé sa trace dans la matière de la pierre, tandis que beaucoup de météorites très arrondi^ sont restées parfaitement blanches. Suivant moi, Tarrondissement de la surface d'avant est dii à une véritable érosion produite par l'air et tout fait comparable à celle que Teau réalise sur les roches terrestres. Les rides et les bourrelets sont les résultats d'une simple sculpture, la croûte se reformant à l'intérieur de la masse au fur et ù mesure qu'elle est usée au dehors et que la chaleur par conséquent gagne plus avant. Considérées à ce point de vue nouveau, certaines météorites, d'ailleurs très nombreuses, offrent pour la forme une ressemblance générale frappante avec ces îles Scandinaves dont la côte nord a subi le rabotage du phénomène erratique tandis que l'autre rive a été abritée.
On a vu précédemment à quelle conclusion conduit l'examen direct des météorites grises quant au mode de formation de l'écorce noire dont elles sont revêtues. La croûte dont il s'agit est due avant tout à l'action mécanique, exercée par l'air sur le bolide qui le traverse. 11 résulte de cette action mécanique, d'une part» un polissage qui donne lieu à une sorte de faux émail et, d'autre part, un échauflement qui développe la coloration noire. Le phénomène de fusion dont on observe des trace i incontestables a l'extérieur du vernis est d'importance tout à fait secondaire.
Il était naturel de se demander si ce résultat de l'examen direct des météorites ne pourrait pas être contrôlé par l'observation des faits qui se passent à la surface
\. Compte» rendus, de. I. LXYI. p. 513. 2. lUtd., t. LUI, p. 1018.
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de la Terre, et cette prévision a été justifiée par les éludes dont je vais donner un ra^ude rësiimé.
Les roches polies soit pnr les rivières ou les fleuves, soit par les chutes d'eau, soit par les vagues, ont élê complèlement laissées de cdlé, parce que runirormitë de l'action mécanique qu'elles subissent, réalise, au moins dans In plupart des cas, des elTets tout 1 fait différents de ceux que présentent les mélûorites. Pour la même raison j'ai dû écarter également les vernis produits par les glissements dans les failles ou par le rabotage des glaciers. En passant en revue ces diverses roches, j'ai rencontré quelquefois des conerétions accidentelles très propres à induire en erraur si l'on n'j faisait grande atlention.
Il m'a paru préférable h tous égards de j)rendi'e mes termes de comparaison avec les météorites parmi les fragments de roches abandonnés depuis un temps suffisant à l'action des intempéries et surtout h l'influence prédominaute des vents et des poussières qu'ils charrient.
Dans cet ordre de fails, mon atlention a clé tout d'abord attirée par un échaiitilloD rapporté du Pérou par le voyageur Weddell et enregistré dans les colleclions du Uuséum d'histoire naturelle, sous le signe 10. P. 158 (fig. 124). C'esl une
Fig. 134. — Echunlillon de dDli'rïlir iirovcnniil il'AiL'r|iiip3 et ri^rii^iiiiiiablp |Kii' M surface TcrDi*]>dc <)ul rappclk la cruùlc ilcs iiii'Iùin ilCâ, — Gninikur naturelJc.
mimosite â grains lins et un peu péridolilere constituant des blocs isolés dans le table qui recouvre les flancs du volc:in d'Aréqnipa.
Les surfaces naturelles de l'échantillon offrent avec celle des météorites ordinaires une telle ressemblance <jue la dolérile péruvienne placée dans une vilrine au milieu de pierres cosmiques et tournée convenablement ne |iourrait sans doute pas en être distinguée. La forme générale de l'écliantillon c^t plus anguleuse que ne le sont d'ordinaire celle des météorites; mais il faut ajouter cependant que parfois celles-ci ne sont guère plus émoussées. C'est le cas par exemple de l'échantillon 2. Q. 405, de In chute de Ncw-Coacord, aux États-Unis, el pins encore do l'écban-
451 EKCYGLOrËDIE CHIMIQUE.
tillon S. Q- 181, de la clinte de TotirinDe-U-&Mse, en Belgique (fig. 1S5). Naù Ig point sur lequel il importe d'insister, c'est l'existence sur la dolérile d'A- -rëquîpa d'une véritable croûte noire qu'on attribuerait sans hésiter il une (usion superficidle si, entre autres considérations, l'eumen microscopique dans la liimière |ioUriu4o ne montrait son état entièrement oristallin. Cette croule n'offre pas,
Kiff' 13.'). ~ Uf léorilc <lc TuiiriniK-k-CroMe, àoiti U Ibrnie eti celle d'un paiyùdic i «n<lM peu fmouMéen.
nomme le vemis des météoriles, les petits filaments citernes qui sont certainement fondus; mais à [tart celle \égèrc différence la ressemblance est inlime.
Ainsi, comme on l'observe chez les méléorilee, le vemis de la dolérite est très iiftltcment distinct de la roche sous-jacenle et peut en être délaché plus ou moins nettement sous la forme d' écailles extrêmement minces. Examinée à la loupe, celte croûte offre l'apparence lie bulles et de bourrelets tantôt irradiants autour dd certains points, tantdl dirigés dans des sens quelconques; mais on reconnaît aisément que ces accidents sont simplemcnl dus aux irrégularités lentement ëmoussécs de la cassure primitive.
.Toutefois j'avoue que pendant quelque temps j'ai conservé des doutes quant au mode de formation de l'écorce si remarquable de la dolérite péruvienne; son aspect s'ajoutait à son gisement volcanique pour m'engager à n'accepter qu'avec défiance une conclusion d'aprùs laquelle la chaleur n'est pour rien dans le phénomène.
Hais ces scrupules ont été complètement levés par l'observation de faits o& la fusion ne saurait évidemment avoir rien à faire. 11 s'agit de roches infusibles et placées d'ailleurs aussi loin que possible de toule action calorifique.
En effet, je veux parler de blocs de grès quartzeuL répandus en grand nombre Il la surface du sol entre Villeneuve -Saint-Georges et Limeil (Seine.et-Oise). A la vue de ces blocs, on est immédiatement frappé de leur ressemblance avec les métAttriUi, d'abord pour leur forme générale et ensuite en ce qui touche l'existence (l'une croûte vernissée qui les enveloppe de loutes parts. La seule dilTérence sensible
est que ce Ternis, au lieu d'être noir, est d'un rouge ocracé, et j*ai déposé au Muséum un de ces blocs remarquable par son analogie de forme avec réchantillon météoritique 2. Q. 584, provenant de la chute de Pultusk en Pologne.
Les diverses faces du bloc en question ne sont d'ailleurs pas identiques entre elles. Le vernis n'a pas atteint sur toutes le même fini, et il en résulte qu'on peut, en les passant successivement en revue, voir comment la croûte externe s'est produite peu à peu. La conclusion de cet examen est que le vernis résulte exclusivement de Taction des agents atmosphériques produisant le poli d'une manière toute mécanique et réalisant en outre par des procédés chimiques plus ou moins compliqués une modification sensible dans la nature primitive de la roche. Car si, comme on vient de le dire, la croûte est d'un rouge ocreux, Tintéricur de la roche Cî^t d'un jaune verdâtre. A première vue, on reconnaît dans la région externe la présence du fer oxydé anhydre tandis que c'est la limonite qui colore le grès en dedans.
La croûte du grès de Villeneuve est beaucoup plus épaisse que celle des météorites et en même temps elle est en général limitée moins nettement à sa surface interne; cependant on peut, dans certains points, l'enlever sous la forme d'écaillés.
C'est surtout sur celle des faces où il est le plus parfait et, bien entendu, en faisant abstraction de sa couleur, que l'on constate l'identité du vernis avec l'écorce des météorites, dont il diffère surtout par l'absence des filaments fondus cités plus haut. A la loupe on le croirait presque huileux et scoriacé, ce qui tient simplement comme pour la dolérite d'Aréquipa à la rugosité de la cassure. Certaines arêtes simulent des bourrelets à s'y méprendre. La surface est toute couverte de petites cupules décrites tant de fois à propos des météorites et qu'on a comparées à l'impression que feraient des doigts sur une pâte molle; ces cupules résultent de l'arrondissement et de l'émoussement des petites cassures bien connues que le marteau du paveur produit sur le premier pavé venu. Comme dans les météorites, elles sont de tailles très inégales et souvent les petites recouvrent le fond des plus grandes.
En présence d'une identité aussi complète, on est amené à reconnaître que le vernis des météorites et le vernis des roches terrestres qui viennent d'être citées, sont dus à la même cause. Seulement, dans un cas, la friction de Tair est très énergique et de peu de durée tandis que l'inverse a lieu dans l'autre cas.
Il est impossible, en terminant, de ne pas remarquer un trait commun du vernis des trois roches comparées ci-dessus, savoir : la météorite, la dolérite d'Aréquipa et le grès quartzeux de Villeneuve-Saint-Georges, vernis qui dans tous les cas diffère de la roche qu'il recouvre, puisqu'il est noir pour les deux premières et rougeâtre pour l'autre. C'est que les trois roches en question prennent justement la couleur et les caractères de leur vernis, (juand, éliminant Faction oxydante possible de l'air, on les chauffe à un degré convenable : la météorite et la dolérite deviennent noires, et le grès perdant son eau subit la rubéfaction.
Relativement à ce dernier, je ne prétends pas expliquer comment l'action de Tair détermine le singulier effet qu'on vient de signaler, mais il faut remarquer qu'il y a peut-être dans ce phénomène de quoi rendre compte des déshydratations si fréquentes parmi les roches et dont on a souvent tant de peine à saisir le mécanisme. Du nombre serait peut-être la formation des mçulières qui semblent si nettement, au moins en certains cas, dériver des geysérites.
U8 EfiCVCLOPËDlE CHIMIQUE.
Formel extériatrei de* météorite». — Il coarient de revoir sur celte opinion <|ue j« Tiani d'émettre, d'iprès laquelle la fornie ëmouuée (fig. 136] des mëléoriles e&t due k l'érosion pn>duile par l'air traTené par le projectile*.
En effet, dea hjpolhèses fort direrjei ont été faites ï cet égard, et tout ipëelalement pour expliquer les dcpresikms plus ou luains profondes que présente uii ordîiMÎreDient la sorfscc an métëoritet, et qui ont él^ comparées qaelqoefoii à
Vif. tSO. — Néiforile de PuUuik dont b tbnne eit iinodie.
|Wi«w»wn qu» fi'raiont des doigl» sur une ptte molle. Sonvent «lusi oo voit des awrtw dmttcltM ■llongécs semblables à celle que représente la figure 1S7.
hirtanl ik<* rteultats que lui ont donnes des expériences sur la rupture de blocs ()o (rr an uii>vrn de la dynamite, M. DaubrOc a émis à ce sujet l'hypothèse que les ^)Mi4\'v«H>n» qui nous occupent el qu'il appelle piéxogfyplet résultent A'affouiUe- Hl,m(y o\t>nt'x Hur In surface <tcs méli'orîlcs pendant le Irajât atmosphérique, par t)^iii hiurtùllini'' gazeux'. H est de fait que des grains de poudre incomplètement luitti^ iirtWt'nli'ut des arfouillemcnls considérables, et on pourrait mémo soUTent Ifttr n'pnxilii'r d'Aire, à ce point de vue, [dus beaux que nature ; les météorites H'i>nV«lil pn* dus cavités aussi profondes que les leurs. De même Ucs barres de fer liillt|iKi<ii iwr l'explosion de la dyninnitc ont souvent présenté des érosions divcr-
Mlttl'lll (l|'illIltl'«S.
M. Miiskidjrne*, qui ne partage aucunement l'opinion de H. Daubrée, a proposé Itnt' fliili'K explication. Selon lui, la chaleur produite par la résistance atmospbéritiiii' r»lid In surface de la météorile; la matière fondue est rejetée aussi vite i|n'iill«'*iil prndnilc et la chaleur commence rapidement pénétrer vers l'intérieur